« Mon fils a le droit d’aller à l’école comme tout le monde ! »

Exploités, incendiés, expulsés
lundi 17 octobre 2005
mis à jour samedi 21 janvier 2006

La rentrée s’est bien passée à 99% déclarait le ministre de Robien. Le fils de monsieur Coulibaly, qui faisait partie des squatters de la rue de la Fraternité expulsés le jour de la rentrée faisait sans doute partie des 1% restant...

En effet, après avoir bloqué les deux extrémités de la rue, les CRS ont fait sortir tous les occupants d’un petit immeuble où résidaient 18 familles africaines, dont une trentaine d’enfants. Ces derniers ont ainsi passé le jour de la rentrée dans un square après que leurs parents aient refusé d’être hébergés dans des hôtels Formule 1 de banlieue ; hébergement très provisoire, d’une semaine et demie maximum, sans aucune assurance de relogement et donc de scolarisation pour leurs enfants. Rue de la Tombe Issoire non plus, les enfants n’ont jamais rejoint leurs écoles : la police les a coincés dans l’immeuble où ils habitaient, avant de les évacuer avec leurs familles vers trois hôtels de la périphérie.

L’obligation scolaire jusqu’à seize ans pour tous les enfants présents sur le territoire est pourtant inscrite dans la loi.
Programmer l’expulsion d’enfants en âge d’être scolarisés précisément le jour de la rentrée, n’est-ce pas clairement signifier qu’en France la loi n’existe désormais que pour certains ?

« Je suis très révolté contre Sarkozy, a déclaré N’Denim Coulibaly... Nous avons été expulsés le jour de la rentrée. Mon fils a le droit d’aller à l’école comme tout le monde. »
En France, « pays des droits de l’Homme », cinq immeubles insalubres ont brûlé en quatre mois. à Paris, la ville lumière, une cinquantaine de personnes, dont une majorité d’enfants, sont mortes... toutes d’origine africaine. Depuis, des hommes, des femmes et des enfants sont brutalement jetés à la rue sous prétexte de prévenir de nouveaux drames. Chaque jour, des squats, des hôtels meublés, des logements modestes sont vidés de leurs occupants. Dans les immeubles vétustes de la capitale les habitants ont peur d’une expulsion imminente, peur aussi d’un incendie criminel. Des tours de garde s’organisent, car tous savent que les propriétaires de leurs immeubles en tireront de substantiels bénéfices après réhabilitation...s’ils réussissent à en expulser les occupants. Les incendies tombent donc à pic pour les spéculateurs, mais aussi pour Sarkozy. « Voilà ce qui arrive lorsqu’on accueille des gens pour qui on n’a ni travail, ni hébergement » a-t-il déclaré avant d’engager ses forces de police dans l’éradication immédiate des « immeubles insalubres » d’Ile-de-France, et dans de nouvelles rafles de sans papiers. Alors qu’on recense au moins 136000 logements vacants à Paris, notre ministre de l’Intérieur choisit de prêter main forte à ses amis promoteurs. Quant à tous ceux qui se retrouvent SDF, leur sort importe peu ! S’ils ont des papiers, ils vont grossir sans beaucoup d’espoir la liste interminable des demandeurs de logement, et devoir se débrouiller pour ne pas dormir dans la rue. S’ils sont sans papiers, Sarkozy a pour eux une solution expéditive.

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