La répression anti-syndicale, une nouveauté ancienne

lundi 17 octobre 2005
mis à jour samedi 21 janvier 2006

La répression anti-syndicale n’est pas un phénomène nouveau. Le patronat a toujours combattu durement les syndicalistes, dès lors que ceux-ci refusaient la collaboration des classes et engageaient des luttes. Tous les syndicalistes ne sont donc pas sanctionnés, seuls le sont ceux qui se montrent combatifs. Dans la période récente, la CGT évalue à plus de 10 000, le nombre de délégués du personnel licenciés, entre les années 80 et 90. Cette chasse aux sorcières associée aux grandes restructurations industrielles de la même époque expli-que l’effondrement du nombre de journées de grève dans le privé et le très faible taux de syndicalisation dans ce secteur. La classe ouvrière a perdu une grande partie de ses moyens de bouger, car elle a été laminée progressivement et fortement précarisée. La répression anti-syndicale n’a pas disparu du privé, elle a pris une autre forme : la peur du chômage.

Ce qui est nouveau par contre, c’est l’arrivée en force, ces derniers temps, des méthodes patronales dans la fonction publique. Ce phénomène trouve son origine dans le fait que les fonctionnaires, et les enseignants en particulier, représentent actuellement le bastion le plus important de résistance aux projets de libéralisation de la société. En effet le pouvoir a été confronté à deux grandes mobilisations des travailleurs du secteur public, qui l’ont contraint à reculer et à chasser les ministres Juppé en 95 et Allègre en 2000. Cependant, ces deux victoires ont été très mal vécues par les Administrations et la hiérarchie. Depuis, le sérail a été mobilisé pour que des mouvements sociaux d’une telle ampleur ne se reproduisent plus.

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Aussi, c’est dans les laboratoires du patronat que le pouvoir est allé chercher les recettes d’une politique répressive contre les fonctionnaires. Ainsi, dès cette époque apparaissent dans les établissements scolaires des dispositifs « innovants » qui tendent à intégrer une partie des personnels à des projets bidons, le but étant d’opposer ces salariés à ceux qui refusent le démembrement de l’école. Cette offensive de division s’est manifestée sensiblement lors des grèves du printemps 2003, où il ne fut pas rare de voir des personnels de direction s’immiscer dans les débats syndicaux pour stimuler la cogestion, et combattre fermement la lutte au nom de « l’intérêt des élèves » ou du « service ».

Cette politique de débauchage a souvent eu des effets redoutables, qui expliquent en partie l’échec de cette grande mobilisation sociale, notamment lorsque fut avancé le mot d’ordre de blocage des examens. Cependant, lorsque ces opérations de charme furent vaines, l’Administration sut faire usage de méthodes répressives et iniques contre quelques personnes, pour intimider tout le monde. C’est ainsi que beaucoup parmi nous subirent, à la rentrée 2003, des mesures de rétorsion, des brimades et des sanctions.

Certes, depuis, aucune vague généralisée de mesures disciplinaires n’est venue perturber la morosité ambiante, car la période est calme. Mais soyons sûrs que les moindres signes annonciateurs de lutte offensive à venir déclencheront immédiatement l’application des dispositifs très élaborés, déjà expérimentés ici où là. C’est pour cela que la meilleure façon de les contrer aujourd’hui consiste à les combattre chaque fois qu’ils apparaissent.

Commission fédérale anti-répression syndicale

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