Les menaces sur l’école maternelle et les RASED se précisent

Communiqué fédéral et communiqué intersyndical
lundi 15 septembre 2008
mis à jour mardi 16 septembre 2008

Pour justifier les 13500 suppressions de postes à venir, Darcos nous fait croire à un nouveau personnage. Celui d’un ministre fraîchement converti en chantre de « la petite enfance » et dénonçant la scolarisation des enfants dès deux ans alors que son objectif est de supprimer des postes et de casser le service public d’éducation.

Alors que peu d’enfants de deux ans (et même deux ans et demi) sont effectivement à l’école, il s’attaque directement à la petite section et à l’école maternelle qualifiée de « préélémentaire ». Décrite comme « variable d’ajustement pour empêcher des fermetures de classe », Darcos mène une attaque en règle contre la petite section. Ses enseignants y consacreraient l’essentiel de leur temps à surveiller la sieste des enfants et à changer les couches, ce qui ne nécessiterait pas un bac+5. Voilà, c’est dit ! A quoi bon d’après lui former des personnels (ça coûte cher à la « nation » !) pour effectuer ces tâches qui relèveraient alors de quel niveau d’études ? Il ne le précise pas. En tout cas, pour les professeurEs des écoles, fini la petite section : ce sera le CM2 (là, notre « coût de formation » se justifie) !

Ces déclarations viennent s’ajouter à celles de Luc Ferry, ancien ministre de l’éducation qui a confirmé ce que nous disons à Sud éducation sur les conséquences de la mise en place des 2 heures de soutien.

Prévues dans la nouvelle organisation du temps scolaire et mises en place à partir du mois d’octobre 2008, ces 2 heures (résultant du passage à 24h de l’emploi du temps de la classe) n’ont comme objectif que de… Supprimer les réseaux d’aide (les RASED) et pas de lutter contre l’échec scolaire ! C’est dit par... Luc Ferry.

Nous dénonçons à Sud éducation les propos méprisants du ministre sur les enseignants du premier degré faisant table rase d’années de travail pédagogique menées dans les écoles maternelles et les réseaux d’aide.

La scolarisation à partir de trois ans permet à une même classe d’âge de bénéficier du service public d’éducation : le privé ne doit pas se substituer à l’école maternelle !

Le suivi individualisé opéré par des personnels spécialisés garantit la prise en charge efficace des difficultés de TOUS les enfants. Nous demandons au ministre de se prononcer clairement sur l’avenir des RASED. Nous exigeons la fin des menaces sur les RASED, l’arrêt des suppressions déguisées (ou non) de postes spécialisés et des créations de postes (E, G, psychologues, etc.) pour toutes les écoles.

Appel unitaire des organisations et associations de l’éducation nationale

Préservons et développons les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté (R.A.S.E.D.)

Madame, Monsieur,
La mission première du service public d’éducation est d’assurer la réussite de tous les élèves et de contribuer à l’égalité des droits par le respect des différences. La prise en charge des difficultés des élèves à l’école maternelle et élémentaire constitue aujourd’hui une préoccupation majeure de toute la communauté éducative.
Ces difficultés nécessitent des approches différenciées et concertées.
Les RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté) ont été créés pour répondre aux besoins particuliers de ces élèves. Leur mission est de contribuer sur le temps scolaire, et en étroite collaboration avec les parents, les enseignants et les partenaires extérieurs, à la prévention et à la remédiation de la difficulté scolaire.
L’équipe du RASED est constituée de trois catégories de professionnels titulaires de diplômes spécifiques : les enseignants spécialisés chargés de l’aide à dominante pédagogique (psychopédagogues/maîtres E), les enseignants spécialisés chargés de l’aide à dominante rééducative (rééducateurs / maîtres G), et les psychologues de l’Education Nationale.
Le dispositif RASED permet une analyse approfondie des difficultés de l’élève dans leurs dimensions psychologiques, affectives, relationnelles, sociales et cognitives. Le RASED recherche avec l’équipe enseignante et les familles, les réponses et les aides différenciées les plus adaptées d’ordre pédagogique, rééducatif, psychologique.
Aujourd’hui, les Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté sont menacés :
- dans leurs moyens, par une diminution inquiétante du nombre de postes spécialisés,
- dans leur renouvellement, par l’insuffisance de départs en formation de spécialisation,
- dans leur fonctionnement, puisque de nombreux RASED sont incomplets et ne peuvent pas proposer aux élèves les aides spécialisées nécessaires.
- par la confusion entre les aides spécialisées du RASED et l’aide personnalisée apportée par les enseignants des classes.
En effet, le ministère de l’Education Nationale a décidé dès cette rentrée scolaire, de réaffecter une partie des heures supprimées le samedi matin à la mise en place de 60 heures annuelles « d’aide aux élèves rencontrant des difficultés scolaires ». Ces heures d’ « aide personnalisée » contrairement aux aides spécialisées seront dispensées par un enseignant généraliste en dehors du temps scolaire des élèves. Le risque existe que la mise en place de cette aide serve de prétexte au ministère pour supprimer les RASED. Cette aide personnalisée est d’une nature différente de celles du RASED et ne peut en aucun cas les remplacer.
La confusion entre les deux dispositifs ne serait qu’une manière de réaliser de substantielles économies de postes d’enseignants au détriment des élèves les plus en difficulté.
Le dispositif RASED doit être maintenu, complété et renforcé pour pouvoir continuer à remplir ses missions dans toutes les écoles maternelles et élémentaires au service de tous les élèves qui en ont besoin.
C’est ensemble que nous devons agir pour que le service public puisse offrir dans l’école les aides
spécialisées du RASED pour répondre aux besoins de tout enfant.

Veuillez croire, Madame, Monsieur, en notre attachement au service public d’éducation pour tous les élèves.
Merci d’informer les organisations syndicales et associatives de vos initiatives et de vos prises de position à cette question.

Paris, le 5 septembre 2008

Sud éducation, Sgen, FCPE, SNUIPP, ANCP, AGSAS...

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