Grève des travailleurs sans papiers : une victoire en demi teinte

mardi 31 août 2010

Après 8 mois de grève, et plusieurs rencontres avec les ministères de l’Immigration et du Travail, façon douche écossaise, de nouvelles dispositions sont enfin parues, le 18 juin, pour la régularisation des travailleurs sans papiers. Toutes les revendications n’ont pas été satisfaites, mais le gouvernement a fini par céder, en rédigeant un addendum à l’annexe de la circulaire, qui contenait la majorité des critères.

Un premier bilan

Parmi les critères que le mouvement n’a pas réussi à faire bouger, il y a les cinq années de présence, au sujet desquelles un flou demeure quant à sa réelle application, et la justification d’un an de travail salarié sous forme de fiches de paie. Exit, donc les travailleurs au noir.

En ce qui concerne les grévistes (plus de 6000), des aménagements particuliers ont été obtenus.

- Ils bénéficient à présent du droit au séjour et du droit au travail jusqu’à la date du dépôt de leur dossier, fin septembre.
- Les sans papiers de l’aide à la personne, majoritairement des femmes, n’auront pas besoin de produire de feuilles de paie antérieures à leur demande et une promesse d’embauche, de 20h minimum par mois, leur donnera droit à une autorisation provisoire de séjour de 3 mois avec autorisation de travailler. Elles devront d’ici là trouver le complément d’embauche pour atteindre le SMIC mensuel et se voir délivrer la carte de séjour.
- Les huit mois de grève seront comptabilisés comme mois de travail.

Un commission de suivi interministérielle doit se réunir régulièrement avec les organisations syndicales. Premier rendez-vous : mi août.

Poursuivre la mobilisation

Après la confection des dossiers — tâche titanesque — et leur dépôt — collectif —, le suivi du traitement doit faire l’objet d’une mobilisation permanente, car certaines préfectures résistent, notamment à Paris, et pour arracher une régularisation pour tous ceux qui ne l’ont pas été (licenciés pour défaut de papiers, absence de cerfa, etc.) Jusqu’au mois d’octobre, au moins, la priorité des organisations syndicales se portera exclusivement sur les 6600 grévistes et leur devenir. Les nombreux travailleurs sans papiers qui n’ont pas fait grève, et qui doivent aussi bénéficier de ces acquis, devront attendre encore.

Le nouveau texte doit garantir l’uniformité tant réclamée par les grévistes, les syndicats de province doivent donc tester les nouvelles procédures sans attendre et faire remonter les disparités de traitement. Combien seront-ils à se présenter aux permanences syndicales d’ici le mois de mars ? Des centaines ? Des milliers ?

Le premier dépôt de dossiers a eu lieu le 29 juillet. Le 4 août, il y avait les deux premières régularisations.

Pour la première fois depuis longtemps, une grève, dure, longue et épuisante, a réussi à déplacer le curseur dans le bon sens et a fait évoluer sensiblement l’opinion publique.

Ce n’est qu’une étape, les futures bagarres seront d’autant plus gagnantes que l’unité syndicale et associative se maintiendra et s’élargira.

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