L’ancien musée des colonies occupé par des travailleurs sans papiers en grève !

Ça a de la gueule
vendredi 10 décembre 2010

Plusieurs centaines de travailleurs sans papiers se sont installés depuis le 7 octobre dans l’Agora de la Cité Nationale de l’Histoire de l’Immigration à Paris afin de protester contre la mauvaise volonté évidente que manifeste le gouvernement, via ses préfectures, pour traiter leurs dossiers et procéder aux régularisations.

Alors que nombre de non grévistes décrochent la carte de séjour tant attendue grâce aux nouvelles dispositions arrachées par les grévistes - et c’est tant mieux, c’était fait pour cela - ces derniers ont le sentiment qu’on leur fait payer leur combativité. Pas question que les 6804 grévistes soient les dindons de la farce !

Le jour même, une délégation était reçue au ministère de l’immigration et les rencontres se sont succédées depuis pour aboutir à la rédaction d’un document de consignes adressé aux préfectures concernant le traitement spécifique des demandes des grévistes. Objectif : simplicité, rapidité, adaptation. Premier signe de déblocage : la préfecture de Paris ouvre ses guichets spécialement pour les grévistes, le samedi 6 novembre, pour distribuer par centaines les récépissés avec autorisation de travail précédant la fabrication de la fameuse carte.

La vigilance reste de mise : il en faudra 6804 ! En attendant, la vie à la Cité de l’Immigration s’est organisée sous les fresques coloniales, avec la bienveillance des personnels et de la direction qui a organisé les visites du musée de l’immigration, par petits groupes et avec conférencier, pour les grévistes. L’un d’entre eux est d’ailleurs tombé sur une photo de lui, à l’âge de 7 ans. Quand l’histoire s’écrit directement dans le musée...

Sans papiers : payer ou mourir

Les droits des étrangers malades sont attaqués de toutes parts. Après avoir restreint les possibilités de régularisation des personnes atteintes de pathologies graves, dans le projet de loi Besson sur l’immigration, les députés ont limité, mardi 2 novembre, l’accès des sans-papiers à l’AME (Aide Médicale de l’État). La majorité, avec l’aval du gouvernement, a fait adopter un amendement instaurant un ticket d’entrée de 30 euros par an. Or la pauvreté des bénéficiaires est telle que la mesure risque de retarder leur prise en charge, en faisant passer la prévention et le suivi médical au second plan. C’est la crainte partagée par l’ensemble des associations regroupées dans l’Observatoire du droit à la santé des étrangers (ODSE).

Commission Immigration Sans papiers