Les miettes pour les salariés, le gâteau pour le patronat !

jeudi 19 février 2009

Communiqué de Solidaires le 18 février 2009

Le « sommet social » aura accouché d’une souris. La réunion de ce jour était censée répondre aux
revendications exprimées le 29 janvier par les grèves et manifestations. Présenté comme un grand moment de
négociation sociale, ce sommet s’est réduit à des annonces du Président de la République, sans que la situation
dans les départements d’outre-mer et les conflits en cours dans la santé et les universités ne soient traités. Cette
opération de communication sera prolongée par une intervention, une de plus, à la télévision !

Rappelons que contrairement à ce qu’il a affirmé, le Président de la République n’a pas reçu tous les
syndicats : Solidaires, tout comme l’UNSA et la FSU, pourtant signataires de la plate-forme revendicative
commune, ont été délibérément exclus de ce sommet

Les annonces faites montrent que le gouvernement n’est pas prêt à changer de logique économique et
sociale. Ainsi les 14 milliards d’euros du paquet fiscal, qui profitent essentiellement aux plus riches, ne sont
pas remis en cause. Le gouvernement s’entête à vouloir favoriser les heures supplémentaires alors même que
le chômage se développe. Il refuse de revenir sur les suppressions d’emplois dans la Fonction publique.
L’indemnisation du chômage partiel, qui passerait à 75% du salaire brut, reste très insuffisante : la grande
majorité des salariés concernés continueront à perdre 200 à 300 euros par mois sur des salaires au Smic ou
juste au dessus !

Le non-paiement de deux tiers provisionnels pour les contribuables imposables dans la première
tranche de l’impôt sur le revenu, laisse de côté les 17 millions de foyers fiscaux qui n’y sont pas assujettis.
Cela correspondrait en moyenne à une prime exceptionnelle de 200 euros. Le coût budgétaire serait au
maximum de 800 millions d’euros, somme à mettre en rapport avec les huit milliards de cadeau au patronat
avec la suppression partielle de la taxe professionnelle. Fondamentalement donc, aucune réponse n’est donnée
à la question centrale du pouvoir d’achat des salariés, chômeurs et retraités.

Les autres mesures annoncées comme le versement de primes exceptionnelles (500 euros pour certains
chômeurs, 150 euros pour les familles les plus modestes, chèques emplois-services pour d’autres et certaines
personnes âgées…) ne répondent pas plus à la nécessité de relancer l’économie en priorisant la demande.

Nicolas Sarkozy a aussi multiplié les annonces de concertation sociale sur différents sujets dans les
mois à venir : il veut noyer le poisson et gagner du temps face à la colère et au sentiment d’injustice qui se
développent dans tout le pays !

Le gouvernement décuple les cadeaux aux entreprises sans la moindre contrepartie pour les salariés,
comme le montrent les aides aux entreprises automobiles qui ont annoncé des milliers de suppressions
d’emplois ou les aides aux banques qui, malgré la manne de milliards déversée sur elles, n’ont pas changé de
comportement. L’annonce d’une baisse de huit milliards d’euros de la taxe professionnelle confirme que le
gouvernement et le Président de la République ne sont pas avares de mesures favorables pour le patronat. Par
contre, ce sont des miettes qui sont réservées aux salariés, aux chômeurs, aux précaires et retraités : 2,6
milliards d’euros pour solde de tout compte, soit sept fois moins que le montant du paquet fiscal et sans
commune mesure avec ce qui a été accordé aux banques (360 milliards d’euros).

Alors qu’en 2008, les entreprises du CAC 40 ont versé plus de 54 milliards d’euros à leurs
actionnaires, la question du partage de la richesse produite n’a obtenu aucune réponse : gouvernement et
patronat refusent toujours toute augmentation du SMIC, des salaires, des retraites et des minima sociaux.

Devant le refus d’entendre les exigences sociales portées par les salariés, une nouvelle étape de la
mobilisation est nécessaire. Les actions et les résistances en cours dans certains secteurs et départements
doivent s’amplifier. La journée du 19 mars, appelée par toutes les organisations syndicales, doit se concrétiser
par une grève générale interprofessionnelle et des manifestations dans tout le pays.

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