La réforme du Bac et du lycée : un projet à haut risque !

lundi 8 janvier 2018

La réforme du Bac et du lycée est une des promesses de campagne du candidat Macron mais, d’autres, avant lui, s’y sont cassé les dents. Les français-es restent encore très attaché-es au Bac, un des derniers symboles républicains.

Le chantier du Bac a été lancé, sans attendre. Dès la rentrée 2018, la réforme sera mise en œuvre, en classe de seconde, et les premier-es bachelier-es « Macron » sortiront en juin 2021 [1]. Ce calendrier serré s’explique par plusieurs facteurs. Premièrement, il vaut mieux faire passer des réformes difficiles, en début de mandat, tant que la côte de popularité du Président est positive. Ensuite, l’État doit faire des économies budgétaires et l’organisation du Bac coûte, de plus en plus, cher.
Le nouveau Bac sera ramené à quatre épreuves terminales. Pour le reste de la réforme, ce sera la semestrialisation, les modules et le contrôle continu… Voilà un projet de réforme novateur ! Mais que l’on se rassure ! Le Ministre Blanquer va réintroduire le redoublement. Même critiqué et jugé inefficace, notamment par l’OCDE, il est un signe « fort », pour l’électorat de droite.

La République en marche… arrière

La réforme Blanquer ressemblerait-elle à la réforme Darcos ? Ce projet contesté, en 2008, par les lycéen-nes, les parents et les enseignant-es avait, finalement, été abandonné ! Rappelez-vous ! Le 19 octobre 2008, interrogé sur TF1, au soir d’une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de professeur-es, d’étudiant-es et de parents d’élèves, à Paris, Xavier Darcos précise que la réforme des lycées, en cours de préparation pour la rentrée prochaine, permettra notamment « d’aller vers une année divisée en semestres ».
Devenu impopulaire, ce projet est remplacé en 2009, par la réforme Chatel qui promet « une orientation progressive et réversible », une orientation plus ouverte et plus juste. Les différentes voies et les différentes séries devaient être rééquilibrées. Or, à l’époque, de 2009 à 2012, J-M Blanquer était déjà Directeur général de l’enseignement scolaire, dans le ministère de Luc Chatel.
En 2017, le Président Macron choisit ce haut fonctionnaire, issu de la société civile, pour son expertise. Dans L’École de demain (2016), Blanquer présente son projet : « Les filières du lycée général pourraient être réduites à deux, littéraire-économique et scientifique, avec un système de choix modulaires pour les élèves, induisant une réforme du baccalauréat avec 4 épreuves nationales et un contrôle continu. Il va de soi que cette réforme du baccalauréat transformera profondément le mode d’accès à l’enseignement supérieur puisque l’individualisation des dossiers des lycéens conduira les universités à sélectionner les étudiants en fonction de leurs prérequis. Enfin, le système modulaire du lycée et la réforme du baccalauréat bousculeront la hiérarchie des disciplines, entre celles qui resteront nationales et celles qui tomberont dans le contrôle continu. »
Et pour les lycées professionnels... pas de problème ! « Les lycées professionnels, débouchant directement sur l’insertion, pourraient être confiés aux Régions qui ont déjà la charge de la formation professionnelle. »

Une réforme ultra libérale

Individualisation des parcours et liberté de choix, voilà les maîtres mots de l’idéologie libérale. Les élèves seront « auto-entrepreneurs » de leurs parcours, de leurs réussites ou de leurs échecs. Mais, liberté de choix, pour qui ? Uniquement, pour celles et ceux qui auront acquis des « compétences » et sauront se frayer un chemin à travers la démultiplication des filières. Le bac ne donnera plus accès à l’enseignement supérieur, pour tout-es. Articulée à la réforme de l’entrée à l’université, la réforme du bac aggravera les inégalités. L’école, plus que jamais, fonctionnera comme une machine de tri social. L’autonomie des établissements accentuera, encore, la concurrence entre les filières et/ou entre les élèves. Et les personnels, dans tout cela ? L’annonce de la suppression de 2 800 postes, aux concours, est le signe que le « dégraissage du mammouth » reprend ! Avec la semestrialisation, viendra l’annualisation des services ; la hiérarchisation des disciplines et la mise en concurrence des personnels seront renforcées.

Sud éducation Vaucluse milite pour un enseignement polytechnique, offert à tout-es les élèves, et demande le maintien du baccalauréat, comme diplôme national et premier grade universitaire. Organisons réunions et AG pour proposer des modalités d’action.

Sud éducation Vaucluse


[1Le calendrier de la réforme est sur le site de la Fédération http://www.sudeducation.org/Reforme-du-bac-et-du-lycee.html

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