Lettre ouverte au ministre de l’Éducation Nationale

Relance !
vendredi 1er avril 2011

Monsieur le ministre,

Le 10 février dernier, nous vous adressions une lettre pour vous demander de préciser le cadre légal de la formation des professeurs en STI2D. À ce jour, cette lettre est restée sans réponse.

Avec le démarrage, dans les académies, des séquences de formation des enseignants , nous commençons à entrevoir comment, dans les faits, cette formation se déroule.

Suivant les académies, des dispositifs différents ont permis aux enseignants stagiaires de suivre, par le truchement du dispositif « Classe CENTRA », la projection commentée de diaporamas censés présenter quelques uns des premiers modules de formation. Nous jugeons très sévèrement le fonctionnement de cette « classe virtuelle » qui ne peut en aucun cas, surtout comme elle est utilisée ici, constituer un outil efficace d’acquisition de connaissances : lecture, souvent au pas de charge, par le « formateur » de très nombreuses diapositives dont le niveau de contenu est souvent significativement élevé, absence de dialogue spontané entre formateur et formé et enfin incidents techniques. Les stagiaires doivent, pour la plupart, abandonner leur service d’enseignement pour assister de manière obligatoire à ces séquences de « formation » : au constat d’inefficacité des premières séances fait ci-dessus, s’ajoute donc un sentiment de temps gaspillé.

Au delà des séquences Centra, il est demandé aux enseignants, sans aucun cadre réglementaire :

- d’approfondir la quasi totalité des points abordés dans les diaporamas et d’effectuer, livrés à eux-mêmes, des QCM d’auto-évaluation !

- de produire, dans le cadre d’un « compagnonnage », des documents pédagogiques utilisables à la rentrée 2011 : comment les enseignants pourraient-ils montrer les aptitudes de synthèse requises pour ce genre d’exercice alors qu’ils sont à peine au courant des contenus de la formation et qu’ils ignorent presque totalement pré requis et objectifs à atteindre ?

Le Ministère entend viser l’« Excellence » pour la filière STI2D mais la nature du dispositif de formation, qui laisse la totale initiative à l’enseignant de s’autoformer, de s’autoévaluer, met en évidence le désengagement de l’État dans le dispositif « d’adaptation » du corps enseignant à ses nouvelles missions et, par conséquent, dans la formation des futurs élèves.

Toute « rénovation » nécessite des moyens dont l’affectation, notamment pour reconvertir les personnels, est une priorité. Le Décret nº 2007-1470 du 15 octobre 2007 encadre clairement la manière dont doit se dérouler la formation professionnelle des fonctionnaires. Monsieur le Ministre, nous nous permettons de réitérer les questions de notre lettre du 10 février et, in fine, nous vous demandons, en tant que représentant de l’État et garant de l’application de la Loi, de faire respecter les dispositions du décret.

Si nous ne recevions pas de réponse à notre première lettre, nous vous indiquons que nous pourrions appeler, en tout état de cause par mesure conservatoire, à ne pas se plier aux demandes d’autoformation, d’autoévaluation et de production de documents.

Veuillez croire, Monsieur le ministre, à notre attachement au service public d’éducation.

Pour la Fédération des syndicats Sud Éducation

Christine Lafont, co-secrétaire fédérale

Documents joints

Lettre relance STI 31 mars
Lettre ouverte STI 10 février

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