Entre Rhône et Saône

"Le Mai rampant" s’auto-organise
 juin 2003
mis à jour vendredi 14 janvier 2005

Pendant que la télé ne parlait que de la Busherie internationale, la colère montait dans l’Education Nationale. Les actions se développaient malgré les grandes bureaucraties syndicales qui multipliaient les grèves de 24 heures pour refroidir nos ardeurs légitimes sans permettre la moindre avancée réelle. Dans notre académie aussi, la lutte s’est organisée de différentes façons. Les adhérents de SUD éducation, syndicat alternatif, syndicat de lutte, syndicat non-hiérarchique, se sont investis partout, avec d’autres militants, dans ce mouvement d’un genre nouveau.

A Vaulx-en-Velin

Nous avons décidé de nous prendre en main, de nous battre tous ensemble. Nous ne voulions pas attendre qu’un drame arrive. Nous sommes une force de proposition, une force de changement. Nous avons élaboré un livre blanc en partant d’un état des lieux de l’éducation dans le secteur de Vaulx-en-Velin et en formulant de nombreuses idées pour l’améliorer. Nous ne sommes ni des râleurs ni des idéalistes : nous avons invité les élus locaux, les représentants du gouvernement et du ministère de l’Education nationale pour débattre de nos propositions dans le pluralisme, en toute confiance. Pour recevoir ces invités, nous avons organisé une journée "école morte" le 10 avril. Des dizaines de classes étaient fermées, 75 % des enseignants des collèges étaient en grève, plus de mille familles ont gardé leurs enfants à la maison. Nos invités ne se sont pas déplacés. Ils n’ont pas donné signe de vie. Ils nous payent pour transmettre le respect et la politesse à la jeunesse des banlieues déshéritées, mais eux nous méprisent et nous ignorent. Nous étions inquiets et déterminés. La colère montait à Vaulx-en-Velin comme ailleurs : la grève reconductible a été votée pour le 6 mai.

Le collectif "ON VAULX MIEUX !"
est indépendant des syndicats et des groupes politiques. Nos assemblées générales sont décisionnelles. Elles mandatent un secrétariat pour animer la lutte entre deux AG. Chaque bahut, chaque école élit son représentant au sein du secrétariat et les représentants tournent régulièrement. Tous les syndicats y sont représentés (le PAS 69, la CNT et SUD se taillant la part du lion), les non-syndiqués y sont nombreux. Les militants de SUD du secteur ont été un des moteurs de la lutte depuis le premier jour : ils se reconnaissent à la fois dans les buts et dans les méthodes de ce collectif.

A Vénissieux

Tirant le bilan de l’échec de la mobilisation des MI-SE et de leur collectif soutenu par les syndicats ( PAS 69, CNT, CGT éduc’action, SUD éducation ) qui a été isolé, dénigré et finalement défait, des grévistes syndiqués et non-syndiqués ont lancé un appel le 3 avril pour la constitution d’un collectif intercatégoriel à Vénissieux , à l’image du collectif "On Vaulx Mieux", pour créer une dynamique de mobilisation sur la ville "de tous ceux qui aiment l’école" et aller à la grève reconductible au plus tôt.

Réunies pour la troisième fois le Jeudi 17 Avril, 30 à 40 personnes assistent à ces réunions, il y eu quelques balbutiements liés à la mise en place ... voire même quelques conflits car la force syndicale majoritaire, le Snuipp-FSU en l’occurrence, n’entendait pas que l’on marche sur ses plate-bandes et comme par ailleurs il n’avait pas reçu l’ordre d’aller à la grève reconductible il freinait des quatre fers... mais la pression a été telle dans le département et dans le pays que l’ordre a fini par arriver, alors aujourd’hui on peut dire que le collectif a réussi à dépasser les intérêts individuels (et/ou syndicaux) et se présente comme une vraie force de mobilisation intercatégorielle et intersyndicale dans le secteur, au point de se fondre dans l’Assemblée Générale des grévistes du secteur. C’est un acquis du collectif que d’avoir posé la nécessité d’une mobilisation "intercatégorielle" et de réunir des personnels du 1er et du 2nd degré : enseignants, ATOSS, Conseillers d’Orientation Psychologues, assistantes sociales, employés de l’AFPA... ainsi que des représentants des parents. Il reste un enjeu : développer la présence et la participation de non-syndiqués attirés ici par une mobilisation différente de celles proposées par les seules structures syndicales, et qui, provisoirement, restent sur leur faim.

Bref, la lutte continue !!

Dans le département du Rhône

Depuis le 6 mai l’AG départementale des grévistes et l’intersyndicale du Rhône :FSU,FNEC-FO, FERC-CGT, CNT éducation, PAS 69, SUD éducation, Sgen-CFDT, UNSA éducation ont lancé un appel à la grève reconductible ; celle-ci a démarré effectivement partout avec pour plate forme :
Le retrait du plan Fillon sur les retraites et les 37,5 annuités pour le privé comme pour le public.

Le refus de la décentralisation, du démantèlement du service public d’éducation, la fin de la précarité et la création de tous les postes nécessaires .

Des AG réunissent 300, puis plus de 450 grévistes (la salle ne peut en contenir plus), tou(te)s participent au développement de l’action. Les syndicats investis dans la lutte participent à la préparation de l’AG ; le principe d’une présidence tournante est acquis, le temps de parole est limité pour permettre à chacun de s’exprimer.

Un accord sur le fond et sur les moyens de l’action permettent depuis un travail dans l’unité qui contribue au développement du rapport de force sur le département dans notre champ professionnel ; ceci n’est pas encore le cas à ce jour (24 mai), dans l’interprofessionnel ou les batailles pour le leadership entre confédérations est encore la règle ... (sans AG de délégués grévistes en interprofessionnelle).
Pour combien de temps encore ?

Création d’un collectif interprofessionnel

A St Priest le 13 mai comme dans beaucoup d’endroits, un collectif local se constitue dépassant le corporatisme étroit, car l’école est une affaire de société : tous les acteurs de l’école, parents et professionnels du service public d’éducation, s’organisent démocratiquement, sans rien attendre d’en haut, dans le pluralisme et le dialogue, pour améliorer leur situation par des propositions constructives. Le débat entre les différentes catégories de personnels prend corps pour que chacun s’approprie les problèmes de tous.

A la question d’un manifestant rapportée par le journal Le Monde : "Minoritaire partout, majoritaire nulle part, ça fait combien ?" nous répondrons "ça fait un certain temps".
Le temps nécessaire pour chacun(e) d’entre nous de prendre sa place dans ce mouvement, qui en cette veille de 25 mai, s’annonce énorme ! Les formes d’organisation sont multiples et s’imbriquent : AG de grévistes, collectif de lutte , intersyndicale et partout l’exigence est la même : plus de Démocratie, plus d’Unité, plus de Solidarité pour construire le rapport de force qui mettra en échec l’idéologie libérale et ses projets mortifères et qui dès aujourd’hui dynamise la société pour exiger des services publics dignes de ce nom. A l’opposé de la résignation onctueuse promue en consensus national par le gouvernement, la jouissance de l’action à travers nos modes d’organisation et dans la rue est le témoin qu’un autre monde est possible plus Solidaire, plus fraternel , plus joyeux - dès aujourd’hui !

Sud éducation Ain-Rhône

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