"L’Education n’est pas une marchandise"

Porto Alegre : 1er forum mondial de l’Education
 janvier 2002
mis à jour dimanche 30 janvier 2005

Du 24 au 27 octobre dernier, 15 000 personnes se sont retrouvées à Porto Alegre (Brésil) pour dire non à la marchandisation de l’Ecole, marchandisation prévue par l’O.M.C. et planifiée dans le cadre de l’AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services signé en 1995 et prévoyant la marchandisation de TOUS les services : éducation, santé...). Trois jours de débats au cours desquels enseignants, étudiants, syndicalistes, chercheurs, membres d’associations du monde entier ont à la fois analysé les impacts de l’AGCS en matière d’éducation et élaboré une charte réaffirmant le "droit à l’Education publique, gratuite et de qualité pour tous et pour toutes". La déclaration finale comporte ainsi les énoncés suivants :

- "...contre l’affirmation des forces du capital selon lesquelles l’école publique est dépassée, nous réaffirmons sa puissance et son mouvement permanent dans la réinvention du quotidien de nos sociétés et dans sa propre transformation, comme résultat de l’action des exclus..."

- "...Le Forum de l’éducation constitue une réalité et une possibilité dans la construction de réseaux incorporant des personnes, des organisations et des mouvements sociaux et culturels locaux, régionaux, nationaux et mondiaux réaffirmant l’éducation publique pour tous comme droit social inaliénable, garantie et financée par l’Etat, et qui ne doit jamais être réduite à la condition de marchandise et de service, dans la perspective d’une société solidaire, radicalement démocratique, égalitaire et juste"

Les travaux de ce Forum mondial de l’Education seront repris lors de la tenue du prochain Forum Social de Porto Alegre qui se tiendra du 31 janvier au 5 février 2002.

Mais ce Forum mondial de l’Education fut aussi le contrepoids au 1er Marché de l’Education (World Education Market) qui s’était tenu à Vancouver en mai 2000, rencontre qui avait notamment estimé le marché du e-learning à plus de 90 milliards de dollars. Les universités virtuelles payantes, l’obligation de "se former tout au long de sa vie" (entendons l’acquisition de compétences pour rester employable) offrent des perspectives juteuses aux grands groupes tels que Havas ou Vivendi. Déjà en 1998, l’O.C.D.E. affirmait que l’école et en même temps qu’elle l’enseignant étaient devenus obsolètes ! La notion de "users’ fees" (coûts à faire payer aux usagers) se développe. En Europe, l’E.R.T. (European Round Table : lobby d’une quarantaine de grands industriels européens) pousse la commission Education de l’Union Européenne à faire tomber tous les obstacles législatifs ou réglementaires à la libre concurrence en matière d’éducation. Pour l’E.R.T., "l’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique" ! Au nom du libéralisme, on remet en cause le service public, gratuit et laïc d’éducation. Or, l’éducation est un droit inaliénable !

Dès son premier congrès fondateur, la Fédération des syndicats SUD Education a clairement annoncé qu’elle se battait pour "Une autre école - Une autre société". Ainsi, de nombreux syndicats Sud Education ont mobilisé dans leur région sur la question de la marchandisation de l’éducation.

Nous faisons donc nôtre le mot d’ordre lancé à Porto Alegre : "Un autre monde est possible !"

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