Motion d’actualité Immigration-Sans-papiers

Congrès SOLIDAIRES 3-5 juin Saint Jean de Mont
samedi 14 juin 2008

La France a fait du thème des migrations l’une des priorités de la présidence française de l’Union Européenne du second semestre 2008. L’Europe se transforme en une véritable forteresse et met en oeuvre des moyens démesurés pour empêcher l’accès à son territoire et expulser les Sans-Papiers. Le caractère essentiellement sécuritaire du traitement des flux migratoires entraîne des milliers de morts, et les choix économiques mis en oeuvre maintiennent le continent africain en marge du développement.

En France, comme dans toute l’Europe, des femmes, des hommes et des enfants vivent dans la peur quotidienne d’être arrêtés, puis enfermés dans un Centre de Rétention avant d’être expulsés, simplement pour un défaut de papier.

Depuis deux mois, des centaines de travailleuses et de travailleurs sans papiers expriment par la grève une revendication fondamentale, le droit de vivre dignement et sereinement dans le pays où ils travaillent.
Ils participent à l’économie du pays et ils accroissent la richesse produite. Ils cotisent à la Sécurité Sociale mais n’ont pas le droit de tomber malade, ils cotisent à l’UNEDIC mais n’ont pas droit aux indemnités chômage, ils cotisent aux caisses de retraite mais ne pourront en bénéficier, ils payent des impôts mais ne peuvent accéder à la citoyenneté.

Le gouvernement n’ignore pas que les Sans-papiers travaillent pour survivre. Ils sont des milliers dans la restauration, l’hôtellerie, l’agriculture, le bâtiment, l’aide à la personne, le gardiennage… Leurs conditions d’exploitation tirent l’ensemble des salaires et des droits sociaux de ces secteurs vers le bas. Les autorisations de travail sont soumises au bon vouloir des préfets sur la base d’une liste de métiers très réduite et qui dépend de l’origine du demandeur. Travailleurs illégaux, dans une totale dépendance vis à vis de leurs patrons, ils sont confrontés à la précarité, la surexploitation et le non-droit. La politique du gouvernement en matière d’immigration s’inscrit délibérément dans une perspective utilitariste. N’est acceptable que l’étranger perçu comme rentable pour l’économie française. Cette logique s’inscrit dans la logique libérale qui tend à imposer flexibilité et précarité à l’ensemble du salariat.
Il faut en finir avec l’arbitraire et l’insécurité sociale qui entretiennent des conditions d’exploitation inacceptables. Laisser perdurer les inégalités entre travailleurs, c’est affaiblir l’ensemble du monde du travail.

De plus, pour imposer sa politique xénophobe, le gouvernement tente d’enrôler les agents des Services Publics (Inspection du Travail, Assedic, ANPE, Sécurité Sociale, Travailleurs Sociaux, Education Nationale, La Poste…) dans le contrôle policier des étrangers.
Une telle approche de l’immigration favorise la montée de la xénophobie, du racisme, de l’exclusion, et par réaction, des communautarismes.

Le 4ème Congrès de l’Union Syndicale SOLIDAIRES appelle l’ensemble de ses syndicats et fédérations à renforcer les pôles unitaires existants (UCIJ, RESF, RUSF) dans la lutte contre la politique xénophobe du gouvernement à l’égard des Sans-papiers et des demandeurs d’asile.
Nous nous engageons collectivement à faire de la lutte des travailleurs sans papiers pour leur régularisation l’une de nos priorités, afin d’y jouer un rôle moteur, d’intervenir dans un sens anti-utilitariste et pour l’égalité au travail.

Dans l’unité, il faut mettre notre syndicalisme au service du renforcement de ces luttes dans chaque département :

- Constatant l’épuisement des militant-es et l’efficacité limitée d’un certain nombre d’actions, il est nécessaire que l’Union Syndicale SOLIDAIRES dresse le bilan de son implication dans ces luttes.

- Les Syndicats et fédérations de l’Union SOLIDAIRES se donneront les moyens de renforcer les équipes locales investies sur cet enjeu, en dégageant du temps et des militants (par le biais de décharges syndicales par exemple)

- Partout où ce sera nécessaire, des permanences interprofessionnelles spéciales « Travailleurs Sans-papiers » seront mises en place au niveau des SOLIDAIRES locaux, en lien avec les Associations de défense des immigrés, les Collectifs de Sans-papiers, les Réseaux locaux…

- Les syndicats et fédérations de l’Union Syndicale SOLIDAIRES participeront à la commission interprofessionnelle « Immigration – Sans-papiers » chargée de faire la liaison entre les activités des syndicats sur cette problématique. Cette commission aura pour tâches principales de produire des textes d’analyse, de réflexion et de formation ainsi que de développer un stage annuel « SOLIDAIRES - IMMIGRATION » auquel chaque syndicaliste de SOLIDAIRES pourra participer et où seront invités l’ensemble des intervenants de l’Union Syndicale et de ses partenaires sur cette question.


Le soutien à la lutte des sans papiers est la garantie d’un renforcement de la capacité de lutte de l’ensemble des travailleurs.

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