Précarité... y’en a assez ! Titularisation sans conditions...

 janvier 2003
mis à jour samedi 15 janvier 2005

Au lendemain du suicide de notre camarade Georges Mucha (militant de Sud-Education), maître auxiliaire en lycée professionnel et licencié par le rectorat de Clermont-Ferrand après 11 ans de service, les camarades de SUD-Clermont ont voulu organiser avant la fin de l’année 2002 une manifestation à caractère national contre la précarité, et cela à Clermont-Ferrand.
Lors du Conseil Fédéral de SUD-Education le 18 octobre, cette proposition a été retenue. Il fallait alors se mettre au travail et convaincre des militants de rallier la capitale du Puy de Dôme un samedi en décembre. Dans plusieurs départements, des contacts unitaires ont été pris en direction des autres organisations syndicales, de l’Ecole Emancipée (courant dont Georges était également adhérent) et des associations dont la précarité fait partie de l’éventail d’intervention (Ligue des Droits de l’Homme, Attac, Agir Contre le chômage !). La Fédération SUD-Education a également pris contact avec les autres organisations syndicales au niveau national.

Cette initiative qui consistait à rendre visible le caractère aléatoire du contrat de travail pour une personne sur cinq aujourd’hui dans l’Education nationale a rencontré un bon écho auprès de toutes celles et tous ceux qui pensent que la résorption de la précarité passe par la titularisation sans condition de tous les précaires et l’arrêt du recrutement de travailleurs hors statut (SUD-Education, l’Ecole Emancipée, la CNT). Toutes les demi-mesures revendicatives qui, au cours des dix dernières années, ont abouti à la signature de plans divers (concours réservés, examens professionnels) par les syndicats majoritaires -parfois contre les mobilisations des précaires- ont montré leurs limites et se sont souvent retournées contre celles et ceux qu’elles prétendaient défendre. Chaque plan de résorption a consisté en une machine à exclure et ne pouvait pas conduire à autre chose parce que telle est la règle du concours : elle n’intègre que les reçus et humilie ceux qu’elle rejette et qui pourtant font le travail quotidien de tout un chacun auprès des élèves depuis de longues années.

Dans une période pourtant marquée par la mobilisation des emplois-jeunes (précaires promis au chômage), cette initiative n’a pas été relayée par les organisations syndicales majoritaires. Dans le Puy de Dôme, la CGT, le SNES, l’Ecole Emancipée, la LDH et Attac ont cependant accepté de participer aux réunions de préparation. Le 7 décembre, nous étions plusieurs centaines à défiler dans les rues de Clermont-Ferrand. L’URSEN-CGT, qui avait accepté la démarche unitaire proposée par les camarades de SUD-Education, n’avait pas cru bon d’aller au-delà en essayant par exemple de mobiliser ses adhérents. Quant au SNES local, il appelait à la manifestation mais n’était pas signataire de l’appel unitaire pour cause de désaccord sur "la titularisation sans conditions de tous les précaires". Une douzaine de militants du SNES terminait la manifestation. Au fil du cortège, des vacataires et des contractuels de l’académie de Clermont-Ferrand, un peu étonnés de voir autant de monde réclamer leur titularisation... La LDH 63, très présente dans le mouvement social, était par contre bien présente ainsi que la CNT locale ou les militants de Ras l’Front. Des militants de SUD-Ptt, SUD Collectivités Territoriales, SUD-Rail et SUD-Santé/Sociaux manifestaient par leur participation le soutien de l’union syndicale SOLIDAIRES Auvergne à cette initiative.

Le caractère national de cette manifestation était bien réel puisque de nombreuses délégations de SUD-Education et de l’Ecole Emancipée avaient fait le déplacement de Lille, d’Aurillac, de l’Allier, de Marseille, de Toulon, de Lyon, de Grenoble, de Chambéry, de Saint-Etienne, d’Orléans, de Bordeaux, des Hautes Alpes, de l’Ile de France, de Rouen, de Besançon, de Nîmes...A l’heure où les emplois-jeunes tentent avec difficulté de structurer leur mouvement contre le chômage auquel ils sont promis, à l’heure où des centaines de vacataires s’inquiètent de la fin de leur premier contrat, à l’heure où la précarité devient le mode de gestion de l’emploi dans l’ensemble des fonctions publiques, à l’heure où les économistes libéraux parlent sans honte des "emplois jetables", cette manifestation avait du sens. Organisée à une date difficile, elle constituait un pari non moins difficile.

Celles et ceux qui ont fait le déplacement ont eu raison.

SUD-Education Clermont-Ferrand

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