Le service public d’éducation, c’est l’école publique !

Non, nous ne manifestions pas « main dans la main » avec l’enseignement privé le 27 septembre !
jeudi 6 octobre 2011

Les producteurs du spectacle des informations veulent des « événements », de « l’historique », du « jamais-vu ». La grève du 27 septembre dans l’éducation a donné à presque tous les médias l’occasion d’adopter le même
angle d’attaque : l’enseignement public et l’enseignement privé auraient manifesté « côte à côte », « unis » contre les
suppressions de postes. La journée marquerait peut-être la fin de « la guerre scolaire » et les « deux écoles », fâchées
comme deux sœurs jumelles, finiraient bien par se réconcilier.

Il n’en est rien en réalité ! Nous n’avons pas fait grève et nous n’avons pas manifesté pour cela. Ce récit
médiatique de la journée du 27 septembre est une fiction qui sert, consciemment ou inconsciemment, les
intérêts patronaux et confessionnels que nous combattons.

D’abord, la grève du 27 septembre a été décidée
par les seules fédérations syndicales de l’enseignement
public. Les syndicats de l’enseignement privé n’ont fait
que s’y adjoindre. À aucun moment, il n’y a eu de
discussion et de décision communes pour manifester
« tous ensemble », comme si l’on défendait les mêmes
intérêts.

Que les personnels de
l’enseignement privé protestent contre
la dégradation de leurs conditions de
travail, cela se comprend. Comme tous
les autres salariés, ils ont, à nos yeux, et
par la loi, le droit de s’opposer à leur
employeur et nous ne doutons pas
qu’une partie des causes de leur
souffrance au travail soient les mêmes
que celles qui rendent l’exercice de nos
métiers chaque année plus difficile.

Mais s’ils défendent le principe
de l’école privée, s’ils revendiquent
« plus de postes » pour les établissements du privé, alors
nous nous séparons radicalement parce que l’existence
même d’un enseignement privé, confessionnel, financé
par des fonds publics contredit le principe de laïcité que
nous défendons.

La situation du public et du privé n’est
d’ailleurs pas du tout la même.
L’État, sous de faux
airs de défense de la laïcité, privilégie depuis plusieurs
années l’enseignement privé, très majoritairement
confessionnel et catholique. Alors que ses effectifs
représentent globalement 17% des
élèves scolarisés, les réductions de
postes du privé forment à peine 10% du
total. Et encore, lors du vote du dernier
budget, 4 millions d’euros ont été
retirés du budget de l’Éducation
nationale pour être attribués à
l’enseignement privé : un véritable
hold-up ! Cela, pour ne rien dire de la
loi Carle de 2009 qui oblige les
communes à financer la scolarisation
dans l’enseignement privé, de l’accord
de reconnaissance des grades et des
diplômes de l’enseignement supérieur
entre la France et le Vatican signé en 2008 ou de la
promotion, par le ministre de l’éducation nationale, des
méthodes managériales qui ont cours dans les
établissements privés…

Pas de « parité » entre l’enseignement public et l’enseignement privé.

Les fonds publics doivent aller exclusivement à l’école publique.

Pour un service entièrement public, laïque et gratuit de l’Éducation
et pour la fonctionnarisation de l’ensemble des personnels.

Documents joints

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