Les syndicats, les luttes, l’unité

jeudi 25 mars 2010

Le ras le bol des personnels de l’éducation face aux multiples réformes (primaire, L.P., lycée, formation, etc.), aux dizaines de milliers de suppressions de postes, à la dégradation des conditions de travail, à la remise en cause du Service Public d’éducation et au droit à l’école pour tous est à son comble. Il est souvent associé à un profond désarroi sur comment s’opposer.

Le positionnement des syndicats

Le SGEN/CFDT et l’UNSA soutiennent, participent à la mise en place des contre-réformes de régression scolaire, au nom d’une pseudo modernité pédagogique. C’est le cas dans le primaire, la réforme du bac pro en 3 ans et aujourd’hui celle des lycées et de la formation des enseignants (mastérisation).

Luc Chatel peut se féliciter de « l’appui des syndicats à ses réformes » et souligner « leur sens de responsabilité et de dialogue ». Ceci nourrit la division, mais ne va pas sans certaines contradictions.

Ainsi, dans certains départements, le SGEN/CFDT et l’UNSA appellent à la grève du 21 janvier contre les suppressions de postes et dans le même temps votent pour les réformes (lycée et formation des enseignants) au CSE dont l’un des aspects majeurs est d’économiser/supprimer des postes.

Pour la FSU, principal syndicat dans l’éducation, il faut encadrer le mécontentement grandissant tout en indiquant au gouvernement que la FSU est le syndicat incontournable dans l’éducation, que L. Chatel ne peut se contenter d’un face à face avec SGEN et UNSA.

Ainsi, à la rentrée de janvier, la FSU nous concocte un plan d’action avec un important matériel (affiches, tracts) : semaine d’action du 11 au 15, grève (de 24h) le 21 janvier, manif nationale à Paris le 30, puis du 1er au 5 février congrès (mais ça ce n’est pas sur les affiches !).

Soyons clair, il ne s’agit pas de préparer une dynamique de mobilisation face aux mauvais coups du gouvernement, mais d’un plan bureaucratique, décidé en haut par les chefs du « très grand syndicat », qui a un double but : d’une part faire oublier la piteuse mobilisation du 24.11 (avant son congrès), d’autre part montrer sa capacité de mobilisation. Malgré les importants moyens engagés, la mobilisation fut restreinte, les personnels n’ont pas répondu massivement présents : pourquoi ?

Les luttes : « la grève appartient à ceux, celles qui la font »

Notre fil conducteur doit être : tout ce qui va dans le sens de la création d’un rapport de force contre la politique de casse scolaire du gouvernement, tout ce qui permet une dynamique de mobilisation.

C’est pour cela que nous ne fétichisons aucune forme d’action collective, même si au final notre objectif est la grève générale. La grève ne se décrète pas d’en haut, ce sont les personnels qui la décident et qui la font. Sud est pour l’auto-organisation des luttes : assemblée générale, comité de grève, coordinations, autres formes qui permettent aux personnels d’organiser et de contrôler leurs luttes.

Les personnels et leurs syndicats de l’académie de Créteil montrent la voie. L’assemblée générale des grévistes a adopté la motion suivante :

« Nous sommes de plus en plus nombreux en grève pour défendre le service public d’éducation contre les attaques multiples lancées par le gouvernement : suppressions de postes, mastérisation, suppression de la maternelle, augmentation des effectifs, programme massacrés, possibilité nouvelle de licencier les enseignants (même titulaires), etc.

Aujourd’hui le Ministre, avec morgue et mépris, compte sur les vacances de notre zone pour « éteindre l’incendie ». Nous appelons donc tous nos collègues du primaire, du secondaire et du supérieur à se joindre au mouvement dès le retour de leurs congés pour arriver à converger en mars et construire une grève nationale, seule solution si nous voulons mettre fin à la liquidation du service public. »

Quelle unité ? Unité de façade ou unité de lutte ?

L’évolution de tous les syndicats vers un syndicalisme de propositions, de négociations et de réformisme ne facilite pas un syndicalisme de luttes. L’année écoulée a montré comment l’unité syndicale de façade a favorisé la division des travailleurs entre public et privé, par exemple. La multiplication des grèves de 24h sans lendemain (avec manif) a montré toutes ses limites aussi bien dans l’éducation qu’au niveau interprofessionnel.

Certes l’unité est un facteur favorable à la dynamique des luttes mais elle n’est pas une fin en soi.

L’unité pour quelle dynamique de mobilisation ? Sur des revendications précises : par exemple, peut-on défendre le Service Public d’éducation, lutter contre les suppressions de postes et voter pour la réforme des lycées, des LP, de la formation ? Aux SGEN et UNSA de répondre…

Peut-on défendre les salaires à travers des augmentions du point d’indice (très chères à la FSU et l’UNSA) qui accentuent les inégalités ? Ou bien se battre pour des augmentations uniformes ?

L’unité ne peut pas être le minimum commun syndical. Sans quoi revendiquons dans l’unité la retraite à 65/70ans avec diminution des pensions ! Même le MEDEF signe !

Favoriser l’unité du personnel

L’unité du personnel est impérative pour la mobilisation et l’action. Il s’agit pour SUD, à partir de nos analyses et en lien avec le personnel, d’élaborer les revendications répondant aux situations du moment. SUD doit avoir une présence forte dans les établissements scolaires, seule façon d’éviter les débats et les décisions éloignés des préoccupations du personnel, pour peser sur les débats et avancer des propositions de défense des intérêts immédiats et généraux des travailleurs.

Favoriser l’unité syndicale

L’unité, tant au niveau des travailleurs que des syndicats est un outil indispensable pour les luttes. L’unité d’action syndicale est un moyen pour permettre à tous et toutes de s’engager dans l’action. Une démarche unitaire marque notre volonté de privilégier la mobilisation du personnel sur les intérêts de boutique et la division syndicale.

L’unité doit se faire sur des revendications claires et précises et non sur de vagues formules et autres catalogues fourre-tout.

Sud éducation Lot

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