Flambée du prix des hydrocarbures : le gouvernement Zongo annule des acquis des négociations de septembre 2006

Appel à la grève et des manifestations pour le mercredi 18 juillet 2007
vendredi 16 novembre 2007

Depuis le 28 juin 2007, les prix des hydrocarbures connaissent de nouveau une flambée qui fait passer le prix du super 91 de 612 à 705F CFA. Cette dernière augmentation qui atteint 93F pour le super 91 vient après celles de mars 2007(16 FCFA) et d’avril 2007 (17 F CFA). Cela fait au total une augmentation de 116 FCFA entre mars et juin 2007. De fait, ces différentes augmentations annulent les acquis enregistrés suite à la mobilisation des travailleurs au cours de l’année 2006 et qui avaient abouti aux négociations de septembre 2006 avec entre autres résultats le passage du prix du super 91 de 705 FCFA à 590 FCFA.

Cette question du prix des hydrocarbures préoccupe les organisations syndicales depuis ces dernières années. Elle est inscrite en bonne position dans la plate-forme minimale des organisations syndicales. Du reste, à l’occasion des négociations Gouvernement/ Syndicats de septembre 2006, le mouvement syndical a insisté sur la question. Mieux, il a soumis au gouvernement des propositions écrites de révision de la structure des prix des hydrocarbures. En son temps, le gouvernement avait promis une réforme globale du sous – secteur des hydrocarbures d’ici la fin de l’année 2006, précisant que « Cette réforme majeure, qui introduira une forte dose de concurrence aura un impact sensible sur les prix des hydrocarbures pour compter du 1er janvier 2007 ».

Tout dernièrement, le mouvement syndical, à l’instar de diverses autres organisations, institutions et mouvements, a été reçu en audience par le tout nouveau Premier Ministre, Tertius ZONGO, qui, assurément communique depuis qu’il a été nommé. A l’occasion, le président du mois a rappelé à l’attention du nouveau Chef de gouvernement les préoccupations pressantes des travailleurs. Ainsi ont été évoquées les questions de pouvoir d’achat, d’impunité, de vie chère avec en l’occurrence la revendication d’une diminution des taxes notamment sur les hydrocarbures.

A également été soumise au Premier Ministre comme préoccupation du moment des organisations syndicales, la question des atteintes graves à la liberté syndicale, avec comme illustration les sanctions prises par le Conseil des Ministres contre les militants du Syndicat des Agents du Ministère des Affaires Etrangères (SAMAE) suite à l’organisation par ledit syndicat d’une marche légale, les affectations- sanctions prises contre les responsables et militants du Syndicat des Agents du Trésor du Burkina (SATB), les menaces de sanctions contre les militants du Syndicat Burkinabè des Magistrats, les menaces proférées par le secrétaire Général du Ministère de la Santé contre le Syndicat des Travailleurs de la Santé Humaine et Animale (SYNTSHA) à propos des manifestations publiques organisées par ce syndicat.

En réponse aux préoccupations exprimées par le monde syndical, le Premier Ministre a annoncé qu’il privilégiera toujours le dialogue social. Il a indiqué que sur les cas de violations des libertés syndicales, les ministres concernés étaient engagés dans la résolution des problèmes posés et il a annoncé que les préoccupations soulevées feront l’objet de discussions plus approfondies à l’occasion des négociations Gouvernement/Syndicats qu’il prévoit pour septembre 2007.

C’est donc dans un contexte où les organisations syndicales étaient dans l’attente de mesures concrètes et des prochaines discussions avec le gouvernement que survient cette mesure de forte augmentation du prix des hydrocarbures !

Militantes et militants, travailleuses et travailleurs du Burkina Faso !

La situation qui prévaut aujourd’hui marquée par le non respect par le gouvernement des engagements pris avec les organisations syndicales, l’augmentation des prix des hydrocarbures, les atteintes graves et répétées à la liberté syndicale, la poursuite de l’impunité, est inacceptable. Elle traduit une non prise en compte des préoccupations exprimées par le mouvement syndical et un manque de considération des autorités vis-à-vis des syndicats.

Cette situation exige une réponse appropriée du monde du travail à travers une mobilisation conséquente des travailleurs et de toutes les couches sociales concernées par les problèmes soulevés.

Par conséquent, les secrétaires généraux des centrales syndicales et des syndicats autonomes invitent l’ensemble de leurs militant(e)s, des travailleuses et des travailleurs du Burkina Faso à se mobiliser fortement pour prendre part à une grève et à une marche, le mercredi 18 juillet 2007 sur l’ensemble du territoire national. Ils invitent les organisations d’élèves et d’étudiants, les organisations de consommateurs, des droits humains et autres à s’associer aux syndicats pour :

- 1. dénoncer et protester contre la hausse vertigineuse des prix des hydrocarbures et exiger :

* l’annulation pure et simple de cette mesure d’augmentation des prix des hydrocarbures ;
* l’examen sérieux des propositions de révision à la baisse de la structure des prix des hydrocarbures.

- 2. dénoncer et protester contre les violations des libertés syndicales notamment les sanctions prises contre les travailleurs du ministère des Affaires Etrangères et de la coopération régionale, les affectations arbitraires dont sont victimes les militants et responsables du Syndicat Autonome des Agents du Trésor du Burkina, les menaces proférées contre le Syndicat des Travailleurs de la Santé Humaine et Animale et les entraves faites aux activités syndicales du Syndicat Burkinabè des Magistrats ; et en conséquence, exiger :

* l’annulation des sanctions injustes prises à l’encontre des travailleurs du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Régionale et l’examen sérieux des revendications des travailleurs dudit ministère ;
* l’annulation des affectations arbitraires prises contre les militants et responsables du Syndicat Autonome des Agents du Trésor du Burkina,
* l’arrêt des sanctions et des menaces de sanctions contre les travailleurs et leurs représentants engagés dans les luttes syndicales,
* le respect des libertés démocratiques et syndicales consacrées par notre loi fondamentale et par les conventions internationales ratifiées par notre pays.

Camarades, l’expérience nous a suffisamment instruit : seule la lutte paie !
Toutes et tous à la grève et à la marche du mercredi 18 juillet 2007 !

Fait à Ouagadougou, le 30 juin 2007

Les centrales syndicales du Burkina Faso : CGT-B - CNTB - CSB - FO/UNSL - ONSL - USTB

Les syndicats autonomes : SAIB - SAMAE - SATEB - SNEAB - SYNATEB - SYNATIC - SYNTAS - SYNTRAPOST - SYNAPAGER - SYNATIPB - SYNATRAD - SYSFMAB - SYNATEL

Navigation

Articles de la rubrique

Agenda

<<

2020

 

<<

Août

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
272829303112
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31123456