Halte au terrorisme social !

 juin 2001
mis à jour dimanche 3 avril 2005

Assez !

Devant pratiquement tous les cortèges du premier mai ont défilé les travailleurs victimes de plans de licenciements. Ce sont les magasiniers et les vendeuses de Marks et Spencer, les travailleurs de chez Danone à Paris, les personnels d’AOM-Air Liberté à Montpellier, les salariés de Moulinex à Caen, ceux de Valéo à Cahors...

Le symbole est fort malgré l’importance relative des cortèges. Parmi le nombre toujours croissant d’entreprises qui licencient, certaines font des profits et se restructurent pour répondre aux exigences des actionnaires, d’autres sont dans le rouge ne pouvant résister à la concurrence imposée par la mondialisation financière, d’autres enfin sont purement et simplement abandonnées par leurs principaux investisseurs. De plus, comment rendre clairs les comptes opaques des grandes entreprises transnationales !

Mais une chose est sûre, les salariés ne sont pas responsables de la gestion de leurs entreprises. Ils sont les victimes d’un système économique dont la logique apparaît tous les jours plus clairement. Ils doivent être défendus quelle que soit la situation de leur entreprise.

Non à tout licenciement ! Un point c’est tout !

Les sondages, les pétitions, les soutiens locaux, l’écho rencontré par le mot d’ordre de boycott des produits Danone, montrent que l’opinion publique est prête à soutenir un vaste mouvement contre les plans de licenciements.

Les enjeux politiques, encore renforcés par les résultats des dernières élections municipales et le démarrage anticipé de la campagne présidentielle brouillent les cartes. L’unité tarde à se réaliser. Mais, l’exigence d’une grande manifestation nationale et unitaire contre les licenciements monte des entreprises en lutte et des secteurs aux prises avec une gestion purement financière de l’économie.

Sud éducation soutient ce mouvement et mettra tout en œuvre pour éviter les tentatives de récupération, de différenciation, en un mot de division.

Il y a quelques semaines, dans sa revue mensuelle Actualité, l’IUMM, l’Union des industries métallurgiques et minières craignait la généralisation d’un "ressentiment encore diffus de la société" contre le système économique.

Cette généralisation est à l’œuvre.

La précarité qui se développe de manière foudroyante, les statuts détériorés et menacés, les harcèlements par les hiérarchies, les règles de gestion privée qui se répandent dans la Fonction publique, le blocage des salaires, les menaces sur les retraites répondent à des exigences auxquelles nous sommes résolument hostiles.

Plus personne ne croit qu’il s’agit de décisions isolées prises dans l’intérêt commun.

Sud éducation voit dans la situation actuelle l’occasion de réaffirmer les raisons de son existence et de ses positions fondatrices.

Sud éducation considère qu’il faut plus que jamais refuser :

- la privatisation des services publics, c’est-à-dire leur vente totale ou partielle au privé, à commencer par l’Éducation. Sud éducation appelle l’ensemble des salariés de ce secteur, mais aussi les étudiants et les parents d’élèves à combattre toute tentative allant dans ce sens.

- l’ emploi de travailleurs précaires de plus en plus nombreux, qui subissent de plein fouet les nouvelles normes d’emploi que le capitalisme entend généraliser, et qui servent de leviers pour disloquer les statuts des titulaires.

Sud éducation appelle à lutter pour la titularisation de tous les précaires, sans conditions de nationalité ni de concours.

- le blocage des salaires, alors que les actionnaires s’enrichissent plus que jamais. Sud éducation appelle à lutter pour l’augmentation substantielle des salaires, et en particulier des plus faibles.

- les menaces sur les retraites par répartition et le chantage à l’alignement sur les retraites du privé modifiées par Balladur, jamais abrogées par la gauche plurielle. Sud éducation appelle à combattre pour la sauvegarde des retraites par répartition et pour le retour à la règle des 37,5 annuités pour le privé comme le public.

- la destruction des protections acquises au long de décennies de luttes par les travailleurs par l’introduction de l’annualisation et de la flexibilité au moyen de la loi Aubry sur les 35 heures. Sud éducation appelle à lutter pour les 32 heures sans annualisation ni flexibilité en commençant dans notre secteur par le personnel ATOSS.

Sur l’ensemble de ces revendications peut se réaliser l’unité des salariés pour la construction d’une autre société... d’une autre école.

Paris le 2 mai 2001

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