Pas (entierement) d’accord avec François Rufin

lundi 30 août 2010

L’interview de François Rufin publiée dans notre dernier journal a retenu l’attention de nos lecteurs.

Avec F. Rufin, nous pensons que le vocabulaire de la lutte des classes est le mieux adapté pour comprendre la situation actuelle. Il est même essentiel de rompre avec le discours euphémisé que nos adversaires de classe imposent, par médias interposés. Ce discours tend à effacer toute référence à la lutte de classe, et même toute idée de solidarité de classe : ainsi glisse-t-on de l’impérialisme à la « mondialisation », de la bourgeoisie capitaliste aux « marchés », de la révolution à la « transformation sociale »… quand ce n’est pas de la grève à la « journée d’action ».

Comme F. Rufin, nous cherchons à comprendre les raisons de la résignation qui prévaut jusqu’à ce jour, alors même que les causes de la faillite du système bancaire sont connues et que les mécanismes de l’escroquerie ont été mis à jour.

Faut-il voir la cause de la résignation dans l’absence d’alternative politique, impliquant « la gauche de la gauche ». Certains parmi nous le pensent, d’autres non…

Mais quel que soit le point de vue des uns ou des autres, les militant-e-s de Sud éducation refusent que le syndicat soit la courroie de transmission d’un parti politique. Nous ne pouvons accepter que les luttes de classe aient pour objectif de peser sur la gauche de gouvernement, par exemple au moyen d’un renforcement électoral de la gauche de la gauche.

Sud Éducation existe pour contester la volonté de limiter le syndicalisme aux revendications « économiques » immédiates. Pour nous, les travailleurs mobilisés doivent rester maîtres du devenir de leur mobilisation et du rapport de forces qu’ils ont créé, par l’intermédiaire des organismes de lutte qu’ils ont mis en place (comités de grève, etc.).

Sud éducation Ille-et-Vilaine