Nouvelles de Mumia Abu-Jamal

l’espoir et l’inquiétude
 janvier 2002
mis à jour dimanche 30 janvier 2005

Le 18 décembre 2001, après une longue attente de plusieurs mois, le juge fédéral Yohn, de l’État de Pennsylvanie, casse la sentence de mort prononcée en 1982 à l’encontre de Mumia. Un immense soulagement, un grand moment de joie tout d’abord, d’espoir bien sûr, mais, à l’examen de la situation, l’inquiétude demeure tant l’avenir reste incertain.

En effet, aux États-unis, le procès déterminant la culpabilité et celui décidant de la peine infligée sont distincts. Ainsi, Yohn statue-t-il seulement sur la forme et non sur le fond. Du fait des irrégularités dans la procédure qui a abouti à la condamnation à mort, le juge estime que les jurés n’ont pas pris en considération de possibles circonstances atténuantes résultant d’un certain nombre de faits matériels. En conséquence, les droits de la défense n’ayant pas été respectés, le jugement de la deuxième partie du procés est cassé, la peine doit être revue.

Sur le fond, la culpabilité n’est pas remise en cause

- Mumia Abu-Jamal reste coupable du meurtre du policier Faulkner ;

- pas de réexamen du procès de 1982 (procès truqué, procès raciste) ;

- pas de prise en compte des éléments nouveaux présentés par la défense et du témoignage, crucial, de Arnold R. Beverly qui reconnaît être le meurtrier du policier.

L’État de Pennsylvanie a six mois pour déterminer une nouvelle peine. Si une audience ne se tient pas dans ces délais, la peine de mort sera automatiquement commuée en peine à vie.

A nouveau la mort ? La perpétuité ?

Ce n’est donc pas la victoire. C’est juste un gain de temps. C’est une brèche ouverte dans la forteresse de haine qui emprisonne Mumia, figure emblématique de la lutte contre la peine de mort et l’oppression raciale.

Cette décision du juge Yohn -qui est tout de même le résultat de la pression internationale- risque néanmoins de faire croire que "c’est gagné", de démobiliser les soutiens innombrables de par le monde (en décembre 2001, Mumia Abu-Jamal était fait "citoyen d’honneur" de la Ville de Paris). Au contraire, il faut, plus que jamais, rester vigilants, solidaires, mobilisés autour de cet homme, l’accompagner dans ce formidable combat qu’il livre depuis vingt ans, maintenir l’exigence d’un nouveau procès, équitable, pour que justice lui soit rendue.

Nous voulons Mumia vivant et libre !

4 avril 2002 : nouvelle journée internationale de soutien

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