Lycée professionnel (LP) : politique régionale et marchandisation

Par Sud Éducation Vendée
lundi 27 octobre 2008

Compte rendu de la visite de Bernard Violain [1] au lycée Branly à la roche sur Yon du 2 octobre 2008

Le conseil régional a rappelé les investissements importants qu’il a effectués dans les LP depuis l’arrivée de la gauche au Conseil Régional : 9 millions d’euros soit 62 % du budget de la formation professionnelle de la région.

Des conventions ont été signées avec le rectorat, qui permettront de stabiliser la carte des formations au cours des trois prochaines années : gel des fermetures de sections ? Ouverture de nouvelles sections ? Une convention a été également signée avec l’enseignement privé. Celle-ci prévoit qu’il ne pourra pas y avoir d’ouvertures de sections dans les bassins où existe l’équivalent dans l’enseignement public.

La région souhaite également limiter le nombre d’apprentis à 32 000 dans la région. Raison invoquée : le désengagement de l’État dans le financement des CFA (centre de formation des apprentis). Les Régions doivent maintenant prendre en charge la rémunération des enseignants et autres personnels.

Favorable à un service public d’éducation nationale, la région propose de transférer les compétences des CFA au sein des lycées professionnels (LP) et des établissements régionaux d’enseignement adapté (EREA). Ces derniers devront accueillir des publics de tout âge, et de tout niveau (jeune en formation initiale, apprentis, adulte en formation continue/alternanc, etc.). Les lycées seraient ainsi labellisées « établissement de formation tout au long de la vie » qui n’est qu’une variante des lycées des métiers.

Bernard Violain justifie aussi cette évolution par l’apparition d’officines privées dans le secteur de la formation professionnelle. Veolia a ainsi ouvert un centre de formation pour adultes de 400 places dans un lycée nantais. A terme se profile la disparition des lycées (formation initiale) au profit de la formation en alternance. Cela aura pour autre conséquence la disparition des diplômes nationaux.

Se transformer ou mourir

Telle est la perspective des lycées professionnels (LP) et des Établissements Régionaux d’Enseignement Adapté (EREA) selon le conseil régional. Face à la concurrence, il faut donc s’adapter…

Les transformations nécessaires à cette adaptation sont clairement décrites dans le Projet Annuel de Performance Académique 2008 – 2009 (PAPA). Celui-ci s’intègre dans la loi relative aux finances du 1er août 2001 (la LOLF). C’est une réelle mise en concurrence des académies avec publication annuelle des résultats de ces plans comparant les performances de notre académie aux chiffres nationaux. Les objectifs du PAPA vont dans le sens des réformes en cours avec notamment le développement des bacs pro en 3 ans pour soi disant conduire le plus grand nombre de jeunes au niveau IV.

SUD éducation dénonce depuis 10 ans la marchandisation de l’éducation. Nos établissements ne doivent pas devenir une école sous-traitante des entreprises et il y a nécessité de se mobiliser pour maintenir et renforcer la formation initiale dans les lycées professionnels. Ne pas posséder une formation initiale suffisante empêche tout individu d’avoir les capacités pour pouvoir apprendre par la suite, d’évoluer dans son métier. Par ailleurs, comment dispenser un enseignement, dans une même classe, à des publics qui auront un statut différent (élèves, apprentis, adultes) ? À notre connaissance, les expériences allant dans ce sens en Vendée se sont toutes soldées par des échecs. La formation « tout au long de la vie » doit être assurée par des centres de formation publics avec un personnel ayant un véritable statut.

Plus que jamais, réaffirmons que l’éducation n’est ni une marchandise, ni une entreprise.


[1Bernard Violain est vice président du conseil régional chargé de la commission Éducation enseignement supérieur

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