Et si on travaillait tous, moins et autrement ?

lundi 17 octobre 2005
mis à jour samedi 21 janvier 2006

Avec les mêmes méthodes que celles des dirigeants des groupes industriels, l’Etat employeur licencie massivement contractuels -17000 emplois en trois ans- et stagiaires en IUFM. Avec la même logique comptable, il supprime aussi des milliers de postes de fonctionnaires. Villepin nous assure pourtant qu’en acceptant d’être moins nombreux, les fonctionnaires gagneraient plus. Or ce que nous vivons depuis plusieurs années, c’est qu’en étant de moins en moins nombreux, nous devons travailler toujours plus, et gagner moins. Est-il nécessaire de rappeler les salaires bloqués, les retraites dégradées, le travail gratuit du lundi de Pentecôte et, surtout, les années supplémentaires pour toucher une retraite ?

Le décret rendant obligatoire le remplacement en interne nous donne un aperçu de ce qui nous attend réellement. A partir de janvier, chaque enseignant sera toute la journée à disposition de son chef d’établissement. Cette augmentation de la part flexible du temps de travail imposé ouvre la porte à bien d’autres régressions. Les TOS en font d’ailleurs l’expérience depuis l’annualisation de leurs services. Moins de fonctionnaires, c’est aussi la précarisation accrue de non-titulaires toujours plus nombreux.

Le Contrat d’Accompagnement dans l’Emploi, d’une durée limitée à 2 ans seulement, en fournit un bon exemple. Remplaçant CES, CEC et autres Assistants d’Education, ce nouveau ‘contrat’ aggrave la précarité dans le secteur public tout comme le Contrat Nouvelle Embauche le fait dans le privé.

Pourtant, la résistance s’organise. En témoignent les Collectifs de Défense des Services Publics, fédérés en septembre dernier à Angoulême, qui appellent à manifester le 19 novembre ; mais aussi la grève du 4 octobre, qui a regroupé les salariés du privé et du public, contre la précarisation programmée de l’emploi et la casse des services publics. Le renforcement de cette résistance est d’autant plus nécessaire que ce gouvernement semble prêt à tout : jeter des enfants à la rue au prétexte de les protéger contre les incendies, liquider le mouvement lycéen en multipliant les procès contre des manifestants pacifiques ou encore lancer ses troupes d’assaut, jusqu’alors réservées aux forcenés et aux terroristes... contre les postiers de Bègles et les marins de la SNCM !

Il nous faudra donc montrer une détermination supérieure à celle de ce gouvernement, en regroupant les forces et en organisant les luttes. Les élections professionnelles de décembre constitueront à cet égard une étape. En votant pour les listes Sud éducation, vous enverrez un signe fort à Robien et à tous ses collègues : qu’ils ne comptent pas sur les travailleurs de l’Education nationale pour faciliter leur sale besogne, car ce que nous voulons c’est travailler tous, moins et autrement !

Saint-Denis, le 13 octobre 2005

Agenda

<<

2019

>>

<<

Septembre

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456