Pour un syndicalisme alternatif a l’échelle européenne

 octobre 2002
mis à jour samedi 15 janvier 2005

Créés en 1996 à l’initiative de militants désireux de rompre avec le syndicalisme d’accompagnement et cogestionnaire, les premiers syndicats locaux sud éducation ont vu le jour à Toulouse, paris, Laon. Très vite, leur développement s’est étendu à toutes les académies et la fédération compte aujourd’hui 54 structures départementales ou académiques, toujours créées à partir d’équipes locales qui décident de rejoindre un syndicalisme de lutte, inter-catégoriel et non-corporatiste, militant dans le cadre interprofessionnel de l’union syndicale solidaires (avec SUD PTT, SUD Rail, SUD Culture etc.), ancré dans les mouvements sociaux.

Regroupant toutes les catégories de personnels, titulaires et précaires, enseignants, administratifs, ouvriers, sociaux, dans des structures locales souveraines, sud éducation inscrit son action et ses pratiques dans les orientations définies par ses adhérents : débat démocratique et décisions en assemblées générales, mandats électifs limités dans le temps, indépendance par rapport aux partis politiques.

Pour un droit inaliénable a l’éducation pour toutes et tous

Convaincus que la défense du droit inaliénable à l’éducation pour tous n’a de sens que dans le cadre de la lutte contre le capitalisme mondialisé, qui vise à faire de l’école une entreprise rentable et de l’éducation une marchandise, nous dénonçons les projets d’accord général sur le commerce et les services (initié par l’OMC), relayés par la commission européenne et les ministères de l’éducation dans les différents états.

Pour les partisans du libéralisme "moderne" (à l’instar du baron Seillières, président du Médef), l’école a pour mission de formater à moindre coût des individus employables, massivement déqualifiés, destinés à un travail de plus en plus précarisé, de moins en moins protecteur de droits. Les marchands de "compétences" validables cherchent à détruire les savoirs et les diplômes en les vidant de leur contenu, à intervenir de plus en plus dans les cursus de formation et dans leur financement en ciblant les plus rentables, seuls les autres étant laissés au service public. Le lycée des métiers, fleuron de la politique scolaire du précédent gouvernement et repris tel quel par ses successeurs, en instituant une hiérarchie entre formations d’élite à gros budgets et filières d’exclusion, constitue une parfaite illustration de l’évolution de l’école et de l’atteinte aux qualifications et au code du travail.

Sud éducation considère que la résistance à l’offensive marchande par des revendications corporatistes au sein du système scolaire national ("démocratisation" de l’école, exigences budgétaires, défense des statuts, des programmes...), même si elle est nécessaire, ne saurait suffire à enrayer un processus profondément installé à l’échelle internationale.

Construire la fédération syndicale alternative dans l ’école

Parce qu’aucun retour en arrière vers une école de la république qui n’a jamais été égalitaire n’est souhaitable ni envisageable, sud éducation s’est engagé, avec d’autres syndicats alternatifs européens (CGT espagnole, unicobas italiens, sud éducation- canton de Vaud/suisse...) dans la construction d’une fédération syndicale alternative dans l’école (fesale), indépendante des partis de gouvernement, des institutions européennes et de leur appendice syndical que constitue la confédération européenne des syndicats. Avec nos partenaires européens, nous serons d’ailleurs présents au forum social de florence (du 6 au 9 novembre).
Notre projet commun est de combattre ensemble et dans chaque pays pour que l’éducation des jeunes soit proclamée bien collectif et droit inaliénable au savoir et à la culture, définis à partir des besoins sociaux et selon les valeurs d’égalité, de laïcité et de gratuité.

Ce combat est indissociable du combat pour d’autres rapports sociaux dans l’école (et hors de l’école), entre élèves et institution, mais aussi entre les différentes catégories de personnels, pour que disparaissent le pouvoir hiérarchique et la domination des uns sur les autres.

Deux rendez-vous électoraux importants

Syndicat alternatif appuyé sur les luttes des salariés de l’Education nationale et les luttes sociales, sud éducation, qui assure partout où il existe la défense du personnel au jour le jour, s’engage également dans les instances paritaires de défense des droits des personnels. C’est dans ce sens que nous présenterons des listes aux élections professionnelles enseignantes de décembre 2002 (concomitantes aux élections prud’homales pour les salariés du secteur privé), malgré l’obstacle de la loi Perben qui interdit aux organisations syndicales non-confédérées ou non-majoritaires de soumettre librement leurs orientations au suffrage des électeurs.

En conquérant son droit à exister face à une loi anti-démocratique, sud éducation pourra aussi, dans un secteur professionnel encore largement dominé par un syndicalisme catégoriel de cogestion, faire la preuve de sa représentativité et mesurer l’impact de son engagement au côté des autres syndicats solidaires et des mouvements sociaux pour une autre société.

Agenda

<<

2019

>>

<<

Novembre

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
28293031123
45678910
11121314151617
18192021222324
2526272829301