Poursuivre la grève pour faire céder le gouvernement

mardi 10 juin 2003
mis à jour vendredi 14 janvier 2005

Saint Denis, le 10 juin 2003

Poursuivre la grève pour faire céder le gouvernement

L’ampleur des grèves et manifestations pour cette journée du 10 juin montre une nouvelle fois la détermination des salariés à
lutter contre les projets de « réformes » du gouvernement. Tous ont conscience que pour faire reculer le
gouvernement sur ses projets, la grève doit continuer à gagner d’autres secteurs,
du public comme du privé. Et c’est bien à la construction de la grève générale que
travaillent les assemblées générales.

Face à cela le gouvernement répond d’une part par la répression (menaces de
sanctions à l’encontre des grévistes, atteintes au droit de grève notamment pendant
les examens et interventions violentes des forces de l’ordre) et tente d’autre part
de séparer les problèmes : négocier quelques éléments dans l’Education Nationale
pour essayer de désamorcer le mouvement de grève reconductible dans ce secteur, en
espérant faire passer par ailleurs l’ensemble de son projet sur les retraites.

Ainsi lors de la table ronde au Ministère de l’Education, le gouvernement, après
avoir annoncé que la question des retraites n’y serait pas abordée, propose de ne
pas « décentraliser » les copsy, les médecins scolaires et les assistantes
sociales, et annonce une rallonge de 80 millions d’euros... pour embaucher des
assistants d’éducation. C’est faire bien peu de cas des revendications des
grévistes. En effet depuis le début du mouvement les revendications sont claires :
- refus de la décentralisation, ou plutôt refus du démantèlement/privatisation
du service public d’éducation. Et cela pour toutes les catégories de
personnel. Or, s’il y a un recul pour certaines catégories de personnels
(copsy, médecins scolaires et assistantes sociales), les atoss, pourtant les
plus nombreux concernés, sont une fois de plus oubliés. Comme s’ils ne
contribuaient pas aussi à la qualité du service public d’éducation. C’est
inacceptable.
- refus des licenciements, notamment des aides-éducateurs, refus des
suppressions de postes, refus de la précarité et refus du statut d’assistant
d’éducation. Or on nous propose d’embaucher plus d’assistants d’éducation !
Alors que c’est contre ce nouveau « statut », contre le licenciement des
emplois-jeunes et pour le maintien des mi-se que les mouvements de grève ont
commencé dès septembre dernier (au point que l’ensemble des syndicats se sont
prononcés contre ce « statut »).
- refus du plan Fillon sur les retraites et abrogation des mesures Balladur. Et
sur ce point rien n’a été proposé. Le débat débute à l’assemblée, mais sur la
base d’un projet que les salariés refusent en bloc (et pas seulement les
salariés en grève, à en croire les derniers sondages...), et en voulant nous
faire croire que « c’est la seule solution technique », alors qu’il s’agit en
fait d’un choix politique de régression sociale. D’autres choix sont
possibles, et c’est pour cela que les grévistes se battent.

Quand bien même la question des retraites pourrait être séparée des autres
revendications, les propositions issues de la table ronde ne répondraient déjà pas
aux revendications des personnels de l’Education Nationale. Il y a néanmoins un
premier recul sur la question de la décentralisation. Qui peut prétendre
aujourd’hui que c’est suffisant et que cela justifierait l’arrêt de la grève en
attendant de nouvelles discussions ? Avec le fait qu’il n’y a aucune avancée sur la
question des retraites, on ne voit pas ce qui permettrait aujourd’hui d’envisager
la reprise du travail. La fédération des syndicats SUD Education appelle donc les
personnels de l’Education Nationale, qui depuis deux mois travaillent à la
construction d’un mouvement de grève générale public-privé, à poursuivre ce
mouvement, même pendant les examens, puisque le gouvernement refuse d’entendre les
revendications.

Avec l’Union Syndicale G10 Solidaires, SUD Education considère que c’est bien la
grève générale reconductible qui permettra de faire reculer le gouvernement. Et
c’est aux salariés, notamment à partir des secteurs les plus mobilisés (dont
l’Education Nationale) de continuer à se réunir en AG interprofessionnelles pour
décider de poursuivre et étendre la grève reconductible. C’est ce à quoi SUD
Education travaille, sur le terrain, avec les syndicats de l’Union Syndicale G10
Solidaires, et avec tous ceux qui souhaitent construire la grève générale jusqu’à
satisfaction des revendications.

Agenda

<<

2020

 

<<

Juin

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293012345