Lettre au ministre - non titulaires

mardi 13 décembre 2005
mis à jour samedi 15 mars 2008

Saint Denis, le 12 décembre 2005

A Monsieur le Ministre de l’Education Nationale,

Cela fait près de deux mois que des enseignants précaires campent devant le Rectorat de Créteil. D’autres ont campé devant celui de Nice. Mercredi 7 décembre 2005, des enseignants non titulaires venus des académies de Créteil, Versailles, Paris, Nice, mais aussi Bordeaux, Toulouse, Aix-Marseille, Montpellier, Orléans-Tours, Besançon ou Lille ont campé symboliquement sur la place de la Sorbonne à Paris pour faire connaître
leurs revendications de réemploi et de titularisation. Ils sont soutenus par une intersyndicale large comprenant CNT, SNEP-FSU, SNES-FSU, SNUEP-FSU, SUD éducation-Solidaires, UNSEN-CGT. Encore une fois, ce
mercredi le ministère n’a pas daigné les recevoir.

Précisons qu’il y a, à côté des enseignants précaires, d’autres catégories touchées par la précarité dans l’éducation : des personnels administratifs, des agents de services, des CPE...

Ils essaient de se faire entendre. Ils ont engagé des démarches depuis deux mois, en vain. Ils vous ont adressé un courrier, à vous, au Premier Ministre et au Président de la République, sans aucune réponse. Ils ont
pourtant travaillé dur, dans des établissements souvent difficiles, et souvent plusieurs années. Ils ont rendu service : sans eux, des milliers d’élèves n’auraient pas eu la totalité des enseignements obligatoires.

Mais après ces années de service, ils se sont retrouvés sur le carreau en raison des restrictions budgétaires et des choix politiques que vous connaissez. Maintenant, ils vivent des situations d’extrême précarité.

Vous n’êtes certes pas personnellement responsable du sort des 17 000 (20 000 si l’on compte les temps partiels) non-titulaires virés depuis trois ans de l’Education nationale, considérés comme une simple variable
d’ajustement. Vous avez aussi hérité de la situation laissée par vos prédécesseurs. Mais nous osons espérer que cette situation ne vous laisse pas indifférent. L’ensemble du pays s’émeut, avec raison, quand est annoncé un plan de licenciement qui jette des centaines de personnes hors d’une entreprise après y avoir passé de nombreuses années. Or, pour les milliers de maîtres auxiliaires, de contractuels, de vacataires qui ont perdu leur emploi, ni le monde politique ni l’opinion ne réagissent, et ils ne sont même pas reçus par leur ancien employeur. La grave crise sociale qui vient de secouer le pays vous fait réfléchir, nous n’en doutons pas. Les causes profondes dépassent le cadre de l’Ecole, mais vous pouvez déjà, avec le réemploi et la titularisation de ces collègues abandonnés, faire face à une partie de l’urgence scolaire.

Nous vous demandons solennellement de recevoir les non-titulaires en mouvement et d’accorder crédit à leur parole et à leurs revendications.

Veuillez croire, Monsieur le Ministre, en notre attachement au service public de l’éducation nationale.

Stéphanie Parquet-Gogos
Secrétaire de la Fédération des syndicats SUD Education

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