Lettre de l’ICEM-pédagogie Freinet

Contre le déplacement de Philippe Wain sanctionné pour son refus de remplir base élèves de mettre en place les évaluations nationales
samedi 10 septembre 2011
mis à jour vendredi 30 septembre 2011

Chers collègues,

Un de plus !

Dans le Loir-et-Cher, un enseignant, Philippe Wain, vient d’être déplacé
d’office dans « l’intérêt du service » parce qu’il refusait d’utiliser le
fichier Base-élèves et de mettre en place les évaluations nationales.
En réalité cette mutation répond à un double objectif : sanctionner
l’enseignant et affaiblir une classe unique de 17 élèves en vue de sa
suppression.

Ce déplacement a été décidé arbitrairement par l’Inspectrice d’Académie en
dehors de tout cadre règlementaire ! Cet arrêté devient de fait nul et non
avenu. Celui-ci fait suite à un autre arrêté retirant la fonction de « 
directeur » à notre collègue qui n’est que « chargé d’école ». Cette
confusion rend cet autre arrêté illégal.

De telles décisions ne rappellent-elles pas dangereusement les lettres de
cachet des rois absolus ?

Mais Philippe Wain n’est pas le seul à subir cette répression, bien au
contraire !

Entre 2009 et 2011, combien d’enseignants et de directeurs d’école ont été
ainsi sanctionnés parce que leur éthique professionnelle et citoyenne leur
faisait devoir de ne pas participer à la casse de notre École Publique ?

Alors oui ! Ils refusent le fichier Base-élèves (contraire aux principes
de la Convention internationale des droits de l’enfant et dénoncé par la
commission des droits de l’enfant de l’ONU), les absurdes et inutiles
évaluations nationales et leur pilotage par les chiffres, mais aussi la
stigmatisation des élèves en difficulté par l’aide personnalisée, la
suppression des RASED, les milliers de suppressions de postes, l’abandon
de la formation initiale et continue ?

Ces collègues ont subi toute la gamme des sanctions ou des intimidations :
pressions par téléphone ou par courriers à la limite du harcèlement,
convocations devant les Inspecteurs d’Académie, retraits de salaires,
inspections commandées, blâmes, retraits de fonction de direction et
mutations d’office.

Jusqu’à quand allons-nous accepter ces politiques destructrices de notre
École et de nos valeurs ?

Jusqu’à quand allons-nous accepter que les règles de l’économie mondiale
orientent les politiques éducatives ?

Jusqu’à quand, enfin, allons-nous accepter d’être traités par le mépris ?

Chers collègues, il suffirait de quelques actions collectives pour relever
la tête et remettre en cause toutes ces réformes, actions qui ne nuiraient
aucunement à nos élèves.

Par exemple, bloquer les remontées des évaluations nationales, comme de
nombreux syndicats le proposent. Que ferait l’Administration devant cette
action massive ? Rien, sinon ne pas verser les primes de 400 euros ?. Mais
allons-nous nous mettre à genoux pour 400 € ? ?

Résister, c’est créer ; créer, c’est résister !

Tout est à inventer pour s’opposer à cette politique du bulldozeur. Les
premiers enseignants désobéisseurs ont dû faire preuve d’imagination pour
résister à ces réformes qui visent à faire entrer l’Éducation nationale
dans l’économie de marché, et non à améliorer les connaissances des
élèves.

Il nous faut rester debout.

Redressons-nous !

Rapprochons-nous des syndicats et des collectifs qui organisent la

résistance :

- <http://comitesoutien-philippewain.resistancepedagogique.org/

- <http://resistancepedagogique.org/si...> le Réseau des
enseignants du primaire en résistance

- <http://retraitbaseeleves.wordpress.com/> le CNRBE (Collectif National
de Résistance à Base-élèves)

- <http://www.icem-pedagogie-freinet.org/> l’ICEM (Institut Coopératif de
l’École Moderne ? pédagogie Freinet)


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