Pour la régularisation des Sans Papiers : SUD Éducation solidaire avec les grévistes de la faim de Poitiers

Communiqué
jeudi 29 juin 2006
mis à jour vendredi 20 avril 2007

Depuis le 29 mai, 93 Sans Papiers ont entamé une grève de la faim dans une école désaffectée de Poitiers. Leur
revendication est claire : régularisation administrative de tous les Sans Papiers de la Vienne.

Leur combat est le notre. C’est celui des luttes contre la précarité institutionnalisée, pour le respect des Droits
de l’Homme et pour vivre dans la dignité.

Ces 70 hommes et 23 femmes ont choisi collectivement cette action grave car ils sont épuisés d’essuyer des refus successifs de régularisation après des examens sans fin, et ceci dans un contexte où la répression s’intensifie à leur égard. A la troisième semaine de grève de la faim, le préfet de la Vienne affiche son mépris en refusant le traitement collectif des 350 demandes de régularisation transmis par le collectif de soutien.

La Fédération des syndicats SUD Education, membre de l’Union syndicale Solidaires, apporte son soutien aux
grévistes de la faim de Poitiers, à leur famille et, plus largement, aux Sans Papiers de France en lutte pour leur
régularisation et le droit de vivre en France. Elle exige la régularisation administrative de tous les Sans Papiers,
de la Vienne et d’ailleurs.

Nous appelons toutes nos équipes militantes, les personnels de l’Éducation nationale et de la Recherche publique et, plus largement, les salariés, chômeurs et retraités à apporter leur soutien à ces luttes qui seront longues et difficiles (à Poitiers, à Rouen où se déroule l’occupation de l’église Saint-Sever, à Marseille, ...).

Le versement de don est à effectuer à la caisse de soutien (chèque à l’ordre du MRAP. 22, rue du pigeon Blanc
86000 Poitiers).

Les visites de soutien sont les bienvenues au 34, rue de la Bretonnerie à Poitiers (Collectif de soutien aux Sans
Papiers grévistes de la faim : http://solidairessanspapiers86.hautetfort.com)

Pour comprendre la désespérance exprimée dans cette action, les cris d’alerte laissés sans réponse, il est nécessaire d’évoquer le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et Demandeurs d’Asile (CESEDA), dernier avatar des politiques gouvernementales successives d’exclusion.

Cette loi populiste, proposée par Zarkozy pour draguer les électeurs xénophobes et racistes de l’extrême droite et de son camp, propose, entre autres, de supprimer le droit à la délivrance d’un titre de séjour pour les étrangers présents depuis au moins dix ans en France. Ce choix d’exclusion condamne les sans papiers à l’irrégularité perpétuelle et par conséquent à des conditions de vie misérables ...

Dans ces conditions, les Sans Papiers n’ont aucun droit et vivent dans la peur quotidienne d’être arrêtés puis enfermés dans un centre de rétention, avant d’être expulsés. Travailleurs illégaux, dans une totale dépendance
vis à vis de leurs patrons, ils sont confrontés à la précarité, la surexploitation et le non-droit. La politique du gouvernement en matière d’immigration s’inscrit délibérément dans une perspective utilitariste. N’est acceptable que l’étranger perçu comme rentable pour l’économie française. Cette logique s’inscrit dans la
logique libérale qui tend à imposer flexibilité et précarité à l’ensemble du salariat. De même, ce gouvernement ne respecte pas la convention internationale des Droits de l’Enfant : cyniquement, il appelle les préfets à expulser les enfants scolarisés et leurs familles à partir ... du 1er juillet. Qu’ont-ils choisi, ces enfants ? Avec le réseau Éducation Sans Frontières 86, nous militons pour la défense des enfants scolarisés sans papiers et de leurs familles.

Pour mieux faire oublier les problèmes d’insécurité sociale générés par sa politique, le gouvernement vise à faire des étrangers les boucs émissaires des maux de la société française (chômage, précarité, délinquance... ). Il intensifie le recours à des pratiques sécuritaires et à la mise en place d’appareils répressifs qui restreignent chaque jour davantage les libertés individuelles et stigmatisent les populations ciblées, déjà largement précarisées, en les excluant socialement.

Une telle approche de l’immigration favorise la montée de la xénophobie, du racisme, de l’exclusion, et, par réaction, des communautarismes.

Nous condamnons les lois de circonstance, les circulaires et les pratiques administratives qui organisent la traque, le rejet et l’expulsion des étrangers du territoire français.

Nous exigeons la régularisation administrative de tous les Sans Papiers, de la Vienne et d’ailleurs.

Saint Denis le 13 juin 2006

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