Méditer les leçons et organiser la résistance

8 pages fédéral spécial CPE
 juillet 2002
mis à jour samedi 12 novembre 2005

Sommaire

- DOSSIER ARTT

  • Une lutte qui fera date
  • Historique d’une lutte à rebondissement
  • Réduction du temps de travail : Le combat continue !

- PLATE-FORME REVENDICATIVE

  • Statut enseignant pour les CPE
  • Un emploi du temps sur 31+4h !
  • Pour une école égalitaire, formatrice et émancipatrice
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8 pages spécial CPE

Edito

Aujourd’hui, les derniers événements laissent clairement penser que nous ne bénéficierons pas de la réduction de temps de travail espérée. Et c’est une grande amertume que ressentent les CPE, et particulièrement celles et ceux qui se sont engagé(e)s dans la lutte. Cette revendication (et celle de créations de postes qui en découle) reste, en effet, une aspiration profonde et urgente, tant la situation dans les établissements continue à se dégrader.

Appelons un chat un chat, cette défaite découle principalement de la calamiteuse tactique des syndicats actuellement majoritaires, toute pétrie d’attentisme confinant à l’immobilité, de dissimulation et de duplicité (que l’on relise donc leurs déclarations offensives de l’automne 2001 et que l’on compare à ce qu’ils ont signé !). Ils ont gâché une chance historique en ne sachant tirer aucun avantage d’une combativité sans précédent. Plutôt que de se mettre au service de la lutte et de travailler à sa jonction avec les autres travailleurs de la fonction publique soumis au décret Sapin, ils ont préféré s’enliser, par deux fois et avec une belle constance, dans les marécages de négociations bureaucratiques.

Leur nature co-gestionnaire et leurs querelles de boutiques (nous renvoyons les collègues à l’examen des votes au CTPM du 2 mai où le jeu a été de voter contre les amendements des autres) les ont voués à cette défaite en rase campagne. Mais les masques de radicalité sont tombés et nombre d’illusions sur leur capacité à défendre les personnels au quotidien sont parties en fumée : les CPE, y compris les adhérents de base de ces organisations dont l’écho du trouble est très fort, sauront en tirer les leçons.

Cependant, les cendres sont encore chaudes et l’automne pourrait être socialement animé.

Le nouveau gouvernement, bien frotté des idées de l’extrême droite, commence à vider son sac de mesures anti-sociales. L’offensive contre la fonction publique a commencé. On ne remplacera plus systématiquement les départs et on attaque le droit de grève. Et attention aussi à nos retraites : notre RTT est déjà passée à l’as, à quand les 40 annuités et la capitalisation ?

On criminalise, et parfois on assassine, la jeunesse populaire, ces jeunes qui ne sont autres que nos élèves en difficultés sociales et scolaires. Au contraire, c’est l’urgence sociale et éducative qu’il faudrait décréter. Nul doute que l’on cherchera à infléchir notre profession vers le flicage et le tout-sécuritaire.

Au sein de l’Education nationale, l’éternel Ferry, ancienne éminence grise des ministres socialistes, dissimule mal ses intentions de continuer la casse. Mais des chantiers de lutte sont ouverts. Les conseillères et conseillers d’orientation-psychologues sont dans une situation analogue à la nôtre. Les ATOSS, comme d’autres catégories de travailleurs, constatent les effets amers de la fausse RTT que Raffarin veut " assouplir ", c’est à dire rendre encore plus favorable aux patrons (et à l’Etat patron). Les IDD et le Lycée des métiers (outre que les CPE auront à en subir les conséquences sur le terrain !), nouveaux outils de démantèlement du service public d’éducation, vont se mettre en place et devront faire face à un profond courant critique. Les postes restent dramatiquement insuffisants comme l’on montré les luttes dans le premier degré. Et parions que le cher Ferry nous réservent encore quelques surprises...

Ce que l’on découvre ne peut que nous inciter à une vraie résistance, c’est à dire tout le contraire d’un lamentable accompagnement des mesures libérales. Dans un tel mouvement, les CPE, forts de leur expérience de lutte, doivent trouver, de manière unitaire et démocratique, toute leur place et faire entendre leur voix.

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