NI KARCHER NI CHARTERS !

samedi 2 septembre 2006
mis à jour mardi 31 octobre 2006

« Cette République est celle de tous les enfants, pour que chacun puisse grandir en se disant la République doit m’aider à réaliser mon rêve. » Cette déclaration de Villepin, Premier ministre de ce gouvernement, en visite à Evreux pour illustrer sur le terrain la politique du gouvernement en matière d’égalité des chances, s’adressant aux enfants rassemblés devant la mairie, est un mensonge. “Cette République” n’est pas “celle de tous les enfants”. Pas celle d’Abdallah, d’Aminata D., d’Aminata S., honteusement expulsés cet été, pas celle de tous ces enfants qui sont ou seront rejetés hors de France.

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Cette rentrée scolaire ne sera pas comme les autres. Elle sera différente parce que des chaises seront vides dans les écoles, les collèges, les lycées. Les absents seront moins nombreux que prévus et annoncés par Sarkozy. Grâce à la mobilisation sans précédent d’enseignants, de parents, d’élèves et de certains élus, son tableau de chasse est resté presque vide. Mais c’est déjà beaucoup trop. La politique de ce gouvernement contre les sans papiers et leurs enfants est une honte, une faute morale, mais aussi une absurdité dont la prétention au « bon sens » cache mal les ressorts nauséeux. Car ceux qui les accusent de tous les maux se gardent bien d’apporter la moindre preuve, et pour cause ! Nos problèmes ne viennent pas des personnes sans papiers mais des exploiteurs de travail clandestin, des marchands de sommeil, des forces de répression et de tous les trafiquants de misère qui tirent profit de la terreur administrative artificiellement créée par le ministère de l’Intérieur.

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Notre problème, en pleine chasse à l’enfant, c’est surtout le silence assourdissant du ministre de l’Education, ministre de tous les élèves du pays. Les enseignants ne peuvent se taire. Ils ne peuvent pas oublier que leur mission est d’être, selon la belle expression de Piaget, “des éveilleurs d’intelligence et des éveilleurs de conscience”. Par les mots, nous enseignons les textes internationaux ratifiés par la France qui fondent nos valeurs : Déclaration universelle des droits de l’Homme, Conventions de Genève, Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant, Convention européenne des droits de l’Homme. Textes qui protègent, qui préservent les droits fondamentaux de chacun. Par leur mise en pratique, nous essayons de leur donner vie. Aussi nous pouvons, nous devons, dire et redire NON :
- quand un Etat envoie sa police rafler des enfants dans les écoles pour les emmener en centres de rétention ;
- quand des parents sont menottés comme des criminels devant leurs enfants ou se retrouvent piégés, arrêtés, en répondant à une simple convocation administrative ;
- quand dès leurs 18 ans, des jeunes formés dans nos écoles deviennent des “irréguliers” et se retrouvent traqués comme tels ;
- quand le ministère de l’Education nationale centralise informatiquement les données identitaires et comportementales de nos élèves, de la maternelle au lycée, afin de les communiquer à la police via les élus locaux.

C’est intolérable, inacceptable. Et nous devons le répéter, le clamer, comme enseignants, comme syndicalistes, comme citoyens, conscients de l’importance, de la nécessité du rassemblement de tous ceux qui veulent que ce pays devienne vraiment ce qu’il prétend être : le pays des droits de l’Homme. Le jour de la rentrée sera un jour de la honte pour ceux qui ont pensé, ordonné, exécuté ces actes moralement répugnants que sont les expulsions de nos élèves.

Saint-Denis le 30 août 2006

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