La MGEN est-elle toujours un acteur de "l’économie solidaire" ?

mercredi 7 novembre 2007
mis à jour dimanche 6 janvier 2008

Sud éducation :
Isabelle Giujuzza-Alcaraz, tu es salariée de la MGEN à la section départementale du Var, militante de Sud MGEN et élue du personnel au comité d’établissement. Que s’est-il passé à la MGEN récemment ?

Isabelle Giujuzza-Alcaraz :
La direction de la MGEN s’est lancée dans un plan de restructuration profonde de la mutuelle. Elle a décidé de transférer près de la moitié des salariés des sections départementales vers les centres de traitement et les centres d’appel. Cela constitue, en fait, un plan social qui ne dit pas son nom. Plus de huit cents salariés de la MGEN vont être placés devant cette alternative : soit ils acceptent la mobilité qu’on leur impose, soit ils quittent la mutuelle. C’est proprement scandaleux, surtout quand on sait qu’un grand nombre de salariés des sections a plus de cinquante ans et travaille pour la mutuelle depuis des dizaines d’années !

La direction de la MGEN prétend que ce plan de restructuration était nécessaire, qu’il lui était imposé par la pression de la concurrence des assurances privées et par l’informatisation des tâches de traitement des feuilles de sécurité sociale.

C’est un faux-semblant. Il n’y avait aucune nécessité d’associer le transfert des activités avec le transfert des personnes. En vérité, ce plan n’est qu’une manifestation, particulièrement cynique, d’un changement plus profond de la MGEN : son alignement sur le secteur assurantiel tant dans la démarche commerciale que dans la gestion du personnel. La MGEN quitte doucement mais sûrement le terrain de l’économie solidaire. Dans les sections départementales, ne resteront que des salariés chargés de faire du chiffre en allant démarcher des « clients » et en les convainquant de contracter des garanties supplémentaires. Dans les centres de traitement et, plus encore, dans les centres d’appel, les conditions de travail sont éprouvantes, le travail automatisé et abrutissant. Le service rendu par la MGEN se dégrade et les mutualistes s’en plaignent. Ainsi, ni les salariés, ni les mutualistes n’ont quelque chose à gagner dans cette restructuration. Mais alors qui y gagne ? Tous ceux qui ont intérêt à faire de la mutuelle une société d’assurance comme les autres...

Pour faire passer la pilule, des « mesures d’accompagnement » sont prévues.

Oui, et d’abord de grosses primes pour ceux qui accepteront la mobilité. Il est également prévu des possibilités de cessation anticipée d’activité et des aides pour des projets personnels ou professionnels (pour monter une entreprise ou... élever des enfants, comme on nous l’a proposé sans rire !). La direction de la MGEN assure qu’il n’y aura pas de licenciement.

Et tu n’y crois pas ?

Bien sûr que non. Que vont devenir ceux qui n’accepteront pas la mobilité, qui ne peuvent pas bénéficier d’une mesure de pré-retraite et qui n’ont pas de « projet personnel » ? La direction fait croire que le cas ne se présentera pas et espère secrètement que cela concernera si peu de monde que personne ne bougera. Il y aura des licenciements, c’est évident.

Quelles réactions ce plan a-t-il suscité chez les salariés ?

Depuis le début des concertations avec la direction, en janvier 2007, Sud MGEN a déclaré son opposition à ce plan et a travaillé à alerter les salariés sur ce qui se passait.
Les autres syndicats de la mutuelle, habitués à une gestion « conviviale », ont mis du temps à prendre la mesure du mauvais coup qui était réservé aux salariés. Mais finalement, toutes les organisations ont réussi à montrer un front uni face à la direction : de l’inédit à la MGEN ! Le 6 juillet, lors de l’assemblée générale de la mutuelle à Dijon, nous avons tous appelé à la grève et elle a été suivie à 80%. De même, le 28 août, tous les syndicats ont voté contre le plan de la direction lors de la réunion du comité central d’établissement, mais ce dernier n’a qu’un rôle consultatif. À l’heure actuelle, les salariés attendent, dans la crainte, de recevoir la lettre qui leur signifiera une modification de leur contrat de travail. C’est par excellence le moment où il faut rester unis !

A l’initiative de Sud éducation, des lettres ont été envoyées à Jean-Michel Laxalt, le président de la MGEN, par des personnels de l’éducation, adhérents de la mutuelle. Cela a-t-il changé quelque chose ?

Oh oui ! Nous avons déjà pu entendre, de la part de la direction, que Sud ne représentait rien du tout et que nous devions nous taire.
La solidarité interprofessionnelle a surpris ces gens qui ne voulaient qu’une chose : que tout se passe en silence et sans heurt. Nous
avons besoin que vous continuiez à nous soutenir. Il faut maintenir la
pression et puisque Laxalt vous a répondu « qu’aucun emploi ne sera supprimé », faisons-lui tenir parole.

On ne laisse pas tomber !

Sud éducation Calvados

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