Grève des travailleurs sans papiers

Des alliées de circonstance
jeudi 25 mars 2010

Alors que le ministre de l’immigration fait toujours la sourde oreille face aux 6000 travailleurs sans-papiers en grève depuis 5 mois, le patronat, lui commence à trouver le temps long.

Passé l’hiver, les chantiers du bâtiment et des travaux publics vont reprendre de plus belle, les touristes vont revenir et il va bien falloir embaucher. Pas facile de recruter aussi simplement qu’auparavant des sans-papiers sur fond de grève ! Et les patrons, défenseurs de la libre concurrence, tiennent à ce qu’elle soit non faussée : ils n’apprécient guère ceux qui, grâce à une main d’œuvre captive et non déclarée, font baisser le coût du travail et arrachent ainsi des marchés !

Alliées de circonstance en faveur de régularisations simplifiées, un certain nombre d’organisations patronales et de directions d’entreprises ont planché avec le groupe des onze sur un projet de régularisation qui a été envoyé au ministère du travail en vue de lui demander la tenue d’une table ronde autour de ces propositions. C’est la teneur du communiqué « Approche commune sur la régularisation des travailleurs sans-papiers » publié le 8 mars et signé par la CGT, la CFDT, l’UNSA, l’Union syndicale Solidaires, la FSU d’une part et la CGPME, Véolia Propreté, le syndicat National des activités du déchet, d’autre part.

Le même texte, assorti d’une annexe concernant les travailleurs au noir, a été proposé également au MEDEF, à l’UPA et à un certain nombre de grandes sociétés traditionnellement recruteuses de sans-papiers. On attend leurs réponses ces jours-ci.

Ce texte réduit le critère de temps de présence en France à un an, inclut toutes les nationalités (dont algériens et tunisiens) et fait fi des OQTF, APRF ou recours délivrés.

On attend maintenant la réaction de notre ancien ministre, Xavier Darcos…

Commission
immigration/sans papiers

Le film

Un collectif de cinéastes a
réalisé un court métrage en
soutien aux grévistes.

« On bosse ici ! On vit ici ! On reste ici ! »

Il est projeté dans plusieurs
centaines de salles de cinéma
dans toute la France depuis le
10 mars. Il est libre de droit.

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