Orientation syndicale

 décembre 2000
mis à jour jeudi 31 août 2006

I. Contexte politique et économique

I.1 Depuis le premier congrès fédéral en 1998, les tendances à l’œuvre dans l’économie et la société se sont confirmées. Ce que l’on appelle selon les cas néo-libéralisme, mondialisation ou globalisation s’est trouvé renforcé. Au-delà des mots, il s’agit de l’évolution actuelle du capitalisme dans laquelle les institutions caractéristiques du capital financier (banques, fonds de pension, etc.) ont acquis une position hégémonique.

I.2 Cette “évolution ultra-libérale” a été préparée, expliquée, justifiée par une campagne idéologique sans précédent. Initiée dans les universités (américaines souvent), développée par des cercles intellectuels influents, relayée par des groupes de pression, popularisée par des grands médias, cette offensive idéologique s’est organisée autour de deux axes principaux. D’une part, la généralisation du discours économique prétendant dégager des lois abstraites et universelles (les prétendues lois “ naturelles ” du marché) qui s’imposeraient aux acteurs sociaux comme autant de contraintes indiscutables. D’autre part un véritable renversement du sens des mots qui fait appeler progrès un retour au capitalisme sauvage et baptise modernité la disparition des dernières conquêtes ouvrières. Dès lors, pourquoi le marché ne deviendrait-il pas la condition nécessaire et suffisante de la démocratie, voire même son substitut ? L’ultime avatar de cette vulgate ultra-libérale réclamant aujourd’hui le démantèlement des dernières institutions de protection sociale ou de service public : la santé et l’école au premier chef, afin de mercantiliser les seuls espaces collectifs échappant encore aux logiques marchandes.

I.3 Pour le patronat, il a d’abord fallu renverser le rapport de forces qui avait permis aux salariés des pays riches d’obtenir au cours des “Trente glorieuses” un certain nombre d’avancées sociales (système de sécurité sociale, relative redistribution des revenus, fiscalité progressive, indexation des revenus, contrats de travail à durée indéterminée...). De plus, il lui était nécessaire de modifier le partage des richesses afin d’augmenter la part versée au capital.

I.4 L’ouverture des frontières aux échanges de marchandises, l’internationalisation de la production, la libéralisation des flux de capitaux, en un mot la mondialisation néo-libérale sont devenus à la fois le moyen, le prétexte et la légitimation d’une nouvelle forme d’accumulation capitaliste. Pour cela les patronats ont obtenu le concours zélé des gouvernements de toutes obédiences. Au nom de la compétitivité, dérégulation et déréglementation sont devenus l’alpha et l’oméga des politiques menées un peu partout dans le monde. Les institutions européennes ont assuré le relais, les organisations économiques internationales (OMC, OCDE, FMI, Banque Mondiale...) en ont été les maîtres d’oeuvre.

I.5 Les logiques financières l’emportent sur les logiques industrielles et la priorité est donnée à la recherche de valeur pour les actionnaires. L’introduction de nouveaux critères de gestion privilégiant des gains toujours plus élevés de productivité s’est traduite par une politique agressive contre l’emploi (restructurations et délocalisations) et les salariés (par la transformation des rapports de travail, la multiplication des statuts précaires, la flexibilisation). Les conséquences sont connues : chômage de masse pour les uns, développement des inégalités pour les autres, lorsque ce ne sont pas les deux à la fois. Quant aux marchés financiers, non seulement ils dominent le fonctionnement de l’économie (orientation des investissements, partage inégal de la valeur ajoutée), mais ils sont eux-mêmes devenus l’objet d’une forme nouvelle de fétichisme, créant les conditions de la formation d’une bulle financière, grosse d’une crise avec son lot de faillites, de licenciements, d’appauvrissement généralisé.

II. CONSEQUENCES

II.1 Les conséquences en sont connues :

- explosion de la précarité, aggravation et dégradation des conditions de vie et de travail des auxiliaires, contractuels et vacataires, création des emploi-jeunes, nouvelles normes de contrats de travail souhaitées par le MEDEF ; Dans les domaines de l’emploi, du logement et des loisirs, les ségrégations et la précarisation croissante de populations de plus en plus nombreuses ne peuvent s’analyser comme une simple conséquence des politiques néo-libérale : elle joue un rôle d’amplification des restructurations par la pression exercée sur les populations bénéficiant encore de certaines garanties issues d’un siècle de mouvement social et de l’intérêt bien compris du capitalisme.

- remise en cause des acquis sociaux (attaques contre les retraites par répartition au profit de l’épargne salariale, annualisation et flexibilité mises en place par les lois Aubry, assurance chômage remise en cause par la signature du PARE, gel des salaires)

II.2 Le libéralisme a fini par faire passer l’idée que le Service Public serait un frein au développement économique, celui-ci étant présenté comme une fin en soi et non comme un moyen d’améliorer les conditions de vie et de travail. Le dogme de la réduction des déficits budgétaire et donc du gel de l’emploi public justifie la suppression des moyens prévus pour la collectivité.

II.3 Ce qui se joue aujourd’hui, c’est, entre autres, l’avenir du service public d’éducation. L’enjeu dépasse la simple exigence d’une augmentation des moyens. Cela ne signifie pas qu’il faille renoncer aux revendications quantitatives. “L’autre école” que nous voulons devra disposer d’un budget à la hauteur de ses ambitions. Une hausse des crédits est nécessaire, elle n’est pas suffisante.

II.4 De la même façon, la solution des problèmes socio-économiques actuels (chômage, extension des inégalités...) ne peut venir d’un retour à la politique keynésienne. Ce serait tomber dans l’illusion d’un État régulateur, porteur de valeurs universelles et véhicule par nature de progrès démocratiques. Cependant, même si l’État reste un instrument au service des forces sociales qui dominent la société, nous savons qu’il est aussi le lieu d’un rapport de forces, qu’on peut arracher des concessions aux classes dirigeantes, qu’un certain nombre d’avancées ont été obtenues après 1945 et qu’il est possible de les reconquérir ou d’en gagner de nouvelles.

II. 5 La revendication salariale a quasiment disparu de l’arsenal syndical depuis deux décennies, parce qu’il devenait honteux pour un salarié en activité de revendiquer une augmentation alors que le nombre de chômeurs croissait. Outre une culpabilité de mauvais aloi, c’était le refus de faire peser sur le seul patronat la responsabilité du chômage. D’une certaine manière c’était refuser de dire au patronat qu’il était le seul responsable du non-partage du travail et qu’il devait en payer les conséquences, c’est à dire distribuer la même quantité de salaire global (direct et socialisé). Au lieu de cela le mouvement syndical a cultivé la culpabilité (à des degrés divers) et a prôné le partage du travail et du salaire. Les travailleurs se sont trouvés désarmés quand les libéraux leur ont proposé les 35 heures sauce Aubry. Il fallait que chacun y mette du sien, il fallait la contrepartie de la flexibilité et de l’annualisation, sans qu’on ne voie venir, évidemment, d’embauches supplémentaires ou alors exonérées. La plupart des créations d’emplois ces dernières années ont été des créations d’emplois précaires et subventionnés par les autres salariés au travers de l’impôt.

III. L’ALTERNATIVE SYNDICALE

III.1 Dans ce contexte, les syndicats inféodés à la gauche au pouvoir ont anesthésié la combativité de la classe ouvrière et plus largement des salariés pour laisser les mains libres à un gouvernement qui a fait passer des mesures qui auraient été jugées inacceptables de la part d’un gouvernement de droite. D’où ce sentiment de trahison mêlé aux régressions sociales enregistrées depuis une vingtaine d’années. L’échec de la “gauche d’Etat” convertie à des degrés divers au néo-libéralisme ou complice d’une politique franchement libérale, la fragilisation de la société civile et la faiblesse du mouvement social, l’absence d’alternative politique et la défiance vis à vis des politiciens ont, en partie, déterminé l’ascension de l’extrême-droite et de la “réaction triomphante” ? Fascisme et poujadisme se nourrissent avant tout du désespoir de l’individu isolé, de la frustration et de la dépolitisation.

III.2 Face à cette situation, trois attitudes syndicales sont possibles

Un syndicalisme d’accompagnement qui au nom de fa modernité et du renoncement à combattre la capitalisme, devient à la fois un corps séparé des salariés et des chômeurs, un allié objectif quand ce n’est pas un collaborateur zélé du patronat (CFDT/CES ; UNSA ; CGC ; CFTC...)

Un syndicalisme défensif visant à préférer le statu que autour d’un consensus plus ou moins conservateur (c’est le cas de F0 ou de ta majorité de fa FSU et de la CGT)

Un syndicalisme de lutte et de transformation sociale qui, au combat pour une autre société, associe la défense du service public d’éducation et la défense des salariés, c’est le choix de SUD Éducation.

Pour autant, SUD Éducation s’inscrit dans une logique de travail intersyndical dans la perspective d’un développement des luttes.

Parce que la tendance actuelle à la désyndicalisation, laisse désarmés les salariés confrontés aux conséquences de la mondialisation, parce qu’il y a besoin d’une structure totalement indépendante et qui rie soit la courroie de transmission de quelque organisation politique que ce soit, parce qu’il faut une alternative au syndicalisme de service, il est indispensable de prendre toutes les mesures nécessaires au renforcement et au développement de SUD Éducation.

III.3 SUD Éducation a fait avec d’autres le choix du syndicalisme de lutte qui, au combat pour une autre société, associe la défense du service public d’éducation et la défense des personnels, la défense des acquis (sans pour autant considérer que la situation actuelle est la meilleure possible) et la lutte pour de nouvelles avancées.

III.4 Dans le contexte actuel, l’abandon du terrain revendicatif et la cogestion ont entraîné la désyndicalisation. A contrario l’émergence d’une alternative syndicale, notamment au travers des SUD, prouve que l’unité et la clarté dans les luttes permettent de reprendre l’offensive contre la politique patronale qu’elle soit incarnée par le MEDAF, l’OMC le FMI.

III.5 Parce que la tendance actuelle à la désyndicalisation laisse désarmés les salariés confrontés aux conséquences de la mondialisation, parce qu’il y a besoin d’une structure totalement indépendante et qui ne soit la courroie de transmission de quelque organisation politique que ce soit, parce qu’il faut une alternative à un syndicalisme réduit au syndicalisme de services, il est indispensable de prendre toutes les mesures nécessaires au renforcement et au développement de SUD Éducation. La re-syndicalisation des salariés ne se fera pas sur un discours aussi radical, global, anti-libéral soit-il. Elle passera par la capacité à mener des luttes victorieuses, même partielles et insuffisantes. Penser globalement, agir concrètement doit être un de nos refrains pour les années à venir.

III.6 La possibilité d’adhérer au syndicat de son choix est un droit démocratique élémentaire. Si, formellement, ce droit n’est aujourd’hui pas contesté, il est de fait battu en brèche par la loi Perben de 1996 qui restreint la liberté de candidature aux élections professionnelles - et donc le libre choix des salariés - et qui, combinée avec certains aspects restrictifs du décret de 1982 sur le droit syndical dans la fonction publique, a pour but de marginaliser en particulier les syndicats SUD.

III.7 SUD Éducation prendra toutes les initiatives pour que les libertés syndicales puissent être effectivement exercées, à tous les niveaux : établissements, départements et académies, national. En premier lieu, SUD Éducation relancera la bataille pour l’abrogation de la loi Perben, en informant et mobilisant les personnels et en prenant l’initiative de constitution d’un front unitaire sur cet objectif essentiel.

III.8 Le syndicat SUD Éducation se conçoit comme outil pour les luttes, préparant, organisant, coordonnant et amplifiant celles-ci pour déboucher sur la rupture avec le système et l’école capitalistes.

III.9 SUD Éducation associera autant que possible les parents d’élèves, leurs collectifs et associations aux luttes et débats en cours.

III.10 Au niveau national, SUD Éducation se préoccupera de toutes les initiatives relevant du secteur des prestations et de l’action sociale, notamment celles prises au nom des salariés (MGEN, CAF...)

A) Dans notre champ professionnel

Depuis quelques années une radicalisation des luttes touche une part croissante des personnels de l’Éducation ; des formes de luttes nouvelles dans notre secteur ont été choisies : occupations longues d’IA contre les suppressions de postes -depuis 1997 (Besançon) jusqu’à 2000 (Nîmes)- ; grève reconduite durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois (Seine-Saint Denis, 1998 dans le second degré, Hérault et Gard en 2000 dans le 1er degré surtout, mars 2000 sur l’ensemble du territoire dans les LP et le second degré surtout). Les personnels ont également choisi de plus en plus souvent de gérer eux-mêmes leur mouvement en Assemblées Générales souveraines ou comités de grève et d’imposer l’unité d’action aux directions syndicales. En Seine Saint Denis puis dans le Gard et l’Hérault les parents d’élèves ont participé très activement à la lutte pour le service public. Les syndicats SUD Éducation ont joué, dans plusieurs départements, un rôle important, parfois déterminant dans le développement de ces luttes.

Nationalement, ces luttes ont été freinées par le contexte syndical : refus et opposition des directions de la FEN, du SGEN-CFDT, du SNETAA-FSU. Louvoiements démobilisateurs des directions nationales et locales SNES- FSU, SNUipp-FSU (...), posant fortement la question de l’indépendance syndicale vis à vis de la gauche plurielle au pouvoir.

Le départ d’Allègre a suffi à faire revenir à la cogestion syndicale ces organisations après les 16 et 24 mars, permettant au ministère Lang de se targuer d’un retour à la paix sociale tout en ne satisfaisant aucune des revendications des personnels en lutte....

Depuis la rentrée 2000, la remobilisation indispensable des personnels, le retour à l’unité d’action contre les politiques néo-libérales dans l’Éducation est la priorité de la Fédération.

Le syndicalisme ne se borne pas à être une critique (aussi radicale soit-elle) de l’état de choses existant. Il lui faut aussi être utopie c’est-à-dire porteur de projets pour l’avenir. C’est le sens de notre mot d’ordre “ pour une autre école, pour une autre société ”.

"Pour une autre école", c’est d’abord le refus du projet néo-libéral en matière d’éducation, projet qu’illustre parfaitement le concept de kit de survie. Non seulement nous n’admettons pas que l’enseignement puisse être considéré comme une simple marchandise, mais nous ne voulons pas non plus de cette école duale qui assure la reproduction des classes dominantes en fournissant le maximum pédagogique à quelques-uns uns et un minimum social à la majorité des autres. L’école doit se donner comme objectif d’assurer l’accès de tous au savoir. Tournant le dos aux conceptions étroitement gestionnaires des Meirieu, Bancel, Monteil, Pair... et consorts, nous pensons que l’école est aussi une institution se devant de fonctionner selon des principes différents : anti-hiérarchique et anti-autoritaire, c’est-à-dire aux antipodes de ce qui se passe actuellement. Considérant que dans sa phase actuelle, l’école ne parvient plus à faire face à ses obligations, et bien loin de défendre le statu-quo, SUD Éducation aura pour tâche de poursuivre un travail de réflexion et de proposition pour une transformation radicale de l’institution scolaire.

A.1. Au contraire de ce que prétendent les zélateurs de l’École Républicaine, l’institution scolaire n’est pas une entité indépendante, détachée de la société. Elle est aujourd’hui soumise aux contraintes nées du développement du modèle néo-libéral. C’est d’abord une tentative de réduction des dépenses collectives d’éducation et de démantèlement du service public menée au non de la diminution des prélèvements obligatoires, de ce que certain appelait finement le “dégraissage du mammouth”. C’est ensuite un début de rationalisation des choix budgétaires, en clair une introduction des méthodes de gestion empruntées aux entreprises privées afin d’“augmenter la productivité” ou d’améliorer le “retour sur investissements” cher au rapport Bancel. C’est enfin la transformation du savoir et de la culture en demande solvable, en nouveau marché et nouvelle opportunité de profit pour tous ceux qui rêvent de faire de l’éducation une marchandise comme les autres. C’est pourquoi SUD Éducation s’engage à participer à toutes les luttes qui viseront à améliorer la situation de l’Éducation Nationale, les conditions d’étude des élèves, de travail et d’existence des personnels.

A.2. La première des priorités reste, comme lors de notre premier congrès, la lutte contre la précarité. Non seulement parce qu’il s’agit d’un élémentaire devoir de solidarité, mais aussi parce que selon les idéologues néo-libéraux, la précarité devrait devenir la norme salariale emblématique de leur “modernité”. S’y opposer, c’est donc s’en prendre à l’un des fondements de la logique néo-libérale. Ceci implique la participation de SUD Éducation aux luttes des non-titulaires comme des collectifs existants ou qui pourront exister, mais aussi en sa qualité de syndicat à l’organisation et à la mobilisation des précaires notamment pour imposer leur titularisation sans condition.

A.3. L’unité dans l’action et l’élaboration des revendications est notre démarche prioritaire. Les démarches unitaires : intersyndicales ou /et coordinations doivent être envisagées dans ce sens. Notre souci permanent d’unité ne doit pas limiter nos capacités à informer, analyser et proposer. Lorsque nous parlons d’unité, il ne s’agit pas simplement d’unité syndicale, mais de l’unité des personnels de l’éducation en particulier et des salariés en général. La pratique d’AG regroupant les délégués mandatés par les personnels en lutte, et associant les syndicats qui le souhaitent est la forme de lutte souvent choisie par les personnels ces dernières années. Nous prônons cette démocratie dans les luttes et nous ferons tout ce qui est possible pour la mettre en place et la garantir. Toutefois, notre syndicat ne s’identifie pas ipso-facto à ces derniers dans la mesure où nous ne partageons pas toujours et nécessairement leurs positions ( une Assemblée Générale peut être réactionnaire par exemple).

A.4. En février-mars dernier, la vigueur des revendications budgétaires initiées localement combiné au puissant sentiment anti-Allègre et au rejet de la charte des LP ont démontré que les problèmes de l’École ne pouvaient être résolus sans que soit remise en cause l’organisation même de la société. C’est le sens même du slogan “l’Ecole n’est pas une entreprise, l’Éducation n’est pas une marchandise”, dont l’écho a été croissant. (Accord Général sur le Commerce et les Services)

A.5. Le capitalisme veut un service à son image et à son service. Les multinationales possèdent une part des médias, maisons d’édition ou de distribution, laboratoires de recherches, ... et maintenant le marché, l’OMC, I’OCDE, la Banque Mondiale, la Table Ronde des industriels européens (en anglais E.R.T.) veulent s’emparer de l’école. Pour eux, l’école publique ne doit plus être le lieu privilégié de l’accès au savoir qui doit être sacrifié au profit de compétences ou de savoir-faire. L’École deviendrait donc une machine à couler les jeunes dans les moules du marché, ce qui implique une plus grande flexibilité de l’élève : flexibilité, adaptabilité en fonction de chaque “bassin de l’emploi” (ici des bacs Michelin, là des bacs Renault, ...). Le tir se concentre dans un premier temps sur les lycées techniques et les lycées professionnels, d’où le développement accéléré du “partenariat école-entreprise".

SUD Éducation doit dénoncer :
- la généralisation des stages en entreprise
- la tutelle pédagogique du privé
- le droit de regard de l’entreprise sur les programmes
- l’évaluation des “stages” en entreprise comptant pour la délivrance du diplôme
- l’intrusion du patronat dans l’école
- la mise à disposition du matériel de l’Éducation Nationale au service du patronat des régions

Ce mouvement de démantèlement de l’École s’appuie aussi sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication (N. T. I. C.). Au-delà de l’alibi pédagogique, les appétits sont aiguisés par l’enjeu commercial colossal que représente ce marché de 1 milliard d’apprenants dans le monde. Flexibilité de l’élève, mais aussi flexibilité de l’école, dans la logique de cette offensive qui va donc :

  • dénoncer le système éducatif “ trop centralisé ”
  • encourager une autonomie des écoles concurrentes entre elles ainsi qu’une régionalisation des diplômes.
  • cet éclatement permettrait aussi de casser la résistance syndicale :
    • apprentissage de compétences spécifiques
    • lycées lights et fonctionnels
    • diminution des statuts des fonctionnaires
    • développement de la précarité

C’est une offensive sans précédent contre le service public de l’enseignement, pour aller vers une privatisation, vers les “cyber-universités” (1,5 millions d’élèves ne vont plus à l’école aux U.S.A.), vers le “home-Schooling” avec Internet, etc.

B) dans l’interprofessionnel

B.1. La régression sociale que veut imposer le capital financier touche l’ensemble des secteurs professionnels, notre action ne doit pas se limiter au seul champ de l’éducation. C’est une obligation de rechercher l’unité avec tous ceux qui partagent nos analyses, notre conception de l’action et nos objectifs.

B.2. On l’a vu, ces dernières années : beaucoup de conflits sont apparus, liés à l’application des 35 h dans le privé, aux licenciements abusifs. Jamais, depuis décembre 95, la Fonction Publique n’avait connu de pareilles mobilisations. Mais, si les conflits restent encore limités à des catégories professionnelles ou restent localisés, c’est que l’action syndicale n’est pas à la hauteur des enjeux de société actuels. La question de l’élargissement des luttes se heurte au refus des états-majors des organisations majoritaires qui, comme la CGT ou la FSU, en appellent à l’unité et à la mobilisation mais ne font rien sur terrain, ou pas grand-chose, pour facilité l’interprofessionnalisation des conflits, premier pas vers une grève générale, seule possibilité pour faire vraiment changer le cours de la politique en place.

Cette stratégie exerce évidemment une pression forte sur les luttes et les mouvements sociaux. Elle les instrumentalise ou tend à les instrumentaliser.

B.3. Une autre stratégie, un autre syndicalisme qui vise à reconstruire l’unité du salariat autour d’objectifs clairs est nécessaire. L’interpro est donc au centre de notre réflexion et de notre action. A cette fin nous avons besoin d’une structure interpro qui corresponde à notre orientation. La question de l’Union Syndicale Solidaire - G10 est donc posée. Avancer ensemble, dans tous les secteurs, contre la logique néo-libérale, dégager ensemble des axes de regroupement pour lutter contre l’émiettement du salariat, la précarité et le chômage doit nous inciter à construire un outil interprofessionnel efficient qui nécessite une démarche volontariste. SUD Éducation contribuera activement au développement des G10. Dans la mesure de ses moyens il apportera son appui aux SUD qui chercheront à se construire dans les autres champs professionnels. En effet il serait illusoire de croire que l’accumulation de luttes revendicatives défensives peut construire une orientation à portée alternative. De même, il serait illusoire de croire que la prise de conscience progressive de l’impasse du syndicalisme “ traditionnel ” peut déboucher automatiquement sur la construction de l’outil syndical interprofessionnel et européen dont les salariés ont besoin. Ceci implique un renforcement de l’Union Syndicale Solidaire G10 et le maintien d’une démarche unitaire avec les autres syndicats dans la diversité de leurs sensibilités. Il faut non pas viser a la construction d’une structure interprofessionnelle faite des bribes des autres syndicats (ce que l’on nomme communément la recomposition syndicale) qui mènerait à un illusoire monopole syndical mais tendre à la construction d’une alternative syndicale contribuant au changement de société. Dans ce cadre, SUD Éducation doit contribuer à la définition de ce qu’on appelle le mouvement social et à la clarification de nos liens avec ses différentes composantes.

Il serait également illusoire de croire, et cette idée traverse parfois notre Union Syndicale, que la recomposition syndicale puisse se faire d’en haut à travers la négociation d’appareils nationaux. C’est sur les pratiques syndicales que nous trouverons des convergences avec des camarades d’autres organisations et notamment sur l’indépendance syndicale et le rapport du syndicat aux salaries.

B.4. SUD Éducation peut susciter l’élaboration de plate-formes revendicatrices fédératrices (par exemple : travail égal/statut égal/salaire égal, actifs/retraités même combat, titularisation sans conditions de concours ni de nationalité de tous les précaires). C’est dans ce cadre qu’une recomposition autour des valeurs et des pratiques de l’union syndicale solidaire serait pertinente.

L’union Syndicale Solidaire doit continuer à aller de l’avant pour :

- mener des initiatives et des campagnes inter-professionnelles nécessaires à, la préparation des luttes.
- prendre des initiatives quand les circonstances le permettent (et le dictent) afin de favoriser l’interprofessionalisation des luttes.
- organiser des stages de formation de base (par exemple juridique) et des stages de réflexion
- donner au plus grand nombre de salariés des informations précises sur les projets patronaux et gouvernementaux(nationaux et internationaux)
- cette nécessaire progression de L’Union Syndicale Solidaire G10 , renvoie SUD Éducation à ses responsabilités en terme de moyens (matériels et humains : temps de décharge), de capacité de propositions et de participation active au niveau local et national à la construction et aux initiatives de l’Union Syndicale Solidaire G10.

c) SUD EDUCATION ET LE MOUVEMENT SOCIAL

C.1. Décembre 95, la lutte des sans-papiers, le mouvement des chômeurs de 1997, Seattle, Davos et Millau, Prague, les luttes dans la fonction publique, mouvements à forte connotation anti-libérale, recèlent des aspects intéressants et encourageants si on se place dans une perspective de transformation sociale : réduction du temps de travail, redistribution des richesses, défense des services publics et des droits sociaux élémentaires que sont le logement, la santé et l’éducation, lutte contre le chômage et la précarité, rejet du racisme et de la violence policière et d’ état, rejet des politiques agricoles actuelles, de la “malbouffe” et de la “marchandisation” de tous les secteurs... Ces mouvements ont également montré à la classe politique que nombre de travailleurs, des jeunes, des femmes, des gens d’horizons divers et des collectifs pourraient vaincre la léthargie et redevenir acteurs de la vie sociale à travers les manifestations, les grèves reconductibles, les occupations diverses, les caisses et les concerts de solidarité, les assemblées générales décisionnelles et les actions directes et concrètes.

C.2. Dans bien des cas, les bureaucraties syndicales ont dû suivre des mouvements qui ont développé des aspects particulièrement novateurs et populaires par exemple électriciens basculant les compteurs en heures creuses, postiers grévistes distribuant le courrier des assedics et bloquant la pub, conducteurs de bus transportant gratuitement des “SDF”, squatters et jeunes en rupture occupant des agences d’Air France ou de la DDASS en soutien aux sans-papiers, chômeurs organisant des opérations “péages gratuits”, paysans démontant un Mac Do ou sabotant des champs de maïs transgénique...

Ces mouvements ont replacé au devant de la scène les situations que vivent celles et ceux que cette société écrase : les “ exclus ” et tous les précaires -français ou non, les jeunes “sans avenir” à qui on refuse les moyens de vivre décemment, les travailleurs du privé de plus en plus asservis à la rentabilité, les fonctionnaires aux statuts de plus en plus remis en cause qu’on présente comme des nantis, les petits paysans victimes du productivisme...

C.3. Pour autant, même si nombreux sont ceux qui se réinvestissent dans les luttes, même si dans les assemblées générales ou lors des manifs, il se balbutie qu’une société fondée sur la loi du marché et sur la guerre du chacun contre tous est haïssable, la contestation qui regonfle sur le terrain n’a pas de cohérence stratégique, pas de perspective déclarée.

C.4. Nous pensons que le mouvement social doit se donner des perspectives, non pas par des négociations interminables avec les états-majors de la gauche institutionnelle, mais en étant les acteurs déterminés d’un front social de l’égalité et de la solidarité qui mette en relation les syndicats de lutte, les mouvements contre la misère, le chômage et la précarité, les intellectuels et les artistes solidaires des combats de notre époque, les associations engagées sur le terrain, les jeunes en rupture, à condition que l’esprit de chapelle, et le sectarisme cèdent la place à l’action collective concrète et aux débats d’idées ouvertes. De nouvelles organisations ainsi que de nouveaux mouvements sociaux sont apparus ou se sont développés ces dernières années : Agir ensemble contre le chômage, les syndicats SUD, le Groupe de 10, la Confédération Paysanne, les Etats Généraux du mouvement social, ATTAC et la CCOMC, la Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception, Droit Au Logement, Droits Devants !, Act Up !, le mouvement des sans-papiers, Ras l’Front, le réseau No Pasaran !, les réseaux de soutien à la lutte zapateado, un courant écologiste critique et radical, bref, une sorte de “ gauche sociale ” encore floue et éparpillée. Ces mouvements, bien que se situant à des niveaux de critique différents du capitalisme, se sont retrouvés, pour la plupart, dans l’organisation des marches européennes contre le chômage, la précarité et les exclusions, dans l’organisation de Millau, ainsi que dans l’accueil de la caravane intercontinentale des paysans indiens du KRRS. La confrontation de ces différents niveaux de critique permet de nourrir les débats qui doivent être menés à l’intérieur de ce front social de l’égalité et de la solidarité afin de donner à ce dernier des perspective de luttes unifiées et un peu d ‘épaisseur en terme de contre-pouvoir.

C.5. Ces rassemblements n’ont cependant de sens que si, reliés les uns aux autres, ils concourent à forger une conscience politique globale face aux problèmes globaux auxquels nous sommes tous confrontés : hommes et femmes, salariés ou non, résidents dans les pays industrialisés ou dans le tiers-monde. Dans une période où la communication prend des allures de nouvelles religions, il est nécessaire pour le mouvement social d’accéder à une nouvelle visibilité en mettant en place un agenda des mobilisations et des luttes propices à contester la “pensée unique”, à ancrer dans la conscience populaire des références idéologiques ou politiques qui rompent avec le renoncement ou avec le fatalisme.

C.6. Bien sûr, les forces politiques ou syndicales qui ont des relais institutionnels rassurent généralement les gens en lutte. Mais, comme la social-démocratie au pouvoir dans presque toute l’Europe contribue, au nom de la stabilité monétaire et de la rigueur budgétaire à liquider les acquis sociaux, il existe de ce fait un espace pour un mouvement social capable de remettre en cause les vieux équilibres au sein du mouvement ouvrier qui font de FO, de la CFDT et de la CGT des forces encore hégémoniques sur le plan, syndical.

D) POUR UNE ORIENTATION INTERNATIONALE COHERENTE

D.1. L’orientation néo-libérale donnée par les gouvernements (le dernier exemple étant le sommet “social”de Lisbonne) prouve qu’il est indispensable de créer une force syndicale alternative à l’échelle du continent. Il n’y a rien à attendre du côté de la Confédération Européenne Syndicale. Par contre SUD Éducation doit poursuivre l’expérience engagée avec d’autres syndicats européens depuis la Conférence de Malaga en y consacrant les moyens que lui permet l’état actuel de ses forces. De la même façon, SUD Éducation cherchera autant que possible à s’associer aux initiatives internationales prises dans le cadre des mobilisations contre la dictature des marchés.

D.2. La construction d’un front commun des organisations syndicales qui s’opposent radicalement au néo-libéralisme et à ses effets est vitale. En 98 et 99, les bases d’une coordination à l’échelle européenne ont été avancées notamment avec la CGT espagnole, l’Unicobas Scuola-Arca. Une déclaration commune a été rédigée à Grenade et ensuite complétée à Rome et Paris. Divers contacts ont en suite été pris avec d’autres organisations syndicales suisse, allemande, italienne, ...

Cette volonté d’apporter sur le terrain de la construction et de l’action une réponse aux plans européens et d’offrir une alternative globale aux syndicats intégrés de la CES devrait nous permettre de construire une véritable orientation syndicale indépendante et cohérente. Elle ne préjuge pas des relations amicales que nous devons entretenir avec d’autres forces d’opposition appartenant à des syndicats institutionnels .

Il faut maintenant réellement la mettre en oeuvre et pour cela faire que ce soit une préoccupation de l’ensemble de notre fédération syndicale sinon le morcellement gagnera aussi notre réflexion et notre action.

Lors des réunions internationales nous devons être en mesure de faire des propositions concrètes pour enfin avancer vers la constitution d’un front de lutte solide, démocratique et pluraliste à l’ échelle européenne pour l’École et au-delà.

D.3. Cette condition établie, SUD Éducation doit prendre toute sa place dans les mouvements européens et mondiaux contre l’exclusion, le chômage ou la mondialisation.

Toutes les initiatives auxquelles SUD Éducation a participé ou participe ( Marches européennes..., Millau, mouvements des Sans-papiers, CCOMC, Mumia, Marche des femmes, Convoi syndical pour les Balkans...) méritent une réflexion particulière que le CF doit initier. Nous avons, de par notre place prise dans le combat social, une position à élaborer et nous ne devons plus considérer ces actions ou ces prises de positions comme de simples passages “ obligés ” mais comme des moments de lutte pratique et théorique pour mettre en oeuvre notre orientation. De plus ne pas mener cette démarche aboutirait à terme à considérer que la simple addition de mouvements constitue un seul et même mouvement ce qui ouvrirait toute grande la voie vers l’assimilation.

Nous devons donc oser construire et élaborer en toute indépendance en nous appuyant sur notre slogan fondateur : Une autre société, une autre école.

D.4. Quelques pistes pour reconstruire :

Il faut se déterminer par rapport à notre participation aux réseaux des marches européennes et au réseau anti-mondialisation (ATTAC, CCOMC etc.).

Il faut intensifier nos relations avec le réseau syndical regroupé autour du texte de Grenade et construire une coordination européenne.

Il faut que les syndicats frontaliers prennent contact avec les syndicats des pays voisins (Besançon/Suisse ; Lille/Belgique etc...)

IV. DES OUTILS POUR LA CONSTRUCTION DE SUD EDUCATION

IV.1 Un fonctionnement en phase avec nos priorités et nos valeurs

La question des objectifs et des modes de construction découle directement des analyses de la situation, des priorités d’action et de notre volonté de créer un syndicalisme différent. Après celle (même si elle n’est pas achevée) de la création, de la structuration et de la reconnaissance, SUD Éducation doit engager une nouvelle étape de son existence : le développement.

Après quatre années de fonctionnement, il importe de se doter des moyens de couvrir tout le champ de l’Éducation Nationale : être présent sur tout le territoire et s’assurer de lutter avec toutes les catégories de personnel : précaires, ATOSS, et enseignants. Au-delà des pétitions de principe il s’agit de développer une politique de construction et de prendre en compte les nombreuses attentes des adhérents qui n’ont pas toujours de passé militant.

IV.2 Construire la Fédération

Constat et objectifs

Les élections professionnelles et les mobilisations de 1999 et 2000, ont montré que Sud-éducation avait sa place dans le champ syndical. Là où nous étions présents et constitués, les résultats électoraux sont encourageants. Lors des mobilisations, notre implication, a pu donner le ton.

Toutefois, notre implantation est encore trop restreinte. Dans plusieurs académies et départements, nous n’avons pas de syndicats ou d’adhérents, et dans d’autres Sud-éducation conserve une implantation marginale. Certains adhérents, trop isolés, ne bénéficient pas du soutien logistique minimum. Nous ne pouvons pas attendre que de nouveaux adhérents nous rejoignent sans leur donner les moyens pratiques d’action. Il est temps de se doter des moyens d’une construction nationale, qui mette l’accent sur l’assistance aux syndicats et adhérents, et développe des moyens de syndicalisation dans toutes les catégories..

Propositions : s’assurer des moyens de construction

- Le niveau fédéral doit mettre rapidement à disposition de tous les adhérents des outils techniques de syndicalisation (plaquettes, affiches, etc...) donnant les moyens d’agir au plus près du terrain ;

- Pour cela des groupes de liaison professionnels (1er, 2nd degrés, enseignement professionnel, ATOSS, précaires, etc...) et des commissions thématiques (enseigner dans les quartiers défavorisés, IUFM...) doivent être renforcés ou mis en place, mandatés par le CF, animés par un (ou plusieurs) syndicats et un membre de la CE, se déroulant dans le cadre de stages fédéraux. Après validation par ce dernier, ce matériel doit être disponible pour l’intervention concrète des syndicats locaux.

- L’aide à la construction locale de syndicats (tant du point de vue numérique que de l’inter catégoriel) doit être une priorité du fonctionnement de chaque structure et de la fédération ;

- Notre presse syndicale doit se diversifier et se clarifier : un journal d’information, de débat, et de propagande pour les adhérents et sympathisants, une revue théorique pour approfondir nos orientations, un bulletin interne de débats, des brochures spécialisées.

IV.3 Construire un syndicat intercatégoriel

Constat et objectifs

Sud-éducation entend être un syndicat intercatégoriel, mais là encore, notre implantation et notre présence dans les mouvements est très variable. Être présent pour l’ensemble des professions de l’Éducation Nationale suppose que l’on se dote des moyens de répondre aux attentes des différents personnels : précaires, emplois jeunes, administratifs, ouvriers et enseignants. Nous serons d’autant plus présents à leurs côtés que nous saurons formuler concrètement des revendications correspondant à leurs situations. L’organisation de réunions spécifiques catégorielles peut favoriser l’élaboration de documents et de revendications et permettre des contacts nécessaires à notre développement. C’est localement que SUD Éducation peut donner un véritable sens au mot solidarité en agissant et en mobilisant l’énergie de ses adhérents pour défendre les personnels les plus en difficulté.

Propositions : priorités et moyens d’action

- Les précaires, les ATOSS et les nouveaux enseignants doivent faire l’objet d’une action spécifique ;

- Des éléments concrets d’information sur les statuts des différents personnels, outils indispensables à l’implication dans les luttes devront être édités ;

- Un échange permanent d’informations sur les actions menées dans les différents syndicats pour les différents personnels, notamment par le biais de la presse fédérale et d’un site Internet fédéral, permettra de développer nationalement des actions locales.

IV.4 Assurer le fonctionnement démocratique et le renouvellement

Constats et propositions.

Le syndicalisme de lutte et l’attachement à la démocratie interne, loin d’être des freins à la construction d’un mouvement syndical fort, en constituent les composantes essentielles. Nous sommes confrontés à l’intégration de nouveaux adhérents, qui n’ont pas tous un passé militant, et au renouvellement des responsables conformément à notre souhait d’une rotation des mandats. Cela doit se traduire par une pratique du débat démocratique et une politique de formation des militants.

Propositions : formation et fonctionnement interne

- Développer une politique de formation des nouveaux adhérents, qui leur apporte des éléments pour se situer dans l’histoire du syndicalisme et de Sud-éducation ainsi que des éléments concrets pour agir sur le terrain (statuts, outils d’interventions...) ;

- Se doter d’une politique de formation permanente de tous les adhérents pour préparer la rotation des responsabilités, en évitant à la fois la spécialisation menant à la bureaucratisation et la perte des expériences acquises interdisant toute action dans la durée ;

- Clarifier le fonctionnement de la fédération en donnant au conseil fédéral les moyens d’exercer son rôle d’instance de décision et en renforçant la commission exécutive pour appliquer ces orientations ;

- Maintenir une pratique démocratique des débats et de l’action des syndicats en assurant le rôle des assemblées générales ;

- Encourager les commissions thématiques qui pourront regrouper transversalement des militants de syndicats locaux.

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