Nous n’oublions pas le 11 septembre.

 décembre 2001
mis à jour dimanche 3 avril 2005

Nous n’oublions pas le 11 septembre.

Nous n’oublions pas les crimes du terrorisme et du système qui l’a engendré.

Nous n’oublions pas qu’en juillet, à Berlin, des émissaires américains, pakistanais, allemands et de l’ONU proposaient un pont d’or aux talibans en échange du passage d’un pipe-line et d’un gazoduc.

Nous n’oublions pas qu’américains et talibans négociaient Ben Laden à coups de dollars.

Nous n’oublions pas les milliers de morts de misère, de malnutrition et d’épidémies sur cette planète, victimes sans voix du système capitaliste mondialisé, pendant ce temps-là.

Nous n’oublions rien, sans même remonter plus haut dans l’histoire.

Depuis, le monde est entré en guerre, militaire, économique et sociale.

L’unité des nations s’est réalisée autour de la croisade lancée par Bush.

Une guerre sans Nom (contre Al Quaida, Ben Laden, le terrorisme, les talibans... en fonction des commentateurs et des hommes politiques), mais une guerre globale.

Guerre militaire

B 52 contre terroristes, mais aussi "frappes chirurgicales" à coup de bombes à fragmentations.

Les victimes dans une population civile épuisée par plus de vingt ans de guerre se comptent par milliers.

Mais aussi, sous couvert de la lutte contre le terrorisme, massacres en Tchétchénie perpétrés par les troupes de Poutine, incursions meurtrières de Tsahal en Palestine, sans compter les guerres et les répressions qui s’activent loin des projecteurs des médias en Chine et ailleurs.

Guerre économique

Les entreprises licencient à tout va. Des secteurs entiers de l’économie se restructurent à l’échelle mondiale.

En France, les salariés qui ont commencé à s’organiser de manière autonome le 9 juin, à l’initiative des travailleurs de LU Danone, Air Littoral..., doivent faire face à un assaut "patriotique" de licenciements massifs.

Guerre sociale

Les lois liberticides se multiplient. Le contrôle social, sous toutes ses formes, se renforce. Les médias, les "intellectuels officiels" se déchaînent contre les esprits qui revendiquent une liberté dans l’analyse

Les plus démunis, les plus faibles sont criminalisés, la chasse aux sans-papiers s’est à nouveau intensifiée.

La résistance contre cette guerre globale ne vient pas de France, mais d’autres pays d’Europe et même des Etats-unis.

À Rome, samedi 10 novembre, 150 000 personnes défilaient, alors que Berlusconi, le croisé du monde occidental, réunissait à peine et à grands frais 20 000 affidés.

Contre la guerre "senza sé, senza ma" ( pas de "si", pas de "mais").

Si les actions militaires sont sous l’égide de l’ONU et dans le cadre des accords internationaux ....

Mais si les parlements nationaux sont consultés...

NON !

Contre la guerre, pas de "si", pas de "mais".

Contre la croisade impériale

En France, le gouvernement de gauche plurielle court toujours derrière un président en tenue de combat.

Les appels au patriotisme les plus divers tentent de masquer les attaques qui se multiplient contre les salariés et leurs conditions de travail, les jeunes "potentiellement dangereux", les chômeurs et les retraités.

Les jeux politiciens d’une année électorale ne peuvent que freiner la formation d’un large mouvement contre cette croisade impériale, cette guerre globale. Mais certainement pas l’empêcher.

L’heure est aux choix clairs, non aux positionnements de circonstance.

Plus que jamais, il faut lutter.

Nous avons choisi d’être aux côtés des salariés qui luttent contre les licenciements, pour défendre leurs statuts et leurs conditions de travail, aux côtés des chômeurs et des sans-papiers, aux côtés de tous ceux qui refusent ce déferlement de mesures "patriotiques" et liberticides.

Nous participons, dans notre secteur, au combat des salariés contre l’ARTT. Nous impulsons une centralisation de ces luttes au niveau de l’ensemble de la Fonction publique. Nous intervenons contre le démantèlement de l’enseignement public, contre le développement de la lèpre de la précarité.

Nous serons aussi à Bruxelles, les 14 et 15 décembre, lors du sommet de l’UE pour refuser cette guerre globalisée, contre la participation de l’Europe à cette politique mondiale, pour défendre notre vision égalitaire et fraternelle de l’humanité contre le monde marchandisé, notre vision de l’éducation contre tous les obscurantismes.

Aujourd’hui, en Afghanistan, les talibans semblent en déroute. Les hommes se rasent publiquement, les femmes enlèvent leurs prisons de toile. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Mais que devient le peuple afghan dans les négociations entre les puissances impériales, entre les différents chefs de guerre ?

Qui avance vers la nécessaire autodétermination du peuple afghan soumis depuis des dizaines d’années, ballotté entre les politiques soviétiques et américaines successives ?

Personne n’envisage de renoncer aux prises de position "patriotiques" dans tous les domaines, militaire, économique et social.

La politique mondiale globale aurait-elle vocation à se pérenniser, à devenir une guerre globale contre les peuples ?

Fait à Paris, le 15 novembre 2001

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