Pour un syndicalisme Solidaire, Unitaire et Démocratique au ministère de la Justice.

 janvier 2002
mis à jour samedi 29 janvier 2005

La mise en place des 35 heures au Ministère de la Justice relève de l’escroquerie. Ce que Martine Aubry jugeait inacceptable pour le privé, devient acceptable dès qu’il s’agit des fonctionnaires.

Le pouvoir conforte ainsi l’idée que les fonctionnaires auraient des avantages acquis pharaoniques, qu’il convient de casser : c’est la plus formidable remise en cause du droit du travail qui est en voie de passer comme une lettre à la poste sans mobilisation réelle des organisations syndicales de la justice, sans volonté de coordonner les luttes dans la fonction publique. Chaque syndicat joue les batailles d’appareil à l’aube des élections professionnelles de 2002. Les réactions les plus fortes, les plus justifiées des personnels, quand ils arrivent à avoir les informations, sont mises sous le boisseau. La présidentielle passée, les retraites seront sur le tapis... faudra-t-il encore abandonner sans se battre ??? D’ores et déjà le Sénat compare les retraites des fonctionnaires en Europe, sûrement pas pour améliorer la situation.

Il reste pourtant que ce passage aux 35 heures, n’est qu’un leurre qui vise à casser les avantages acquis au fil des luttes. Outre le fait qu’un jour de RTT n’est pas un jour de congé ordinaire, puisqu’il peut être imposé par le patron :

- Il n’est pas possible de passer aux 35 heures sans créations de postes.

- Il n’est pas possible d’élargir l’amplitude d’ouverture du service public sans créations d’emplois sauf à recourir aux heures supplémentaires ou aux horaires coupés.

- Il n’est pas possible de maintenir la charge de travail actuelle, avec soi-disant des heures en moins, sauf à aggraver les conditions de travail.

- La Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse annonce des plafonds maximums horaires de 72 heures de travail par semaine en Centre d’Education Renforcé, de 50 heures en foyer, de 12 heures par jour en milieu ouvert.

- La Direction poursuit sa politique de division non seulement en émiettant les statuts mais aussi en parcellisant les "avantages" selon le lieu de travail : prime ici, Nouvelle Bonification Indiciaire là, congé à gauche et pause à droite.

- Le calcul des heures supplémentaires est aussi une régression sociale, le barème est désormais unique.

- La flexibilité est institutionnalisée non pas au service de l’usager mais seulement pour une réponse bureaucratique qui satisfasse la pensée unique : on se moque de savoir comment et par qui sera assurée cette continuité du service public, l’important c’est d’être ouvert... Tout comme on se contrefiche de savoir si les Centres de Placement Immédiat fonctionnent, l’important c’est qu’ils existent... sur le papier. (...)

- Il n’est plus possible d’accepter passivement la remise en cause de la protection de la jeunesse.

- Il n’est plus possible de participer à la pénalisation de la pauvreté.

- Il n’est plus possible de se taire lorsque le discours sécuritaire est l’unique référence.

- Il n’est pas possible d’entériner les pires atteintes aux droits de l’homme depuis 1945 sous couvert d’hypothétiques attaques terroristes.

Ces élus qui devisent doctement de l’ordonnance de 45 et de la tolérance zéro (dont on pourrait faire le bilan social) à la télé, s’opposent à l’ouverture des centres sur leur commune.

Les mêmes qui veulent des réponses immédiates sont incapables de penser à moyen ou long terme. C’est bien beau de réclamer la répression tous azimuts, mais le détenu ressort un jour de prison, que fait-on pour lui éviter la récidive ? Ce n’est pas en 3 mois de CER ou de CPI que l’on change la personnalité d’un adolescent. L’éducation ne tient ni de la magie, ni du miracle, ni du dressage.

C’est beau de demander des lieux d’où l’on ne fugue pas, cela s’appelle un bagne, un centre fermé ou une prison. Nous n’avons pas la mémoire courte, c’est au début des années 70 que l’Éducation Surveillée a arrêté les centres fermés. Parce que la violence y était insupportable, parce que ni les droits de l’Homme, ni ceux de l’Enfant n’y étaient respectés, parce que l’on y fabriquait des "fauves" (déjà à l’époque). On ne peut pas pleurer le matin sur ces gosses victimes de violences physiques ou sexuelles et tempêter le soir contre ces jeunes de plus en plus violents, ce sont les mêmes, toutes les études le montrent, tous les professionnels le savent !! Mais pour cela, il faut aller sur le terrain et rencontrer, parler, écouter ces jeunes, au lieu d’en faire la grande peur du XXIe siécle. Le rêve des politiques, c’est la délinquance zéro dans leur cité. Les mêmes avaient inventé un monde sans drogue en 1970, on connaît la suite... Qu’ils arrêtent de se cacher derrière des formules médiatiques et des concepts creux. C’est dans le respect de l’autre, dans le respect du Droit que l’on construit une société démocratique, et surtout pas par le fichage social ou par le quadrillage policier. Faut-il rappeler que parmi les principes, il y a celui de "sûreté", c’est à dire d’un jugement équitable et celui de la "résistance à l’oppression" d’un pouvoir qui oublierait les principes républicains .

Ici, la plus grande violence c’est le chômage et la précarité. Dans le tiers monde, c’est le pillage des ressources, des cerveaux et des matières premières au nom de la mondialisation libérale. A quand la tolérance zéro pour ces patrons qui licencient, qui délocalisent au nom de la rentabilité ? Le pire climat d’insécurité, c’est chez Moulinex ou Bata qu’il faut le chercher. Être victime de la mondialisation n’autorise pas la délinquance mais cela explique au moins que sans espoir, les actes d’appropriation ou de violence se multiplient. Est-ce un hasard si de nouveau, les ouvriers menacent de faire sauter leur usine ? On en revient à la fin du XIXe siècle quand les prolos cassaient les machines.

C’est à nous, Professionnels, de mettre en garde, de dénoncer la confusion, les fausses bonnes idées et les logiques policières et répressives qui conduisent des jeunes et des quartiers entiers dans le mur. Ce n’est pas au ministre de l’Intérieur de dire comment la justice doit s ’appliquer. C’est à nous, de demander de vrais moyens et ne plus nous satisfaire de la pauvreté de la justice : le blanchiment de l’argent sale doit être combattu avec autant d’acharnement que la dégradation volontaire de poubelles.

Voilà pourquoi, devant le refus d’élargir la lutte par les organisations existantes, face à la gestion bureaucratique des négociations, il nous paraît nécessaire de créer un syndicat SUD, au Ministère de la Justice parce qu’il faut maintenant combattre pied à pied l’application des décrets :

- Solidaires, parce que la parcellisation des combats est une certitude d’échec,

- Unitaires, parce ce que c’est en créant l’union la plus large, en recherchant des alliances que nous ferons avancer nos revendications et respecter les droits des usagers du service public.

- Démocratiques, c’est notre choix d’organisation, des militants pas de permanents ... Le syndicat est un lieu ouvert de débats, les mandats sont définis et contrôlés par l’assemblée générale des grévistes ou d’adhérents.

Un Syndicat doit certes défendre les intérêts quotidiens des travailleurs de son secteur, mais il doit aussi défendre une éthique du service public. Il est de son devoir d’intervenir dans le débat citoyen lorsque les politiques dérapent.

Ce syndicat n’aura d’existence que par votre adhésion. Les militants à l’origine de cet appel étaient pour certains encore à la FSU ou la CFDT il y a quelques jours. D’autres avaient quittés, déçus, ces organisations depuis plus longtemps ; d’autres enfin ne se retrouvaient pas dans l’offre syndicale et n’étaient pas syndiqués. Si cet appel est destiné avant tout aux personnels de la PJJ, le projet est de syndiquer et défendre, demain, les revendications de tous les personnels du Ministère. Tout reste à faire, l’organisation est à créer, ses orientations à définir. Les militants à l’origine de cet appel, syndiqués ou non ne sont propriétaires de rien. Elles, ils voulaient une nouvelle organisation respectueuse des aspirations des personnels en lutte. Toutes celles et tous ceux qui sont intéressés peuvent prendre contact avec :

SUD-Justice C/O SUD santé-sociaux ( hébergement provisoire). 2, rue Henri Chevreau - 75020 PARIS.
tél. : 01 40 33 85 00 - fax : 01 43 49 28 67 - mèl : sud.crc@wanadoo.fr

SUD Justice ne sera que ce que nous en ferons ensemble

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