Mobilisation contre le CPE et la précarité : Quel bilan, quelles perspectives ?

dimanche 27 août 2006
mis à jour mercredi 30 août 2006

1) Plusieurs semaines de mobilisation et de grèves dans la jeunesse scolarisée, ayant gagné le soutien massif et unitaire des salariés et des organisations syndicales, ont obligé le gouvernement Villepin à reculer et à retirer le CPE.

C’est le premier enseignement : une lutte déterminée, menée avec le soutien des organisations syndicales unies a fait reculer un gouvernement intransigeant.

Cette victoire, même partielle (C.N.E. maintenu, comme les autres aspects de la Loi sur « l’Egalité des Chances »), peut constituer un point d’appui pour les mobilisations et les luttes à venir.

2) Cette victoire est avant tout le résultat de l’exceptionnelle mobilisation de la jeunesse. Plusieurs semaines de grève reconduite, avec une forte détermination (manifestations nombreuses, blocages, actions coup de poing, humoristiques et festives...), mais aussi une auto-organisation démocratique du mouvement (assemblées générales massives et souveraines, coordination nationale avec délégué(e)s représentant les facs et les lycées en grève) sont les principales caractéristiques de la force de ce mouvement.

C’est le deuxième point du bilan.

3) La mobilisation auto organisée de la jeunesse a entraîné les salarié-e-s et leurs organisations syndicales dans la lutte.

L’unité ainsi réalisée a permis à plusieurs reprises d’immenses manifestations, la création d’un véritable rapport de forces et a contraint le gouvernement à reculer sur un point.

Dans la construction d’un rapport de forces, pour mettre un coup d’arrêt à l’offensive du gouvernement et du patronat, l’unité des salariés et des organisations syndicales dans et pour la mobilisation joue un rôle essentiel : c’est le 3ème enseignement.

L’unité a un effet d’entraînement parce qu’elle donne confiance aux salariés dans la possibilité de l’emporter. La dynamique unitaire doit être mise au service de lutte et non devenir un prétexte pour la freiner et la bloquer.
La recherche de l’unité ne doit pas masquer que, dans la phase de construction du rapport de forces, il existe une importante diversité dans les niveaux de mobilisation.
Dans la mobilisation du début 2006, c’est bien la coordination des universités et des lycées en grève qui avait en premier lieu la légitimité pour négocier au nom du mouvement.

Que les grandes organisations syndicales de salariés se soient substituées à la Coordination est révélateur des limites que ces organisations souhaitaient donner à la mobilisation...

4) Parmi les salariés, la participation aux manifestations est allée croissant à partir du 7 mars et elle a culminé les 28 mars et 4 avril, révélant le rejet massif de la précarisation généralisée et, au-delà, le rejet de la politique du gouvernement Chirac-Villepin.

Cependant, cette mobilisation ne s’est pas traduite par des grèves massives, ni par une auto-organisation (les AG interpro. ont été très rares), qui auraient permis un débordement des appareils syndicaux.

5) Pour une mobilisation générale, unitaire, contre la précarité :

Le C.P.E. est retiré, mais la précarisation des personnels se poursuit, la volonté de détruire les droits et statuts des salariés aussi.

Il reste le C.N.E., pièce maîtresse de ce dispositif, qui est la même chose que le CPE dans les entreprises de moins de 20 salariés, qui sont déjà les entreprises dans lesquelles les salariés sont le plus mal défendus.

Il reste les autres aspects de la Loi sur l’égalité des chances : apprentissage à 14 ans, travail de nuit dès 15 ans, suppression des allocations familiales pour les jeunes en difficulté sociale et scolaire.

La Fédération et les syndicats SUD Education engagent une campagne contre la précarisation dans l’Education Nationale et, plus largement, dans le salariat. Ils appellent à la construction d’un Collectif Unitaire contre la Précarisation du Salariat.

SUD éducation demande à l’Union Syndicale Solidaires, à ses syndicats, ses groupes locaux, de s’engager dans la même démarche.

6) Aujourd’hui, le gouvernement veut faire payer au prix fort son recul : la répression qui s’abat sur la jeunesse est intolérable.

Certains jeunes militants en pointe dans l’organisation du mouvement sont traduits devant les tribunaux pour leur action dans la grève. Plusieurs milliers de jeunes ont été arrêtés, des centaines de procédures judiciaires snt engagées, entraînant souvent des condamnations lourdes (prison ferme, sursis, peines d’intérêt général). Nous ne devons pas les laisser isolés. Il ne s’agit pas de délinquants, mais d’un mouvement social légitime.

Non à la répression du mouvement social,

abandon des poursuites et amnistie pour tous.

Texte adopté par le Conseil Fédéral de SUD Education des 15 et 16 juin 2006.

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