Ils ont voté une loi... injuste, réactionaire et inacceptable !

vendredi 10 décembre 2010

La majorité de droite à l’Assemblée et au Sénat a voté la loi sur les retraites. Cette loi est injuste. Elle pénalise les salariés (en activité, au chômage, en formation) et notamment les femmes, pour satisfaire les intérêts d’une infime minorité. Elle est réactionnaire : au contraire de l’évolution historique des sociétés industrielles, elle impose un allongement du temps de travail. Quand des millions de gens se débattent dans le chômage et la précarité, cela peut paraître insensé, mais cela poursuit sans scrupule la logique du capital : casser le système solidaire des retraites et abaisser le coût du travail.

Cette loi Sarkozy-Parisot est condamnée par l’immense majorité du pays. Elle a mis en grève des millions de salariés dans les entreprises privées et le secteur public. Elle a mobilisé contre elle des milliers de lycéens et d’étudiants inquiets pour leur avenir et contre lesquels le pouvoir a organisé immédiatement la répression. Malgré le matraquage médiatique, depuis des mois, Sarkozy n’a pas convaincu. Entre 200 et 300 manifestations dans toute la France à huit reprises en deux mois ont rassemblé des millions de citoyens qui refusent l’idée de travailler plus longtemps quand les profits des entreprises du CAC 40 explosent, avec la revendication évidente de « retrait du projet Sarkozy ».

Vers l’extension de la grève

Dès janvier 2010, nous avons dit avec l’union syndicale Solidaires qu’il fallait un affrontement central avec ce pouvoir si nous voulions le forcer à céder sur son projet, et que cet affrontement passait par la construction de la grève générale. Au fil des journées d’action, cette analyse a convaincu toujours plus de salariés, bien au-delà des rangs de Solidaires. Des tentatives de reconduction de la grève ont existé dès le 7 septembre puis le 23. A partir des énormes manifestations du 2 octobre et plus encore à l’approche du 12, des syndicats Solidaires, CGT, FSU, FO, CFDT, UNSA ont engagé la grève reconductible dans les raffineries, les collectivités territoriales, les transports urbains, aériens et maritimes, à la RATP, à la SNCF, dans l’Education nationale, au Ministère des Finances, au Ministère de la Culture, à La Poste, France Télécom, la Sécurité Sociale, EDF, à GDF/Suez, au Ministère de l’Environnement et de l’Equipement, au Ministère du Travail, au Ministère des Transports, dans les hôpitaux, l’audio-visuel, les banques, à la météo, à Pôle Emploi, dans la métallurgie, commerces, services, chimie, prévention/sécurité, construction, nettoyage,…

Après l’énorme journée de grève du 12 octobre, l’intersyndicale nationale a décidé d’une nouvelle étape plus rapprochée, le 19, mais n’a jamais soutenu et encore moins encouragé la reconduction. L’intersyndicale nationale et particulièrement ses organisations majoritaires, CGT et CFDT ont constamment rédigé des appels en recul par rapport au développement réel de la mobilisation : pas une ligne sur la grève reconduite dans les gares et les raffineries. En décidant d’une nouvelle grève seulement le 28 octobre puis de manifestations le 6 novembre, l’intersyndicale nationale a tourné le dos à l’extension de la grève et a refusé son soutien aux milliers de salariés en grève depuis le 12 octobre. Elle a isolé les cheminots et les raffineurs au lieu de tenter de les renforcer.

Sarkozy a pu faire adopter son texte face à un pays hostile mais face à une grève qui ne s’étendait pas.

Et Solidaires dans tout ça ?

Solidaires a produit un matériel considérable depuis plusieurs mois pour expliquer les reculs prévus par cette réforme et pour convaincre que d’autres choix sont possibles. Des camarades se sont investis dans des dizaines de meetings unitaires. Dès le 11 octobre, Solidaires a publié un bulletin quotidien LA GREVE faisant état de nos analyses et rendant compte des multiples actions sur tout le territoire.

Dans de nombreux départements les cortèges de Solidaires se sont étoffés au fil des manifestations jusqu’à devenir en nombre les deuxièmes après la CGT. Les camarades ont aussi été très actifs dans les secteurs en grève et particulièrement dans les deux secteurs les plus en vue, la SNCF et les raffineries. Durant cet automne, de nouveaux syndicats Solidaires ont vu le jour, des syndicats SUD éducation se sont renforcés.

Au sein de l’intersyndicale nationale, Solidaires a toujours fait des propositions allant dans le sens de la construction du rapport de force et de la grève.

Ainsi le 21 octobre
- Soutien syndical national à la grève interprofessionnelle en cours, aux grévistes en lutte.
- Appel national à renforcer et élargir cette grève.
- Nouvelle journée nationale de manifestations en début de semaine du 24 octobre.
- Condamnation de la répression policière.
- Réunion intersyndicale dès la semaine du 24 octobre.
CGT, CFDT, FO, UNSA et FSU n’ont pas fait ces choix que nombre de grévistes et de salariés attendaient.

Et l’Éducation nationale ?

Dans l’EN comme ailleurs, il y a eu des centaines de milliers de grévistes sur les journées nationales. Des reconductions ont été lancées dès les premières grèves, souvent par des équipes militantes de Sud éducation et ont gagné la majorité des départements à partir de la journée du 12 octobre. Dans de nombreux départements des intersyndicales ont pris la responsabilité de lancer cet appel. Si la grève reconductible n’a pas explosé, elle a quand même concerné plusieurs milliers de collègues qui ont tenté de l’étendre et de participer partout aux actions interprofessionnelles de blocage de l’économie (gares, aéroports, zones industrielles…).

Si la grève reconductible se construit effectivement sur le terrain elle peut difficilement se passer d’un véritable appel national unitaire des organisations syndicales. Sud éducation l’a proposé aux autres fédérations sans succès. Dans l’EN, cet appel n’est jamais venu.

Parce que d’autres choix sont possibles pour une retraite solidaire, parce que nous le savons, parce qu’ils ne nous laisseront pas de répit, il y aura nécessairement une suite.

À suivre…

Pendant deux mois ce pouvoir a fait face à une mobilisation qu’il ne croyait pas possible. Des millions dans la rue pour exiger un autre partage des richesses produites par le travail, c’est une bonne nouvelle pour l’idée que tous ensemble nous sommes plus forts. Des lycéens, des salariés et des retraités unis contre Sarkozy et les accapareurs c’est aussi une bonne nouvelle pour la suite. Parce que d’autres choix sont possibles pour une retraite solidaire, parce que nous le savons, parce qu’ils ne nous laisseront pas de répit, il y aura nécessairement une suite.

À nous de l’écrire !...

Sud éducation Puy-de-Dôme

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