Nouveaux programmes en lycée, discipline dans les établissements, la régression continue !

jeudi 1er juillet 2010
mis à jour dimanche 4 juillet 2010

CSEN du 1er juillet 2010

Déclaration de la Fédération SUD Éducation

(en pièce jointe, la déclaration commune sur l’histoire-géographie avec le SNES et la CGT Educ’Action)

St Denis le 30 Juin 2010

M. le Ministre,

En préalable, nous tenons à dénoncer la scandaleuse procédure disciplinaire engagée contre Christian Marion, PLP et militant SUD Education qui est convoqué devant un conseil de discipline, au rectorat de Toulouse, le jeudi 8 juillet.

Si la procédure va à son terme et la demande de l’administration suivie, le motif invoqué — « insuffisance professionnelle » — se soldera par le licenciement automatique de notre collègue. Ce serait une peine disproportionnée puisqu’elle le priverait immédiatement de son emploi et de traitement, mais aussi d’indemnisation (à 61 ans et, en conséquence, étant retraitable, il n’a plus droit à l’indemnisation légale en cas de licenciement pour insuffisance). De plus, n’ayant qu’onze années d’exercice dans la fonction publique, il sera privé de tout droit à la retraite de fonctionnaire. C’est donc une situation très grave, d’autant plus inacceptable que ce collègue est victime d’un véritable acharnement d’une inspectrice qui le poursuit depuis sa titularisation.Nous vous demandons d’intervenir auprès du rectorat de Toulouse pour que la raison l’emporte.

Les textes présentés devant ce CSE concernent essentiellement les nouveaux programmes de 1ère du « nouveau lycée » selon le vocabulaire ministériel.

Les conditions dans lesquelles ces textes sont présentés ne sont pas acceptables.

La consultation sur les nouveaux programmes de lycée limitée au seul mois de mai aura été très formelle. En effet, les collègues sont entièrement mobilisés en lycée sur la fin de l’année et le bouclage de la préparation au bac ; dans ces conditions, difficile de croire au caractère représentatif de certaines remontées.
Les 25 textes de cette séance sont arrivés fort tardivement aux représentants du CSE, en fait 2 jours ouvrables avant la Commission Spécialisée Lycée, ce qui rend très difficile leur étude surtout pour de nouvelles versions comme en SES ou en Histoire Géo.

Tout cela est la marque d’une précipitation à boucler au plus vite la réforme du lycée en 1ère en faisant passer les orientations ministérielles sans se donner le temps d’un débat nécessaire sur les savoirs et les méthodes.

Sur le contenu de ces textes, comme pour les programmes de seconde, nous avons quelques remarques de fond.

Une tendance à l’appauvrissement des savoirs comme des méthodes actives que cela soit en sciences ou en Sciences humaines. La réduction des enveloppes horaires, de la possibilité de TP ou de demi groupe laisse son empreinte comme en SVT, mais aussi en histoire et en SES où cela n’existera plus avec votre « réforme ». 

Dans certains programmes, par idéologie ou sous l’effet des réductions horaires, de graves questions se posent.

Ainsi bien sûr en SES. La dernière version du programme change assez peu et les problèmes fondamentaux demeurent : un programme de nature encyclopédique et mortifère pour les élèves ; le dogme du découpage économie/sociologie interdit d’étudier un certain nombre d’objets sous ce double angle ; l’aspect des questionnements relève de l’université et non pas de ce qui permettrait à des lycéens de comprendre le fonctionnement de la société. Nous y reviendrons lors de l’examen du texte.

Dans le programme d’Histoire-géographie, les nombreux problèmes ont surtout pour origine l’arrêt du tronc commun en fin de 1ere.. L’approche retenue n’évite pas le survol, incitera au cours magistral plutôt qu’à l’approche sur documents en histoire. Paradoxalement, des questions d’importance ne seront pas étudiées par 50% des lycéens des séries générales, les élèves de S. Nous y reviendrons dans une déclaration commune avec le Snes et la Cgt-Educ’action. Au-delà, nos inquiétudes ne sont pas apaisées : va-t-on enseigner l’Histoire-géographie ou des Sciences politiques en Terminale ? La logique du tronc commun n’aboutit-elle pas à l’épreuve anticipée pour tous dès la fin de 1ère avec de lourdes menaces sur un enseignement obligatoire en terminale ?

Pour ces raisons nous demandons un moratoire sur ces 2 programmes.

En Lettres, on a aussi l’impression d’un retour en arrière. Le programme renoue avec celui de 1987, notamment avec la réapparition d’une certaine historisation de la littérature au détriment des capacités attendues des élèves.
Enfin, nous aurions voulu finir par une remarque amusée sur l’exigence d’un doctorat pour devenir recteur dans le but affiché d’élargir vos possibilités de recrutement !

Malheureusement, l’inscription précipitée du texte sur la discipline dans les EPLE nous oblige à une dernière mise en garde. Comme d’autres organisations, nous vous demandons de retirer ce texte d’inspiration sécuritaire, autoritaire qui n’a été ni assez réfléchi ni discuté avec les représentants des personnels, des parents et des lycéens.

La récente publication des « leviers » recensés par le MEN pour poursuivre les suppressions de postes, touche tous les degrés. Elle n’épargne pas le lycée comme vous aviez voulu le faire croire.

Depuis celle du primaire, toutes vos « réformes », ont pour objectif de détruire des postes en introduisant, à l’occasion, des programmes régressifs. Nous en avons malheureusement confirmation aujourd’hui.

 

Documents joints

déclaration CSE de Sud Éducation
déclaration commune CSE

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