Les enfants et l’éducation en Palestine

 mars 2003
mis à jour samedi 15 janvier 2005

Depuis maintenant plus de 2 ans, les territoires autonomes palestiniens, réoccupés par l’armée israélienne, connaissent une situation dramatique, qui ne fait qu’empirer : assassinats, destructions d’habitations, saccages des infrastructures civiles, arrachage des arbres fruitiers, pillage des richesses des Palestiniens, humiliations quotidiennes. Plus généralement, les violations permanentes des droits de l’homme et des droits de l’enfant se succèdent en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Le secteur de l’éducation, comme tous les secteurs de la vie quotidienne est touché lui aussi, et pour le million d’élèves palestiniens, cette vie quotidienne est souvent un enfer. Depuis le 28 septembre 2000, des dizaines d’établissements scolaires ont été bombardés, certains sont tout simplement transformés en fortins ou en casernes pour l’armée israélienne. Beaucoup d’écoles ont été fermées définitivement en raison de leur proximité avec des bases ou des colonies israéliennes ou ne peuvent fonctionner, même provisoirement, à cause des couvre-feux fréquemment instaurés par l’armée. Même sans cela, les élèves ne peuvent pas toujours se rendre à l’école du fait du bouclage des territoires palestiniens.

Le bouclage, c’est quoi ?

Des centaines de barrages (check points) de l’armée israélienne parsèment les territoires palestiniens, empêchant la libre circulation des hommes et des marchandises ; les villes et les villages ne sont pas reliés entre eux ; partout, des colonies, des bases militaires et ces fameux barrages dressent des obstacles (miradors, blocs de bétons, soldats, blindés). Parfois on passe, souvent il faut attendre des heures et d’autres fois, le barrage est infranchissable. Les élèves ou les étudiants mettent alors plusieurs heures pour se rendre sur leur lieu d’étude, confrontés à des barrages tantôt fixes tantôt mobiles, et qui peuvent surgir ici ou là. Le problème est le même pour les professeurs, mais en plus, eux ne sont pas payés. Israël bloque l’argent des taxes et des douanes destiné à l’Autorité Palestinienne (entre 600 et 700 millions de dollars) et cette dernière ne peut donc pas leur verser leur salaire.

Si le droit à l’éducation est bafoué, il y a plus grave : le droit à la vie l’est également ! Sur l’ensemble des victimes de la seconde Intifada, les enfants représentent une part non négligeable : au 31 juillet 2002, 504 enfants ont été tués par les forces israéliennes ou les colons, 11 385 ont été blessés, 980 sont handicapés.

Et quand les enfants ne sont pas tués, la plupart du temps sur le chemin de l’école, ou parfois même assassinés pour des motifs politiques, ils peuvent aussi goûter les joies des prisons. En Israël, l’ordre militaire 132 autorise l’arrestation des enfants palestiniens âgés de 12 à 14 ans, et considère les plus de 16 ans comme des adultes. Cet ordre militaire a été remis en application en 1999, après son interruption en 1993, à la signature des accords d’Oslo. Actuellement, entre 360 et 505 mineurs (selon les ONG) de 10 à 18 ans sont emprisonnés, la plupart du temps pour avoir jeté des pierres sur les soldats israéliens. Dans l’impossibilité de suivre leur scolarité, de jouer à l’extérieur, de profiter tout simplement de leur vie d’enfant, les jeunes palestiniens subissent, comme leurs parents, la sauvagerie de la seconde Intifada, qui depuis maintenant deux ans, a incrusté la guerre dans leur quotidien.

La mission pour la protection du peuple palestinien

Un groupe de 12 habitants de la région provençale s’est rendu en Israël et dans les territoires occupés de Palestine (en Cisjordanie et à Gaza), en juillet dernier, dans le cadre d’une mission civile :
- pour observer en direct la situation concrète sur le terrain ;
- pour témoigner, à son retour, de ce qui se passe tous les jours et qui est rarement relaté par les média ;
- pour tenter de pallier l’absence d’une force d’interposition sur place.

Un certain nombre de soirées témoignages ont déjà eu lieu, en Avignon, à La Ciotat, Marseille, Pertuis et Aix-en-Provence ; il y en aura d’autres et nous continuerons à témoigner tant que cette situation durera. Ces missions -qui ne sont ni des missions humanitaires ni des missions politiques- sont organisées avec le concours de responsables d’associations représentant la société civile palestinienne et israélienne, qui luttent quotidiennement pour la reconnaissance des droits des palestiniens, contre l’occupation de la Palestine par l’Etat d’Israël, pour la création - au côté de l’Etat d’Israël - d’un Etat Palestinien. C’est la 3ème mission organisée de façon autonome par la région marseillaise, par des personnes qui ont répondu à l’appel suivant :

Constatant :
- qu’Israël soumet le peuple palestinien à un système d’apartheid menant une politique de répression, d’encerclement, d’étouffement et de colonisation à son encontre ;
- qu’Israël, puissance surarmée, conduit une guerre coloniale face à un peuple laissé pour compte, et mène une politique de confiscation de la terre, de l’eau, de la mer et du ciel palestiniens ;
- l’hypocrisie et la complicité de la plupart des Etats, dont ceux de l’Union européenne, et des entreprises transnationales ;

Nous, acteurs, actrices de la société civile, affirmons qu’il faut protéger le peuple palestinien d’une nouvelle tragédie et appelons à la mobilisation :
- pour contraindre les Etats - particulièrement l’Union européenne - à envoyer une force de protection internationale ;
- pour que soient établis les droits nationaux et restitués les biens du peuple palestinien en application des résolutions 181, 194 et 242 de l’ONU ;
- pour que des sanctions économiques soient prononcées à l’encontre de l’Etat d’Israël, notamment la rupture de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Tout de suite, nous sommes prêts à partir en Palestine et participer, avec les ONG palestiniennes et des organisations israéliennes solidaires, à des actions de protection du peuple palestinien, ou à soutenir financièrement cette campagne.

SUD Bouches-du-Rhône

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