MA reçus au CAPES... et licenciés

 septembre 2001
mis à jour dimanche 3 avril 2005

On peut avoir enseigné une matière pendant très longtemps comme MA, être reçu au concours et se retrouver... licencié pour inaptitude pédagogique !

C’est ce qui est arrivé en juin 2000 à Bernard Patois, maître auxiliaire depuis 20 ans, reçu au Capes réservé d’anglais... et licencié sur avis défavorable de l’inspecteur. Il est aujourd’hui maître auxiliaire en documentation., et Sud-Education continue le combat pour sa titularisation dans sa discipline, comme le combat continue pour Jean-Michel Robbe, reçu au Capes de sciences économiques, licencié et aujourd’hui au chômage.

Cette année encore, de nombreux jury académiques délibérant sur des dossiers ne comportant que des rapports d’inspection de l’année en cours, ont pris cette décision ubuesque, mais réglementaire. Voici quelques uns des cas dont a eu connaissance SUD éducation et pour lesquels nous continuons à nous battre.

A Besançon

Kofi Akomiah, d’origine ghanéenne, enseigne la philosophie depuis 1988 dans l’Académie. Il a été Maître Auxiliaire de 1988 à 1999. Durant cette période, il a été reçu au concours réservé en 1997, mais son admission a été annulée car il n’avait pas encore la nationalité française. Il a également été admissible en 1998, mais n’a pu se présenter aux épreuves d’admission car le décret de naturalisation n’avait pas été publié... L’année suivante (1999), après publication dudit décret, il a, à nouveau, été reçu au même concours. Après deux années passées à enseigner à Vesoul puis à Belfort comme certifié stagiaire, il a été avisé par le rectorat d’un refus de titularisation . La raison avancée est l’avis défavorable émis par l’inspecteur pédagogique de philosophie.

Nicolas Noziel, d’origine centrafricaine, a 14 ans d’ancienneté comme enseignant d’Anglais dans l’Académie de Besançon. Reçu en 1999 au concours réservé, il a été avisé d’un refus de titularisation. Motif : "décision du jury académique", alors même que l’inspecteur a certifié, par écrit, qu’il avait donné un avis favorable.

Après mobilisation, rassemblements tous les mercredi au rectorat et multiples audiences, le "licenciement" annoncé fin juin s’est transformé en poste de contractuel, puis en retour parmi les MA garantis de réemploi, mais en documentation et comme CPE, pas dans leur discipline... En tout cas pas encore, car le rectorat s’est engagé à leur donner des heures dans leur discipline en cours d’année. Les inspecteurs renâclent, donc on les ménage...Un comité "justice pour Kofi et Nicolas" continue à exiger la titularisation de ces deux collègues.

A Bordeaux

Eugène Loubelo, d’origine congolaise, 17 ans d’ancienneté, était licencié en juin après une seule année de stage. Une mobilisation a obligé le Ministère à lui accorder une deuxième année de stage dans une académie de son choix.

Dans la Somme

Bruno Dailly, 17 ans d’ancienneté en Anglais et Azzedine Touil, 15 ans d’ancienneté en Eco-Gestion, ont pareillement été menacés d’être licenciés. Une mobilisation a permis d’obtenir qu’ils soient réemployés comme MA (documentation et CPE). Le premier, bien que souffrant d’un handicap, a été affecté à 200 km de son domicile. La mobilisation - un piquet tous les mercredis au rectorat -continue pour leur titularisation.

D’autres cas de stagiaires certifiés et PLP, ex-MA, licenciés puis repris comme MA lorsque la solidarité a été organisée, existent, notamment en région parisienne.

N’hésitez pas à contacter les syndicats SUD éducation si vous êtes dans la même situation.

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