Licenciement des précaires et flexibilité pour tous

dimanche 31 octobre 2004
mis à jour lundi 13 décembre 2004

Nous savions que la rentrée scolaire allait s’effectuer dans des conditions déplorables. Mais nul ne pouvait prévoir une telle vague de licenciements. A l’échelle nationale, aucun chiffre officiel n’est avancé mais il est évident que c’est en dizaines de milliers que les licenciés se comptent. Prenons l’exemple de l’Académie de Toulouse :

Enseignants : les chiffres donnés par la Rectrice à nos élus paritaires le 15 septembre étaient de 417 contractuels réemployés sur des Blocs Moyens Provisoires et 149 en suppléances (remplacement le plus souvent à l’année). A ceux-ci s’ajoutent 54 vacations en suppléance et 6 sur BMP (faible volume horaire réparti sur toute l’année). Selon le Rectorat, à la même date l’année dernière, 823 précaires enseignants étaient employés : ils ne sont que 566 actuellement. En février 2004 ils étaient 1100. Le Rectorat en prévoit 850 pour la même période en 2005. Nous sommes pour le moins surpris par cette vision optimiste puisque notre constat sur le terrain et auprès des précaires non réemployés apparaît nettement plus inquiétant.

Tout d’abord au niveau des chiffres car un grand nombre de contractuels ne sont toujours pas réemployés. Et lorsqu’ils le sont, c’est souvent sans contrat, sur la base d’une vacation. Mais ce sont également les conditions de travail qui ont empiré. Contrairement aux engagements du Rectorat, des emplois ont été découpés en plusieurs vacations. Certains enseignants sont envoyés en périphérie de l’académie avec un service de 10 heures hebdomadaires réparti sur 5 jours ! D’autres contractuels sont poussés à accepter des vacations. Et s’ils refusent, le Rectorat les menace d’être rayés des fichiers ou de ne pouvoir s’inscrire aux concours internes (ce qui est illégal).

Personnels administratifs et ouvriers : La situation est encore plus catastrophique puisque des centaines de CES et CEC ont été licenciés, le Rectorat refusant de reconduire les contrats ou d’embaucher ceux qui étaient soit disant "bénéficiaires" de contrats de réinsertion. Et chacun sait que, dans les textes, les CES-CEC ne devaient occuper que des fonctions "relevant de besoins collectifs non satisfaits". Dans les faits, ils se substituent à des emplois relevant du cadre permanent. Leur fin de contrat est donc illégal puisque c’est sur la base d’un CDI ou d’un statut d’ATOS qu’ils devraient être employés.

Même issue pour les contractuels (CDD de droit public) qui servaient à palier les sous-effectifs en personnels ouvriers et administratifs. Ces licenciements massifs confirment nos prévisions en ce qui concerne la privatisation progressive des services de cantine et de nettoyage sur la base de l’extinction des corps des TOS.

Sans tenir compte des Contrats Emplois Jeunes, le nombre total de licenciements dans l’Académie dépasse très largement les 1000 personnes. Et la situation est tout aussi dramatique dans les autres académies. Dans l’académie de Créteil, 1000 contractuels ne sont toujours pas réemployés sans parler des 2300 anciens vacataires. Dans celle de Versailles, aucun contractuel TOS n’a été réembauché. Dans le Var, se sont 700 contractuels enseignants qui subissent la même situation. Partout les vacations servent à boucher momentanément les besoins mais cela ne tiendra pas au-delà des vacances de décembre vue la rigueur budgétaire.

Les causes de ces licenciements

Et pourtant les besoins sont toujours les mêmes dans les établissements. Mais le Ministère a pour objectif de restructurer rapidement son organisation interne et la gestion de ses salariés : polyvalence, mobilité, augmentation du temps de travail, fermeture de filières, augmentation des effectifs par classe... c’est le contenu du rapport Thélot qui annonce la prochaine Loi d’orientation pour l’Ecole.

Ces grands axes sont déjà expérimentés dans la plupart des Académies : TZR affectés sur poste, PLP envoyés sur des postes certifiés en collège et inversement, disparition d’emplois TOS annonçant la privatisation, postes remplacés par des heures supplémentaires, sureffectif dans les classes, fermeture de sections...

Ces méthodes de management permettent de se débarrasser de nombreux précaires. Mais cela ne saurait palier aux besoins minimum dans les établissements, entre autre sur la question des remplacements. La tension va donc se développer sur cette question dans les semaines qui suivent et les élèves sont les victimes de ces choix politiques.

C’est pourquoi les syndicats Sud éducation appellent l’ensemble des salariés de l’éducation à se mobiliser pour imposer le réemploi de tous les personnels précaires et leur titularisation. Dans plusieurs académies des intersyndicales ont lancé des mobilisations comme en Région parisienne, dans l’Académie de Toulouse ou de Lille. Mais nous devons aussi faire avec la passivité et les logiques d’appareil des syndicats institutionnels. Alors que le gouvernement vient d’annoncer 5500 nouvelles suppressions d’emplois d’enseignants dans le secondaire pour la prochaine rentrée, nous devons réagir sans plus attendre.

Sud éducation Toulouse.

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