L’état des inégalités entre hommes et femmes

samedi 5 juin 2010

Dans le privé, les inégalités des retraites entre les hommes et les femmes sont liées aux inégalités sur le marché du travail. Quelques mesures compensatoires existent, prenant en compte, par exemple, les conséquences de la prise en charge des enfants sur la carrière ou encore les pensions de réversion des conjoints, mais la retraite des femmes demeure globalement inférieure.

Ces inégalités résultent d’une moindre durée de cotisation et de salaires plus faibles que ceux des hommes. Ainsi en 2001, pour les retraité-e-s en droit direct de 65 ans et plus, la durée moyenne de cotisation était de 42,25 ans pour les hommes contre 29,75 pour les femmes. Parmi les retraité-e-s, 4 femmes sur 10 ont liquidé leur retraite avec une carrière complète contre 8 hommes sur 10. Elles demandent à bénéficier de leur retraite en moyenne 2 ans plus tard que les hommes, sauf pour la fonction publique civile où elles partent plus tôt. En 2001, près de 4 femmes sur 10 perçoivent moins de 600 € (contre 1 homme sur 10). Elles sont plus nombreuses que les hommes à percevoir le minimum vieillesse. Leur retraite moyenne totale était inférieure de 44 % à celle des hommes.

Cet écart s’est lentement réduit allant de pair avec le développement de l’activité des femmes, des carrières plus complètes, la diminution des différences de salaires hommes/femmes, l’élévation des qualifications et l’allongement des études pour les deux sexes. Cependant, on assiste à un arrêt du rattrapage des niveaux de salaires depuis quelques années. À qualification et responsabilités égales et à secteur d’activité identique, les femmes sont 7 % moins payées que les hommes. De plus, elles sont davantage contraintes au travail à temps partiel, à faible qualification et ont plus souvent des interruptions dans leur vie active, passant de périodes d’activité à des périodes d’inactivité. En conséquence, la précarité subie se répercute sur le montant de leur retraite. Les femmes ont un taux d’activité plus faible que les hommes (de 14,3 % inférieur à celui des hommes), notamment pour les mères de trois enfants.

D’autre part, les réformes de 1993 et de 2003, notamment avec le passage des dix aux vingt-cinq meilleures années, accentuent l’impact négatif du temps partiel. Certains salaires à temps partiel sont pris en compte dans le calcul du salaire annuel moyen, réduisant le montant de la retraite future. De plus, l’allongement de la période d’activité risque de pénaliser les personnes qui ne peuvent se maintenir en emploi en fin de vie active. En 2006, 26,5 % des femmes entre 55 et 64 ans ont déclaré s’être retrouvées au chômage avant la retraite, contre 19,1% des hommes ; elles étaient 2,6 fois plus nombreuses que les hommes à être inactives. En outre, l’évolution de la société (augmentation des divorces, concubinage, PACS) atténue le système de réversion qui ne concerne que les femmes mariées. Par ailleurs, on constate également une grande différence entre les femmes qualifiées avec des carrières plutôt complètes et les femmes peu qualifiées, précaires qui risquent dans un avenir proche d’être des retraitées pauvres.

Dans l’Éducation nationale

Les femmes sont dans une situation globalement similaire à celle du privé. Bien que les métiers soient très féminisés, les femmes ne représentent que 42,9 % des postes d’encadrement (43,7 % des directions d’établissement, 20,4 % des inspecteurs d’académie, 14,3 % des directeurs/trices de l’administration centrale...). Elles sont très présentes dans le premier degré (81,3 %) et le personnel ATOSS (75,5 %), moins dans le second degré et le supérieur (57,5 % et 37,1 %) : elles sont donc moins présentes dans les emplois aux plus fortes rémunérations.

L’âge de départ à la retraite varie selon le type de personnel. Les enseignant-e-s du supérieur, les personnels d’inspection et de direction ou les catégories A partent à la retraite au-delà de 60 ans. Pour les non enseignant-e-s, l’âge de la retraite est variable : en moyenne la catégorie A part à 60,5 ans, la catégorie B à 59,4 ans et la catégorie C à 58,1 ans, les enseignant-e-s du 2e degré à 59,6 ans et ceux et celles du 1er à 55,5 ans. Quel que soit le type de personnel, les femmes partent un an et demi plus tôt que les hommes. La durée d’activité entre 2000 et 2007 atteint en moyenne 35,5 ans dans le premier degré, 35,3 ans dans le second degré, 37,7 ans pour les personnels d’inspection et de direction et 28,8 ans pour la catégorie C non-enseignante. Depuis 2004, le taux de pension a diminué de 1,2 point pour l’ensemble des personnels, conséquence de la réforme de 2003 avec l’allongement de la durée de cotisation. Le taux de pension des femmes est inférieur de 3,9 points à celui des hommes, même si l’écart tend à se réduire (4 points en 2004 à 3,5 en 2007). Les femmes sont, en général, plus touchées par la décote : 19,2 % contre 18,7 % pour les hommes (pour les personnels non-enseignants 12 % contre 5 % pour les hommes). Enfin les hommes bénéficient plus souvent d’une surcote (33,9 % des hommes contre 24 % des femmes entre 2004 et 2007) et le nombre moyen de trimestres est un peu plus élevé pour les hommes (4,1 trimestres pour les hommes et 3,4 pour les femmes).

Le gouvernement nous fait croire que, malgré les richesses créées, il n’est plus possible de financer les retraites. Il cherche à durcir les conditions d’accès à une pension décente, alors qu’il est possible à la fois de supprimer les inégalités hommes/femmes et d’offrir à tou-te-s une retraite correcte et basée sur la solidarité.

Commission fédérale droits des femmes

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