Ni acceptable, ni amendable : SUD éducation vote contre le projet de loi Blanquer !

Communiqué de la Fédération SUD éducation + Déclaration de SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires
samedi 13 octobre 2018
mis à jour lundi 15 octobre 2018

Lors du CSE du lundi 15 octobre, Jean-Michel Blanquer présente son projet de loi alors même qu’il écartait cette option lors de son arrivée au Ministère.

Cette loi, qui concentre les obsessions à la fois autoritaires et libérales du ministre et du gouvernement, prévoit des attaques frontales contre les statuts des enseignant-e-s et des CPE, une mainmise sur la formation des enseignant-e-s et des cadeaux à l’enseignement privé.

Pour SUD éducation, ce projet n’est ni amendable, ni acceptable. Il doit être combattu frontalement par les personnels.

Pour ces raisons, SUD éducation vote contre le projet de loi Blanquer et ne participe pas au jeu des amendements.

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Communiqué CSE 15 octobre

Vous trouverez dans cet article :
-ici le communiqué de presse de SUD éducation du mardi 9 octobre concernant le projet de loi Blanquer
-ci-dessous la déclaration liminaire de SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires au CSE du 15 octobre
-ci-dessous l’explication de vote de SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires concernant le CSE du 15 octobre

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Communiqué explication de vote projet Blanquer

Explication de vote de la fédération SUD éducation

Pour SUD éducation, chacune des dispositions de cette loi s’inscrit dans la continuité de la politique à la fois libérale et réactionnaire du ministre.
Ainsi, rendre obligatoire la scolarité dès trois ans, alors que la scolarisation des enfants entre 3 et 6 ans est déjà supérieure à 97 %, ne constitue qu’un affichage démagogique qui consiste surtout à à faire un cadeau de plus aux établissements privés qui sont à 80 % confessionnels puisque l’État augmentera en conséquence ses subventions versées par les communes aux écoles maternelles privées.
Par ailleurs nous espérons que cette extension de l’âge de scolarité permettra à tous les enfants quelle que soit leur nationalité ou leurs conditions d’hébergement d’accéder à ce droit élémentaire à la scolarité et que l’État fera enfin respecter ce droit. C’est en effet actuellement loin d’être le cas, puisque des communes refusent de scolariser des enfants au prétexte qu’ils ou elles habitent dans les hôtels sociaux ou des hébergements d’urgence. Des enfants allophones doivent attendre plusieurs semaines voir plusieurs mois dans certains départements pour être scolarisés au collège ou au lycée.
Le Ministre poursuit dans son obsession de l’évaluation à tous crins : il instaure une nouvelle instance bureaucratique, supposée évaluer “en toute indépendance” le système éducatif alors qu’elle sera “placée auprès du Ministre de l’Éducation Nationale”. On envisage bien avec une telle tutelle à quoi sera réduite l’indépendance de cette instance. La culture du résultat chère au ministre permettra d’instituer une école managériale qui distribuera les bons et les mauvais points aux équipes enseignantes avec :
• l’augmentation du nombre de postes à profil ;
• l’arbitraire et l’injustice des promotions ;
• la mise en place de la prime REP+ au mérite ;
• la mise en place d’évaluation des établissements et le projet de leur classement.

Il est très surprenant dans le contexte d’évaluation à tout crins de voir que les expérimentations pédagogiques voient leur cadre assoupli par rapport à l’existant, c’est une nouvelle fois une porte grande ouverte pour l’introduction par la force de méthodes pédagogiques douteuses, du type de la méthode de lecture d’Agir pour l’École que l’on a tenté d’imposer en fin d’année aux collègues de CP alors même qu’un rapport de l’IGEN remet clairement en question le bien fondé de cette méthode.

Cet assouplissement du droit à l’expérimentation profitera aux établissements privés auquel il est étendu et instaurera une concurrence accrue entre l’offre scolaire des établissements publics et privés.
Les ESPE sont réformées pour devenir des “Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat”, avec pour conséquence une reprise en main autoritaire par le Ministre de la formation des enseignant-e-s.
Le ministre prépare le terrain à une attaque frontale contre les statuts des CPE : le projet prévoit que ce statut particulier puisse être modifié simplement après avoir consulté le Conseil Supérieur de la Fonction Publique.
Le projet du Ministre prévoit également de confier aux Assistants d’Éducation des missions supplémentaires d’enseignement, une nouvelle fois, on n’hésite pas à exploiter les personnels plus précaires en flexibilisant leurs missions et leur temps de travail pour palier les suppressions de postes d’enseignant-e. Ceci constitue à la fois une attaque contre les droits et les missions des personnels enseignant-es et des AED. Sud éducation et Solidaires s’oppose au dumping social et salarial, entraînant la précarisation généralisée des personnels, à la casse des statuts et revendique que les personnels contractuels aient un niveau de rémunération correspondant au moins à celui des enseignant-e-s.
Enfin, le gouvernement sera autorisé à légiférer par ordonnance sur l’organisation territoriale de l’Éducation nationale. L’objectif poursuivi par le ministre est la destruction du service public d’enseignement unifié sur tout le territoire, au profit d’une mise en adéquation de la formation avec les besoins exprimés par le patronat.

La Fédération Sud Éducation et l’Union Syndicale Solidaires ne peuvent que voter contre ce projet de loi régressif, car il annonce la destruction de l’enseignement public et de l’éducation nationale ; les attaques contre les droits des personnels dans le projet de loi ne pourront jamais recueillir notre adhésion, nous refuserons toujours de négocier le poids des chaînes et le recul social.

Déclaration liminaire de SUD éducation

Monsieur le Ministre,

Depuis plus d’un an, la politique que vous menez n’est qu’une succession d’attaques sans précédent contre le service public d’éducation, ses personnels et ses usagers.

Les réformes de ce gouvernement, que vous portez, sont celles d’un projet d’école libérale et réactionnaire qui visent à privatiser et démanteler le service public d’éducation et à faire de l’école un des rouages majeurs du tri social.
A cela vous ajouter, une série de mesures ou des annonces démagogiques et réactionnaires qui vous permettent des opérations de communications médiatiques à bon compte.
On se demande encore comment le port de l’uniforme à l’école et la rentrée en musique vont permettre de véritablement améliorer et renforcer les conditions d’apprentissages des élèves.
Les pratiques, les méthodes pédagogiques et les évaluations que vous prétendez généraliser en les imposant notamment en lecture et mathématiques, n’ont d’autres but que de formater les pratiques pédagogiques en dépossédant les enseignant-e-s de la conception de leurs enseignements et de leur liberté pédagogique.
Il semble, Monsieur le ministre, que vos objectifs principaux soient de satisfaire une partie de l’opinion en mal d’une école d’antan dont vous restaureriez l’autorité sous entendant au passage que les professionnels sur le terrain ne font rien, mal ou pas assez ce qui les fragilisent bien plus sûrement que les solutions que vous prétendez apporter en pointant des problèmes qui n’existent pas ou qui n’ont pas l’ampleur que vous prétendez qu’ils ont ou encore en recyclant des mesures qui existent déjà comme si elles étaient nouvelles. Une certaine idée de la fameuse confiance que vous porter à l’égard des personnels.
La promotion de l’école-entreprise avec l’introduction au coeur du système éducatif, d’officines et de lobbies privées ou de coaching scolaire qui prônent des pratiques éducatives managériales et les contractualisent, remettent en cause la neutralité du service public d’éducation et le statut des enseignant-es.
Des attaques contre les statuts qui s’inscrivent dans l’offensive d’ampleur menées par ce gouvernement contre les statuts et les droits des fonctionnaires.

Les réformes se succèdent et s’empilent. Tout se fait dans la précipitation avec des textes mal construits et non aboutis dont on constate rapidement l’incurie avant d’en éprouver à plus long terme les effets dévastateurs.

Les annonces et vos projets pour l’Éducation Nationale sont des plus inquiétant pour l’avenir des personnels, de leurs conditions de travail, ainsi que pour la réussite éducative de nos élèves.

La fusion des académies qu’avec l’Union syndicale Solidaires nous dénonçons va vers plus de territorialisation et vers une remise en cause des statuts, par l’éclatement des cadres de gestion.

A cela s’ajoute, Monsieur le ministre, comme nombre de vos prédécesseur-e-s, votre volonté annoncée de vouloir une nouvelle fois « repenser »la nouvelle carte de l’éducation prioritaire qui est prévue pour la rentrée 2019. Toutes les réformes de l’Éducation Prioritaire qui se sont succédées ont prétendu la repenser, mais force est de constater qu’avec le temps, les moyens se réduisent et les difficultés se creusent : la question des effectifs n’est toujours pas réglée, et vu les difficultés concentrées dans les classes les effectifs sont toujours trop importants ; les moyens humains ne sont pas à la hauteur de l’enjeu pour permettre de remédier aux difficultés scolaires de nos élèves ; où sont les enseignant.e.s spécilaisé.e.s dont nous avons besoin ? Nulle part, puisque vous continuer de saigner les RASED et de les détruire de façon méthodique. Nous ne nous faisons aucune illusion sur l’issue de la mission que vous avez confié à M. Mathiot, cela n’annonce rien de bon pour nos conditions de travail et pour les moyens à notre disposition pour permettre à nos élèves de progresser et réussir leur scolarité et de s’émanciper grâce aux savoirs acquis.

Sachez monsieur le ministre qu’un certain nombre d’AESH n’ont pas perçu leur traitement du mois de septembre, suite à des erreurs de la part de l’administration. Il a parfois été difficile d’obtenir des acomptes. Nous supposons que vous pouvez envisager aisément ce que cela signifie pour ces personnels qui sont d’ailleurs majoritairement des femmes et qui vivent avec 750 euros par mois, sous le seuil de pauvreté, de ne pas être payé-e-s pendant un mois.
La situation des AESH est d’ailleurs à l’image du non respect des droits à l’inclusion des enfants en situation de handicap qui pâtissent de cette situation parce qu’il manque du personnel, parce que le temps de constitution des dossiers par les MDPH dans certains département dépassent un an parce que l’État ne donnent pas les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants et adolescent-e-s en situation de handicap .

Face à toutes ces attaques libérales et réactionnaires, face à ses passages en force, l’heure est à la riposte et à la mobilisation, Sud Éducation et Solidaires appellent dès à présent les personnels quelque soit leur statut à s’organiser pour la défense d’une école publique, laïque, autogestionnaire et émancipatrice.

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la déclaration liminaire CSE

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