Pour la défense de l’École Publique de la Maternelle à l’Université : grèves et manifestations mardi 10 mars et mercredi 11 mars !

mercredi 25 février 2009
mis à jour jeudi 12 mars 2009

Depuis plus d’un mois les personnels en grève du supérieur sont en lutte :

contre la LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) et ses conséquences ;

contre le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs ;

contre la masterisation et la réforme des concours de recrutement du premier et du second degré ;

contre le démantèlement en cours des organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRA, etc.) et leur transformation en agence de moyens ;

contre les dotations budgétaires insuffisantes dans l’enseignement supérieur et la recherche, et la mise en concurrence des universités ;

contre la suppression programmée du corps de catégorie C des Biatoss et l’externalisation de leurs fonctions, pour la titularisation sans condition des précaires en poste ;

pour l’obtention d’un plan pluriannuel de recrutement d’enseignants, chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels de bibliothèque, administratifs et techniques, sur postes de fonctionnaire de la fonction publique d’État, à la hauteur des besoins.

En quoi tous les enseignants du premier et du second degré sont-ils directement concernés par cette réforme ?

La suppression de l’année de formation payée avec le statut de fonctionnaire stagiaire et l’allongement d’une année des études non rémunérées (ou avec des stages sous-payés) accroîtraient le tri social déjà à l’œuvre de la maternelle à l’université, multipliant les embûches pour les étudiants des milieux populaires, déjà de moins en moins nombreux.

Le non remplacement d’une partie des départs en retraite et la réduction drastique des postes aux concours diminueraient le nombre d’enseignants fonctionnaires titulaires.

Dans ce contexte, les candidats, nombreux, qui obtiendraient un master mais échoueraient au concours (ou ceux dont la réussite au concours ne serait pas validée faute de master !), constitueraient un vivier important d’enseignants précaires, sans autre débouché dans de nombreuses disciplines.

Le projet Darcos-Pécresse vise donc à mettre en concurrence plusieurs catégories d’enseignants, avec un moins-disant salarial pour le plus grand nombre.

La possibilité offerte depuis la loi du 26 juillet 2005 d’employer dans la Fonction Publique des contractuels en CDI sur des emplois permanents ouvre un boulevard à la contractualisation des enseignants. À terme, les recrutements pourraient s’effectuer localement sans concours en puisant dans le vivier des étudiants à bac + 5.

Cela signerait la remise en cause du statut de la fonction publique pour tous les personnels de l’Éducation Nationale, comme c’est déjà le cas à La Poste ou France Telecom.

Le projet Darcos-Pécresse renonce à une véritable formation en alternance, articulant connaissances scientifiques et compétences didactiques et pédagogiques. Pendant la préparation des masters, l’aspect professionnel sera largement réduit, voire inexistant dans certains masters de recherche, et variable suivant les universités du fait de l’autonomie (ce qui préfigure une inégalité des formations), et l’année de formation en alternance remplacée par quelques semaines de stages d’observation ou de pratique accompagnée dans le meilleur des cas.
Mais les projets ministériels concernant les concours ne laissent pas pour autant la part plus belle aux contenus scientifiques, réduits au profit notamment d’épreuves sur la connaissance du système éducatif qui laisseraient l’arbitraire le plus politique se développer. Les universitaires deviendraient minoritaires dans les jurys de concours au profit de « personnels de direction, des membres de l’administration et de la hiérarchie de l’Education nationale ainsi que des membres de la société civile ».

Pour SUD éducation, il est hors de question d’accompagner cette contre réforme en négociant des améliorations à la marge. Depuis l’Appel du 8 novembre, nous avons participé aux côtés d’autres syndicats et organisations aux coordinations nationales sur la formation des enseignants et la refonte du statut des enseignants-chercheurs. SUD Education a participé aux réunions de la Coordination nationale des Universités. Nous avions immédiatement soutenu son appel de février pour une grève et une manifestation de convergence avec le supérieur le 10 mars. Des syndicats Sud éducation sont déjà engagés dans la préparation de cette grève dans plusieurs académies ; dans d’autres, c’est la date du 11 mars qui fait consensus entre les comités de grève des universités et les organisations syndicales. La coordination nationale vient finalement, sur proposition de l’intersyndicale du supérieur, de retenir le mercredi 11 mars pour des manifestations unitaires de la maternelle à l’université.

Dans ces conditions, la Fédération SUD Education :

Maintient son appel à la grève le 10 mars pour participer aux actions votées par la coordination nationale (blocage des rectorats et les inspections académiques, rassemblements, actions diverses)

S’associe aussi pleinement à l’appel à manifester le 11, décidé par la coordination nationale des universités, réunie à Créteil le 6 mars.

Considère qu’il faut tout faire pour réussir une convergence de tous les personnels des premier et second degrés, du supérieur et des étudiants dans l’action le 10 et le 11.

Propose que se tiennent des AG communes pour déterminer ensemble les suites à donner à cette mobilisation notamment en préparant la grève interprofessionnelle du 19 et en mettant en débat sa reconduction.

Alors que nous connaissons les mesures de carte scolaire du 1er degré et du 2nd degré et des milliers de suppressions de postes aux concours, que rien n’a réellement bougé quant à la disparition des RASED, que la suppression des BEP et la réforme du Bac pro sont réaffirmées, que de nouveaux emplois précaires sont créés sur des compétences relevant des CPE et des Assistantes Sociales, que l’arbitraire hiérarchique s’attaque au paritarisme, que l’autoritarisme prétend réprimer ceux qui « désobéissent », c’est le moment d’amplifier la mobilisation pour faire échec à cette politique.

Notre engagement dans le renforcement de la mobilisation doit favoriser la construction d’un rapport de force qui permette de préparer la grève interprofessionnelle du 19 mars et ses suites immédiates dans l’action, en particulier du 18 au 20 mars quand se réunira le sommet européen portant sur la mise en œuvre de la stratégie de Lisbonne, visant la privatisation et la marchandisation des savoirs, sous prétexte de promouvoir une « économie de la connaissance » qui implique le démantèlement du service public d’enseignement et de recherche à l’échelle européenne.

De la maternelle à l’Université, unissons-nous pour la défense du service public et laïque d’éducation et de recherche.

Saint Denis le 06 mars 2009

Documents joints

Communiqué 10-11 mars 09

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