Guadeloupe, une lutte exemplaire contre une certaine idée de la France

jeudi 12 mars 2009

Le mercredi 28 janvier 2008, lors des négociations entre le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon, les élus, les représentants des socio professionnels et l’encadrement de l’État, le préfet quitte les négociations. L’ambiance est lourde.

Monsieur Willy Angèle, président du MEDEF Guadeloupe affirme qu’il est prêt à travailler sur un projet de territoire s’il le faut, il exprime, à travers son expérience de Mai 1967, son aversion pour les débordements violents et ne veut pas voir son pays se déchirer comme le firent les Tutsis et les Hutus.

Extrait de la déclaration de M. Élie Domota du LKP

« Je tiens à réagir au propos concernant les Hutus et Tutsis. Je salue Monsieur Arconte, directeur du Travail qui est resté dans cette réunion, je ne sais pas s’il est Hutu ou Tutsi. Tout simplement pour affirmer, Monsieur Angèle [1], que nous ne pouvons nier que vous, Madame Koury [2], Monsieur PAYEN [3] soyez des guadeloupéens, ce n’est pas notre propos. Ce que nous affirmons est que la société guadeloupéenne s’est construite sur des rapports de race et de classe depuis 400 ans.

Aujourd’hui dans la pyramide, le pouvoir correspond à une couleur, on vient de le constater (les représentants de l’État ont quitté les négociations). En Guadeloupe actuellement, au sommet de la pyramide, on retrouve les blancs et les européens, au bas de l’échelle se situent les nègres et les indiens, c’est un constat. On nous parle de paix sociale ! La paix sociale ne peut exister dans un pays quand la majorité de ses enfants est exclue du travail, est exclue du savoir, est exclue des responsabilités (…).

Aujourd’hui, en analysant les 50 plus grandes entreprises en Guadeloupe, leurs cadres ne sont pas des guadeloupéens d’origine africaine ou indienne, c’est la vérité. En observant les administrations, les services de l’État, les chefs de services et les cadres ne sont pas majoritairement des guadeloupéens d’origine africaine ou indienne. Dire le contraire, c’est mentir, c’est la vérité.

Quels sont les services que les guadeloupéens d’origine africaine et indienne gèrent en Guadeloupe ? Ce sont les services qui relèvent de la gestion de la misère : la CMU [4], le RMI [5], le pôle emploi ANPE-ASSEDIC, la CAF et l’API [6]. Les guadeloupéens d’origine africaine et indienne gèrent la misère des guadeloupéens. Dans tous les autres services de l’État qui exercent un pouvoir, tant dans leur direction que dans leur staff d’encadrement, on ne trouve pas de guadeloupéens d’origine africaine ou indienne. »


[1patron du MEDEF Guadeloupe

[2présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Point- À-Pitre

[3membre du Comité Economique et Social

[4Couverture Maladie Universelle

[5Revenu Minimum d’Insertion

[6Allocation Parent Isolé

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