Motion d’actualité du Conseil fédéral de SUD éducation

30 et 31 janvier 2020
vendredi 31 janvier 2020

Depuis le 5 décembre, un mouvement d’opposition d’une ampleur inédite depuis des décennies s’est construit contre le projet de casse des retraites. Des luttes sectorielles s’opposent à la politique anti-sociale de ce gouvernement. Notre secteur s’est engagé avec les secteurs en pointe, comme la SNCF et la RATP. Cette mobilisation montre que la grève, sa reconduction et sa généralisation, grâce au syndicalisme de lutte, sont en mesure de faire vaciller le pouvoir.

Dans le secteur de l’éducation, les annonces sur la revalorisation compensatoire des enseignant-e-s sont l’occasion pour le ministre de remettre sur la table différentes mesures de démantèlement du statut des enseignant-e-s : réduction des congés, multiplication des missions, annualisation du temps de travail… Ces mesures s’ajoutent à la casse du statut prévue avec la loi de transformation de la Fonction publique qui détruit les instances paritaires et permet les suppressions de postes annoncées pour la rentrée 2020. SUD éducation exige toujours la nécessaire revalorisation des salaires et qu’elle se fasse sans condition.

Pour SUD éducation, il s’agit de gagner sur la revendication centrale de la mobilisation : le retrait pur et simple du projet Macron-Delevoye. Le Conseil d’État a infligé un désaveu cinglant au gouvernement, tant le projet de loi est bancal. Affaibli, Macron a affirmé sa détermination à mener sa réforme des retraites jusqu’au bout. Faisons plier ce gouvernement et exigeons avec fermeté et détermination le retrait de cette réforme qui n’est ni amendable ni négociable.

Nous restons convaincu-e-s que la grève générale reconductible est la stratégie pour gagner. Cependant, la généralisation d’une grève ne se fonde pas sur la seule efficacité d’un appel, aussi justifié et argumenté soit-il. Elle s’appuie avant toute chose sur un travail de mobilisation de terrain indispensable : organisation de tournées, d’assemblées générales et de réunion des personnels sur les lieux de travail. Elle se construit sur la base de mouvements concrets, de luttes, même ponctuelles, qui entretiennent une dynamique faite d’expériences encourageant et affermissant la détermination de celles et ceux qui y participent. Il ne se passe pas de jour où, même dans de petites communes, des arrêts de travail, des blocages, des manifestations ne démontrent la détermination du mouvement de résistance. La créativité et la pluralité des formes de lutte s’articulent avec la construction de la grève.

La journée du 5 décembre a été décisive dans le démarrage de la mobilisation. Ce fut le moment où des salarié-es qui ne participaient pas ou plus aux conflits sociaux sont entré-e-s dans la lutte et ont vécu l’expérience de la solidarité et du refus de la fatalité.

C’est cette dynamique qu’il faut réactiver par un acte symbolique assez fort pour impulser le passage à une étape supérieure du mouvement. Pour cela, SUD éducation portera à toutes les échelles la proposition de manifestations régionales massives, un jour en semaine pour permettre aux grévistes de se rassembler et faire en sorte que cette journée soit l’acte d’entrée dans la phase victorieuse de cette lutte.

Pour gagner, haussons encore d’un cran le rapport de force !

De plus, il nous semble incontournable de se saisir du contexte électoral et des discussions menées au parlement pour exercer une pression continue sur les parlementaires et les candidat-es aux élections municipales, notamment celles et ceux soutenu-e-s par LREM.

Localement, les équipes militantes SUD éducation ont toujours construit l’auto-organisation des personnels en défendant les AG. Elles ont largement participé, notamment pendant les fêtes de fin d’année, à la construction des convergences interprofessionnelles nécessaires pour que les équipes de la SNCF et de la RATP tiennent le coup. SUD éducation a été moteur dans l’intersyndicale nationale, en proposant à de nombreuses reprises la rédaction de communiqués, et en proposant du matériel très régulièrement pour aider à l’animation de la grève. De manière générale et aux différentes échelles, SUD éducation et Solidaires, se sont montrés déterminants dans la lutte. Il s’agit maintenant de renforcer cet outil qu’est le syndicalisme de lutte pour être plus fort-e-s toutes et tous ensemble.

Cette réforme marque une nouvelle régression sociale pour les femmes et va accentuer les inégalités femmes-hommes. L’urgence est à renforcer les luttes contre les violences sexistes et sexuelles. La perspective de la construction des mobilisations du dimanche 8 mars sera l’occasion pour notre fédération, avec l’Union syndicale Solidaires, de remettre ces thématiques au cœur de l’actualité sociale.
Enfin, les mobilisations contre les réformes Blanquer et Vidal restent au cœur de notre activité syndicale, notamment par le biais de la lutte contre les suppressions de postes, les évaluations nationales, la mise en place des E3C, Parcoursup et la loi pluriannuelle de programmation de la recherche. SUD éducation s’implique dans la coordination des facs et des labos en lutte.

La seule réponse à nos mobilisations est uniquement la répression du mouvement social qui s’abat sur les lycéen-ne-s et les grévistes. Face à cette violence, nous continuerons à lutter sans relâche contre l’autoritarisme, la précarité, les projets nuisibles au climat, les atteintes aux libertés publiques. Nous défendrons toutes les conquêtes sociales, le droit à l’éducation et à la formation sans condition de statut ou de nationalité, les services publics, les droits des travailleurs et travailleuses. Gagner contre ce gouvernement permettra aussi et surtout de déboucher sur une victoire plus générale, pour la justice sociale et écologique.

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