On achève bien les SEGPA !

mardi 6 mars 2007
mis à jour samedi 28 avril 2007

Une circulaire relative aux sections d’enseignements généraux et professionnels adaptés (SEGPA), parue au Bulletin officiel n°32 du 7 septembre 2006 pour adapter la précédente aux lois sur le handicap de 2005, modifie deux choses importantes :

- L’interdiction d’utilisation des machines dangereuses est inscrite dans une circulaire. Jusqu’ici, il ne s’agissait que de décisions prises dans certains rectorats. Les médecins scolaires ont reçu l’ordre de ne pas effectuer la visite médicale relative à l’autorisation de travailler sur ces machines soumises à autorisation par l’Inspecteur du travail. Sans cette dernière, les activités (principalement en menuiserie, horticulture et métallerie) sont fortement compromises, puisque toutes les machines sont concernées. Les activités sont ainsi limitées aux seuls outils à mains.

- D’autre part, sans visite médicale, les élèves ne peuvent plus monter sur des échelles ou des échafaudages, ce qui ne permet plus aux ateliers de couverture de fonctionner.

Comment envisager les enseignements à visée professionnelle dans ces conditions ? Sur quels supports pourra-t-on travailler 12 heures par semaine avec les élèves ? A partir de quels référentiels ? Quel devenir pour les enseignants, pour le parc machine et les ateliers qui ont coûté fort cher à la collectivité ? Autant de questions sans réponse, puisque cette circulaire n’a fait l’objet d’aucune information auprès des enseignants. De plus, cette décision est lourde de conséquences pour l’orientation des élèves : en effet, n’ayant plus connaissance des contre-indications médicales (vertiges, asthmes, allergies, etc.), les professeurs ne pourront plus donner d’avis sur celle-ci. Par conséquent, des élèves en difficulté scolaire se voient privés de réalisations gratifiantes et de projets motivants qui leur permettaient de reprendre confiance en eux, de se préparer à recevoir une formation qualifiante dans de bonnes conditions, grâce à des acquis professionnels qui compensaient leurs difficultés en enseignement général.

Ce qui est sûr, c’est que les ateliers de SEGPA vont devoir s’orienter vers un enseignement technologique au même titre que les autres collégiens. C’est une perte importante de spécificité qui entraînera, dès la rentrée prochaine, la modification des grilles horaires des élèves de la 6e à la 3e.

Ces modifications n’ont fait l’objet ni de concertation, ni de justifications pédagogiques. Là encore on se rapproche des horaires disciplinaires des autres collégiens. Sachant que l’anglais, l’EPS et les sciences sont généralement enseignés par des professeurs des collèges, contrairement aux ateliers et aux français et mathématiques, qui sont assurés par des personnels spécialisés ou des PLP, on observe un glissement des enseignements vers des personnels non spécialisés.

Cette circulaire n’a fait l’objet d’aucune explication. Par contre, elle va certainement entraîner des économies en heures de personnels spécialisés et d’atelier, et ce au détriment de populations qui n’ont pas souvent les moyens de revendiquer. Suite à cette circulaire passée inaperçue, l’avenir des SEGPA (s’il y en a un) s’assombrit. Afin d’essayer d’enrayer ses effets, au moins deux collectifs se sont montés dans la Manche et les Côtes d’Armor. Leurs actions passent par l’interpellation des élus afin de leur faire demander des explications.

Sud éducation Manche


Discipline Incidence sur les horaires de la 6e à la 3e
Atelier - 2h00
Français - 1h00
Mathématiques - 6h00
Anglais + 6h00
EPS + 4h00
Sciences + 4,5h