Le ministère de la régularisation de tous les sans-papiers lève le camp

mardi 31 août 2010

Installés depuis plus d’un an rue Baudelique, à Paris dix-huitième, les collectifs de sans papiers ont quitté l’immeuble qu’ils occupaient, le samedi 7 août.

Si la Marche Paris Nice du mois de juin a été un franc succès, leur permettant de découvrir, à travers toute la France, les courants de sympathie et de solidarité qui se sont exprimés à chaque étape, il n’en restait pas moins que le bilan de l’occupation de cet ancien immeuble de la CPAM était globalement négatif.

Pas de vague de régularisations : sur les 1088 demandes déposées il y a deux ans, 480 d’entre elles seulement auraient été examinées pour, au bout du compte, 250 régularisations, échelonnées jusqu’en mars 2010. Menacés d’expulsion par décision de justice, les habitants de cet immeuble, qui a trouvé acquéreur, ont accepté de quitter les lieux en échange de l’assurance de 300 convocations délivrées le jour même de leur départ. À 10h tapantes, tout le monde était sorti et à 10h30, un convoi de véhicules de différentes entreprises du bâtiment, précédé de celui contenant les parpaings pour procéder au murage, pénétrait dans la cour. Les sans papiers se sont dirigés en manifestation vers la place de la République où un pique nique de soutien devait se tenir. Dès 11h30, M. Sissoko, délégué de la Coordination des sans papiers de Paris lisait la liste des 300 membres qui devaient se rendre en centre de réception des étrangers pour y retirer une convocation en préfecture. Il annonçait également une rencontre le jour même avec la même préfecture de Paris. Sur le terre plein d’à côté, à peu près le même nombre de sans-papiers, issus eux aussi du ministère de la régularisation et pour la plupart anciens membres du CSP75, étaient réunis sous la bannière d’un nouveau collectif « Les oubliés de Baudelique », revendiquant 800 adhérents. Quelles conséquences aura le départ de ce site, qui explose l’unité entre les différents collectifs de Paris et de la banlieue ?

Y aura-t-il une nouvelle occupation ? Combien de régularisations y aura-t-il sur les 300 dossiers examinés ? Et les autres ?

Pour l’instant, une priorité : trouver un lieu d’hébergement à tous ceux que ce départ a jetés à la rue.

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