Lutte contre le CPE

Salariés de l’éducation nationale nous sommes concernés
jeudi 13 avril 2006
mis à jour jeudi 13 juillet 2006

Notre implication dans le mouvement pour le retrait du CPE ne pouvait relever du seul soutien de principe aux étudiants mobilisés. C’était bien plus que cela. Nous étions directement concernés souvent comme parents, mais également comme enseignants et comme salariés.

Ils veulent des jeunes dociles, nous travaillons à l’émancipation de la jeunesse.

En généralisant de telles conditions d’accès à l’emploi, le gouvernement entendait transformer le système éducatif, en fabrique de « viande à CPE ». Toutes les réformes éducatives en cours sont en effet indissociables de la déstructuration du marché du travail : sélection précoce, réduction de l’offre scolaire à un « socle commun de connaissances » et évaluation du comportement constituent autant de préparations à la flexibilité, à la polyvalence et à la docilité attendues des futurs travailleurs précaires. Imaginons l’aubaine pour le patronat qu’aurait constitué le CPE face à nos élèves de lycées professionnels. L’idée que nous défendons de l’enseignement laïque est à l’inverse de la fabrique de la soumission qu’aurait crée le CPE. Elle est au contraire celle d’une formation polytechnique pour toutes et tous, qui développe l’esprit critique et permette à chacun d’être l’acteur de sa propre vie.

Nous sommes concernés comme salariés de l’éducation nationale.

Notre ministère est le premier employeur de salariés précaires de ce pays. C’est le cas de 30% des personnels TOS, réduits aux très bas salaires et privés de réelles perspectives de titularisation. Et ce n’est qu’un début puisque décentralisation et privatisation rampante signifient toujours moins de postes. Même précarité du côté de la Vie Scolaire : les MI/SE, qui avaient un véritable statut, ont été remplacés par des précaires puis par plus précaires encore. Chez les enseignants, en deux rentrées seulement, l’Education nationale a licencié 17 000 contractuels et vacataires. Autrement dit, un plan de licenciement qui n’a aucun équivalent dans le privé et qui est passé presque inaperçu du fait de l’invisibilité sociale produite par le précariat. Une invisibilité que l’Education nationale exploite depuis des décennies en n’offrant à nos collègues aucune autre perspective de titularisation que le concours couperet... alors que les postes ouverts diminuent d’années en années et que certains concours internes sont purement et simplement supprimés. Enfin, les travailleurs de l’Education nationale ont d’autant moins vocation à accompagner les projets réactionnaires de précarisation de la jeunesse qu’ils auront des conséquences désastreuses sur nos conditions de travail : multivalence, déqualification et précarisation des nouveaux collègues, baisse des rémunérations et accroissement du temps de présence, pressions hiérarchiques accrues, pédagogie axée sur les exigences à court terme du « bassin d’emploi » et démotivation des élèves accompagneront inévitablement l’école de la précarité qu’on nous prépare. Car pour former des jeunes voués à la précarité, et à la nécessité de se « former tout au long de la vie » pour s’adapter à leurs frais aux fluctuations du marché du travail, il n’est nul besoin d’investir massivement dans le système éducatif de base... et encore moins dans son personnel.

D’abord on casse le Code du travail, ensuite le statut de la Fonction Publique.

Créer un écart important entre le droit du travail dans le secteur privé et le statut de la fonction publique, afin que ce dernier apparaisse rapidement comme un privilège au regard des « efforts concédés par les salariés du privé »... ce scénario a déjà bien fonctionné sur le dossier des retraites. En 1993 la période de cotisation des salariés du privé a été portée à 40 annuités pour une retraite pleine. En 2003, les casseurs de 1993 ont pu prendre prétexte de la différence avec les retraites des fonctionnaires pour porter la période de cotisation de ces derniers à 40 annuités... et imposer deux années de plus aux salariés du privé ainsi que le réexamen de la chose en 2008. Et tout cela au nom de l’équité.

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Nous sommes donc nécessairement parties prenantes dans la bataille initiée par la jeunesse, car :
- Imposer le retrait de la loi sur l’égalité des chances, dont les premières mesures consistent à diriger les enfants des milieux populaires vers l’apprentissage dès 14 ans et à autoriser le travail de nuit à partir de 15 ans, c’est gagner contre l’imposture faite à la jeunesse de ce pays.
- Imposer le retrait du CNE, c’est refuser la précarisation de nos vies et la mise en concurrence généralisée des salariés.
- Le retrait du CPE rouvre des perspectives de luttes contre la précarité dans l’Education nationale et dans l’ensemble du monde du travail.

Sud éducation Puy-de-Dôme

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