Formation des maîtres : le ministère s’entête pour la rentrée

lundi 6 juin 2011

La circulaire sur la formation des stagiaires du 1er et du 2nd degrés est parue le 19 mai 2011 au Bulletin
Officiel. Après une mobilisation des stagiaires tout au long de l’année, après une opposition unanime
des organisations syndicales sur le dispositif actuel, après les rapports très critiques de M.M
Grosperrin et Jolion, on aurait pu attendre des ajustements évitant d’entériner la disparition de la formation
et la crise du recrutement consécutive à la mastérisation. Il n’en n’est rien.

Aucune prise en compte de l’exigence des collectifs
de stagiaires du retour au tiers temps devant
élèves, mais des stagiaires toujours affectés à
temps plein. Seuls les postes les plus difficiles devront
être évités dans le 1er degré alors qu’aucune
mention n’est faite en ce sens pour le 2nd degré.
Concernant la formation, la grande absente de la
mastérisation, 5 jours d’accueil fin août sont annoncés.
Ils sont officiellement facultatifs et donc non rémunérés.
Le reste de la « formation » avec des
stages en cours d’année correspondant au tiers du
temps de travail, s’ajoute au service complet des
stagiaires !

Dans le 1er degré le dispositif stagiaire /maître formateurs
souvent mis en place cette année jusqu’à la
Toussaint ne sera pas reconduit. Comme dans le
second degré les stagiaires prendront immédiatement
leur classe avec un « remplaçant en binôme »
pour les remplacer durant leur ersatz de formation.

Le détail de celle-ci est d’ailleurs laissé à l’initiative
des Inspections d’académie pour le 1er degré et des
Rectorats pour le 2nd degré, sans réel cadrage national.
En marge de la circulaire, les annonces du ministre
sur l’expérimentation dans 4 académies de l’alternance
pour les étudiants en master risquent encore
d’aggraver les problèmes posés aux étudiant-e-s par
la préparation conjointe du master et du concours.
Des M1 seront appelés à exercer en responsabilité
en échange d’un salaire dérisoire (3000 à 6000 euros
par an pour les M1 ayant un contrat d’enseignement
de 3 à 6 heures hebdomadaires ; 560 euros par
mois pour ceux qui occuperaient un poste d’assistant
pédagogique à mi-temps). Il s’agit ici de disposer d’une main d’oeuvre à bon marché pour pallier
les suppressions de postes accumulées depuis des
années.

Rien n’est prévu pour répondre au problème des
étudiant-e-s qui auront obtenu le master sans avoir
le concours, et qui constitueront des cohortes de diplomé-
e-s précaires dans lesquelles l’administration
pourra allégrement puiser pour des vacations et des
CDD, au lieu de stopper sa politique de suppression
de postes de titulaires.

Rien n’est prévu non plus pour répondre au problème
d’accès des étudiant-e-s des classes populaires
aux métiers de l’enseignement, dont l’accès
est rendu toujours plus difficile par l’allongement de
la durée des études non rémunérées.

En cette fin d’année nous exigeons de nouveau,
la titularisation de tou-te-s les stagiaires ; ils ont
en effet vécu cette année des conditions de travail
épouvantables.

Nous portons à la demande du collectif stagiaire
impossible et avec d’autres organisations syndicales
la demande d’une audience au ministère
portant notamment sur le retour au tiers temps,
les conditions des actuelles titularisations, le refus
de tout licenciement et un cadrage national
d’une formation sur le temps de travail.

SUD Éducation exige toujours l’abrogation de la
mastérisation du recrutement. Nous revendiquons
le retour à un recrutement à la licence suivie
de 2 années de formation rémunérées validées
par l’obtention du master.

Documents joints

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