Pour une recherche publique, indépendante du secteur marchand et au service de tous

mercredi 1er juin 2005
mis à jour vendredi 2 septembre 2005

L’élection au conseil scientifique du CNRS aura lieu du 17 juin au 11 juillet 2005. Votez et faites voter pour nos listes !

ci-dessous, vous trouverez la profession de foi de la Fédération des syndicats SUD Education. Elle expose nos orientations syndicales pour la Recherche Publique.

Syndicats intercatégoriels, nous présentons des listes dans trois collèges : B1 (chargés de recherche, ...), B2 (Maîtres de Conférences, ...), C (Ingénieur, techniciens et administratifs ITA/ITARF, ...).

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Profession de foi pour l’élection du conseil scientifique du CNRS

liste « Pour une recherche publique, indépendante du secteur marchand et au service de tous »

présentée par la Fédération SUD Éducation, membre de l’Union syndicale Solidaires.

La mobilisation des personnels de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur a permis d’alerter à nouveau l’opinion publique sur la dégradation de l’emploi et des crédits budgétaires dans nos organis-mes (dont CNRS et universités). Face à cette révolte, le gouvernement rassure d’un côté par une aug-mentation des crédits, mais libéralise de l’autre par le renforcement de l’Agence Nationale de la Recher-che (ANR), par la création de pôles d’excellence (Recherche et Enseignement Supérieur, les PRES et directions interrégionales du CNRS), par la mise en place de la réforme Évaluation/Notation et par l’embauche de CDD augmentant la précarité dans la Fonction Publique.

Certes, les crédits recherche sont en hausse, mais pour quoi faire ? Vraisemblablement pas pour améliorer la recherche publique...

Ce n’est pas le choix de ce gouvernement...

Par la mise au pas de la politique scientifi-que et dans le cadre défini par le gouvernement et certaines instances dirigeantes des établisse-ments, les crédits provenant majoritairement d’exonérations fiscales seront utilisés pour une recherche publique asservie à des intérêts privés, pour amoindrir la recherche fondamentale et dé-truire des pans entiers de recherche jugés non rentables (Sciences humaines et sociales, let-tres/langues, mathématiques, physique théori-que...).

A cette politique nous opposons une recherche publique, indépendante, intégrée au Service Public et au service de l’intérêt général. Ce qui suppose, de notre point de vue :

-  que les activités de recherche dans les universités et les EPST soient assurées, conformément à la loi, par des personnels titulaires, seuls en capacité de construire sur le long terme et de transmettre leurs acquis. Aussi sommes-nous pour l’élimination de tous les contrats à durée déterminée qui se substituent aux statuts de fonctionnaire. En d’autres mots, nous demandons que la loi d’orientation de 1982 soit appliquée (l’absence de décret a favorisé la création de CDD de chercheurs,...) et revendiquons en parallèle l’intégration sans conditions de concours et de nationalité de tous les précaires ;

-  que les départs à la retraite, qui vont s’intensifier dans les prochaines années, soient effectivement et intégralement remplacés (par de nouveaux titulaires donc, et non par des CDD « post-docs » sous contrat de 10 à 18 mois ou CDD de 3 à 5 ans) ;

-  que les personnels ne soient pas mis en situation de concurrence (primes, appels d’offre, etc.) et de dépendance hiérarchique renforcée (réformes prévues au CNRS et dans les uni-versités). Aussi, nous demandons l’abrogation de la loi Évaluation/Notation ;

-  que la recherche publique soit financée par des fonds publics, sous forme de soutien de base aux laboratoires : pour garantir l’indépendance de la recherche et de l’expertise publiques, il est essentiel que le fi-nancement des laboratoires publics ne soit pas dépendant de fonds privés. De même, les pépinières d’entreprise et autres « incubateurs » n’ont rien à faire sur les campus : ces activités relèvent du champ marchand ;

-  que les appels d’offre émanant du ministère de la recherche (ANR aujourd’hui), mettant en concurrence les laboratoires dans des conditions pour le moins opaques, ne soient plus générateurs de pratiques de lobbying malsai-nes et de gaspillages de temps pour les équipes. Aussi, nous exigeons la dissolution du GIP ANR et l’annulation des proclamés « pôles d’excellence » PRES plaçant certaines universités en opérateurs de la recherche et agences de moyen ;

-  que l’on réfléchisse aux moyens de prendre en compte les attentes de l’ensemble des citoyens vis-à-vis de la Recherche Publique (la présence de représentants de quelques lob-bies ou grands groupes privés dans les conseils d’administration des EPST et des univer-sités ne remplit que très partiellement et très partialement cette fonction !).


Compétition Économique ne rime pas avec Recherche Scientifique.

Traité établissant une Constitution pour l’Europe (TCE) - SUD Education appelait à voter contre -, pré-projet de Loi d’Orientation et de Programmation de la Recherche et de l’Innovation (LOPRI), réforme initialement prévue dans « le projet pour le CNRS », LOLF, AGCS... A tous les niveaux, dans ces textes et projets, la recherche scientifique apparaît comme un des vecteurs de la croissance économique. Si les fruits de la recherche peuvent donner lieu à des avancées technologiques, il est réducteur et dangereux - pour notre secteur comme pour l’ensemble de la société - de réduire la recherche à un outil stratégique dans la compétition économique internationale.

Défendons la conception non-mercantile de la recherche !

- la recherche comme une production et une transmission de savoir.

- la recherche comme une œuvre collective (reconnaissance de toutes et tous).

- la recherche au service de l’intérêt collectif (libre accès aux résultats et non brevetabilité) et non d’intérêts privés (ce qui est bon pour les entreprises l’est-il pour la société ?).

- le renforcement de l’expertise critique (indépendance vis-à-vis du secteur marchand).

- le soutien de la recherche non productiviste (culture, éduca¬tion, ...). En particulier, c’est ce type de recherche qui devrait être soutenu par l’Union Européenne dans le droit fil de ses traditions humanistes si souvent revendiquées !! Et non une recherche scientifique alimentant la compétition économique internationale dont on ne sait plus quels sont les bénéfices réels pour nos sociétés...

Pour cet ensemble de raisons, nous nous opposons aux réfor¬mes et réorientations en cours dans le secteur de la recherche (ministère, CNRS) et soutenons la défense de l’intérêt collectif et des services publics (éducation, santé, communications, énergie,...).


Quelle est la place de notre syndicalisme dans un conseil scientifique du CNRS ?

Nous pensons que l’orientation scientifique ne relève pas du syndicalisme et nous refusons de participer aux luttes inter-disciplinaires qui sont éloignées de nos valeurs. De même, nous refusons, au nom de notre syndicat, de participer à la co-gestion des carrières, au tri des dossiers et au recrutement des personnels. Aussi, nous ne cautionnons pas la cogestion de la politique libérale du ministère, l’arbitrage de la misère et la mise à mort du Service Public.

Si SUD Éducation présente des listes au Conseil Scientifique, ce n’est pas pour y siéger. Ce scrutin nous permet de diffuser nos orientations syndicales pour la défense des intérêts des personnels et pour la conquête de nouveaux droits. Quelles que soient les compétences des représentants du personnel dans les instances consultatives (CAP, CTPMESR, CNESER, ...), voire dans les instances administratives et scienti-fique (CA, CS du CNRS), elles ne sont rien sans l’action des personnels. Les luttes ne sont pas à mener dans ces instances mais avec les personnels, à la base, au-delà des clivages catégoriels ou disciplinaires. L’unité dans l’action des personnels de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Publique est notre objectif et c’est ce à quoi nous voulons que serve l’outil syndical.


Voter SUD Éducation,

* c’est dire NON à une recherche publique asservie à des intérêts privés et/ou aux caprices du gouvernement, à la précarité institutionnalisée, au démantèlement programmé du CNRS.

* c’est dire OUI à une recherche publique, indépendante, développée au sein du Service Public et au service de l’intérêt général.

* c’est participer au développement d’un syndicalisme alternatif, anti-libéral, intercatégoriel, luttant contre la pré-carité au sein d’un syndicat regroupant tous les personnels de la Recherche Publique et de l’Éducation Natio-nale associés aux salariés du public comme du privé au sein de notre union syndicale Solidaires.


Flash CAP - Flash CAP - Flash CAP - Flash CAP -

SUD Éducation appelle au boycott du premier tour des CAP CNRS à l’automne 2005. Pourquoi ? Du fait de la loi Perben, les personnels ne peuvent pas choisir librement leurs délégués. Seuls les « grands » syndicats peuvent déposer des listes sans avoir à faire preuve de leur représentativité. L’élection aux commissions administratives paritaires (CAP du CNRS) aura lieu à l’automne 2005. SUD Éducation, syndicat jugé non représentatif par l’Etat et la loi Perben, verra probablement ses listes rejetées par l’Administration. Par contre, si le quorum de 50% de votants n’est pas atteint au premier tour de scrutin, toutes les organisations syndicales dont SUD Education pourront se présenter à vos suffrages. Pour avoir la liberté de choisir librement nos représentants, boycottons le premier tour des CAP !


Les candidats sont :

B1 : Olivier RAMARE Lille (SUD Nord/Pas de Calais), Bruno ALONSO Orléans (SUD Loiret)

B2 : Jacques THIBIEROZ Paris (SUD Paris), Gilles FRAPPER Poitiers (SUD Vienne)

C : Françoise PICARD Paris (SUD Paris), Sandry WALLON Orsay (SUD Essone)

Contact : fede(@)sudeducation.org

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