Non à la disparition des SEGPA !

Pétition des personnels du collège des Louvrais - Sud Education 95
mercredi 29 juin 2005
mis à jour dimanche 3 juillet 2005

NON À LA DESTRUCTION PROGRESSIVE DU SERVICE PUBLIC D’ÉDUCATION !

Les élèves et les enseignants des SEGPA du Val d’Oise ont appris avec stupéfaction et dégoût la fermeture des formations diplomantes dans 5 établissements du Val d’Oise :
- au collège des Touleuses à Cergy, EATEA (pressing)
- au collège les Louvrais à Pontoise, menuiserie
- au collège G Brassens à Persan, ETC
- au collège Epine Guyon à Franconville, ébénisterie.

Ces formations permettent à des élèves en très grosse difficulté scolaire et sociale d’obtenir un CAP.

De plus, la SEGPA du collège Maubuisson à Bessancourt et une section 6e/5e du collège H Guillaumet à Jouy le Moutier doivent fermer. Dans le même temps, les SEGPA des collèges suivants verront leurs effectifs « resserrés » :
- collège M Pagnol à Saint Ouen l’Aumône
- collège E Cotton à Argenteuil
- collège G Brassens à Persan
- collège H Wallon à Bezons
- collège Malraux à Louvres
- collège la Justice à Cergy

Au total 376 heures hebdomadaires de cours seront supprimées dans le Val d’Oise à la rentrée prochaine !

Une décision arbitraire aux conséquences désastreuses

Cette décision est annoncée comme irrévocable et touche même des élèves en cours de formation !

- les enseignants ont appris moins d’une semaine avant la clôture des demandes de mutation qu’ils allaient être mutés...
- des élèves ont appris, alors que l’Education Nationale s’était engagée auprès d’eux à leur dispenser une formation adaptée à leurs difficultés, qu’ils devraient finir leur formation dans un lycée professionnel.

Ces établissements sont bien plus éloignés que les collèges et l’encadrement y est moindre (1 enseignant pour 16 élèves contre 1 pour 8 en SEGPA). Etant données les difficultés rencontrées par ces élèves, autant dire qu’on les prive de diplôme et du suivi personnalisé qui leur sont nécessaires en vue de s’intégrer.

Toujours moins de moyens pour l’intégration scolaire

A terme, la mort des SEGPA est programmée, tout comme celle des autres filières d’intégration scolaire, les moyens alloués à la formation des personnels étant en chute libre. On fait des économies aux dépens des enfants démunis socialement et culturellement.

Sous couvert de beaux arguments sur l’intégration de ces enfants en les mélangeant aux autres, on organise en fait leur marginalisation en les privant d’un véritable encadrement.

Dans le même temps, pour alimenter les classes dites européennes, on donne plus de moyens pédagogiques à des classes « bilangues » où on ne trouvera que des enfants favorisés sur le plan scolaire, ce qui signifie généralement favorisés socialement.

On est aux antipodes d’un service public censé compenser les inégalités !

Le véritable objectif : une école aux ordres du patronat

Ces aberrations ne sont qu’apparentes : il s’agit de transférer le plus d’élèves possibles dans les lycées professionnels, qu’on a transformé en « lycée des métiers », où le patronat local, représenté par la chambre de commerce et d’industrie, peut choisir les formations dispensées, ainsi que leur forme et leur contenu. La fin des SEGPA était inscrite dans le projet de lycée des métiers.

Plus grave encore : la loi sur la Formation Professionnelle a créé un « contrat de professionnalisation », qui est en fait un contrat-bidon qu’on justifie par des périodes dites de formation, mais qui permet surtout de sous payer les personnes concernées pour une formation des plus douteuses.
Qui voudrait vraiment de ces contrats si il avait le choix ? Mais a-t-on vraiment le choix quand on est chômeur, ou un élève de lycée des métiers en grosse difficulté ?

Derrière ces restructurations des filières, il paraît clair que le gouvernement cherche à laisser le plus de jeunes possibles seuls face à leur patron, ainsi devenu aussi son « formateur ». Les enfants défavorisés se retrouveront donc dans le meilleur des cas dans des emplois sans qualification et au salaire indigne tandis que les enfants favorisés fourniront au patronat les personnels d’encadrement polyglottes qu’il leur faut (merci les classes bilangues...).

Nous, personnels du collège des Louvrais, n’acceptons pas que l’école mène ces élèves droit à l’exclusion, qu’ils se fassent exploiter (à partir de quel âge ???) sous couvert d’une pseudo-formation en alternance.

Par conséquent les soussignés exigent :
- le maintien des structures SEGPA supprimées
- le retrait de la loi sur la formation professionnelle, ou au moins de véritables garanties quant au statut de la personne en formation (SMIC au minimum, garantie d’emploi, interdiction avant l’âge de 16 ans...)
- l’indépendance des équipes pédagogiques et de l’administration des lycées des métiers vis-à-vis des chambres de commerce et d’industrie.

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