Il est nécessaire de résister ensemble contre les violences policières et sécuritaires

 septembre 2002
mis à jour samedi 15 janvier 2005

Les mesure récentes de l’actuel gouvernement sont un pas de plus vers l’installation d’un état policier. Dès 1987, le gouvernement de la gauche plurielle a pris une orientation "sécuritaire", pendant la campagne présidentielle on a assisté à une surenchère, entre Chirac et Jospin, qui "charge" davantage les "classes dangereuses". C’est parce qu’ils sentaient la nécessité d’une riposte qu’un certain nombre d’individus, d’organisations, de syndicats (dont SUD Education, Act-Up, Droits devant, le MRAP, le réseau No pasaran, le Réseau contre la fabrique de la haine, le SNEPES-PJJ/FSU, le Syndicat de la magistrature...), des comités, associations de quartiers... ont organisé le 26 mai le Forum de Saint Denis (93) contre : "Cette politique sécuritaire, soutenue par une intense propagande des grands médias, et qui occulte toute une série de violences sociales - chômage, précarité, discriminations racistes...- Elle vient aussi légitimer et nourrir d’autres violences, qui s’exercent contre la jeunesse issue des classes populaires et de l’immigration : contrôles au faciès, fouilles humiliantes, brutalités policières, sanctions disproportionnées prononcées dans les tribunaux, violences contre les détenus...Sans oublier la collaboration active des contrôleurs et des vigiles de toutes sortes...."

une volonté de riposte

Quelque jours après, le 7 juin, un animateur sportif de Villefranche-sur-Saône, Ouissem Barkat, 22 ans, était condamné à trois ans de prison fermes pour avoir outragé des policiers de la BAC. Le 4 juillet, le policier Andolina était condamné à trois ans de prison avec sursis pour avoir tué d’une balle dans la nuque, à moins d’un mètre, le jeune Riad Hamlaoui qui se trouvait dans une voiture à l’arrêt que la police supposait volée. Le 24 juin le quartier du Bas Moulin , à Dammarie-les-Lys a été investi par des centaines de policiers pour déloger l’association "Bouge qui bouge", afin de retirer les banderoles qui dénonçaient la mort suspecte, suite à une poursuite par les BAC, du jeune Mohamed Berrichi.

Le collectif "Résistons ensemble" est né face à cette accélération de violences étatiques. Il ne s’agissait pas de créer un nouvelle organisation puisque certaines d’entre elles, notamment le MIB (Mouvement Immigration Banlieues), se consacraient déjà à organiser la résistance contre l’injustice dans les cités. L’idée était d’essayer de rassembler des énergies : militants associatifs, intellectuels, syndicats... avec des comités, associations de terrain, des cités, des quartiers...

Les classes "dangereuses" et leurs enfants, si jeunes et déjà stigmatisés, voués de surcroît à la prison par Raffarin-Chirac sont maintenus dans l’isolement de leurs quartiers. Il y une sorte de rideau de fer invisible qui cache la violence étatique. Et tout ceci est couvert par des discours hypocrites, du genre, "il faut que les jeunes s’organisent eux mêmes..." Et quand ils le font vraiment et indépendamment, voire "Bouge qui bouge" de Dammarie qui organise le soutien scolaire de pair avec la résistance contre l’arbitraire policier, le gouvernement leur amène des cars de CRS pour les casser, les chasser de leurs locaux et les provoquer.

Dès sa formation, le Collectif a pu prouver, même si c’est très modestement, son utilité. Il a pu aider à faire connaître l’affaire de Dammarie, à mobiliser pour différentes manifestations de soutien sur place. Un pool d’avocats a été constitué, le numéro zéro d’une feuille recto-verso "Résistons ensemble" a pu être diffusé à plusieurs milliers d’exemplaires, grâce au réseau syndical et associatif du collectif.

Telle que le gouvernement prépare la rentrée, il y a un risque pour beaucoup de nos élèves de se retrouver victimes de cette politique "sécuritaire". La participation de SUD-Education au collectif "Résistons ensemble" est capitale. Nous devons empêcher la criminalisation de nos élèves, c’est une condition sine qua non pour pouvoir remplir nos tâches d’enseignants.

Collectif Résistons Ensemble contre les violences policières et sécuritaires -c/o CICP, 21ter rue Voltaire, Paris 75011, mél : resistons_ensemble@samizdat.net
(à cette adresse on peut s’inscrire aussi à la liste de diffusion du Réseau)

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